Le paysage politique français s’apprête-t-il à vivre un basculement historique ? Alors que les regards étaient braqués sur la rampe de lancement de Jordan Bardella pour 2027, un séisme venu des librairies vient de bousculer toutes les certitudes. Le dernier ouvrage de Philippe de Villiers ne se contente pas de bien se vendre : il réalise une performance qui laisse ses concurrents directs, et notamment le président du Rassemblement National, loin derrière lui.

Selon les statistiques de référence de L’Express, l’écart est devenu abyssal. Alors que le livre de Philippe de Villiers a déjà franchi le cap impressionnant des 100 000 ventes (atteignant précisément 108 000 exemplaires), celui de Jordan Bardella stagne à 40 000 ventes sur la même période. Un constat d’autant plus frappant que les deux ouvrages sont sortis à seulement une semaine d’intervalle chez le même éditeur, Fayard. Philippe de Villiers réalise ainsi quasiment le triple du score de Bardella, et ce, avec une couverture médiatique et publicitaire pourtant bien inférieure.

Le réveil d’une souveraineté sans compromis

Qu’est-ce qui explique un tel engouement populaire pour la parole du fondateur du Puy du Fou ? La réponse semble résider dans la radicalité et la clarté de son message. Là où certains jouent l’équilibriste institutionnel, Philippe de Villiers pose un diagnostic sans concession : la France n’est plus souveraine. Reprenant les mots de Jean Bodin, il martèle une évidence oubliée : « On est souverain ou non, on ne peut l’être à moitié, pas plus qu’une femme ne peut être à moitié enceinte ».

Pour De Villiers, la politique française actuelle n’est plus qu’un « simulacre », un « théâtre d’ombres ». Il dénonce avec force le transfert de la potestas (le pouvoir de faire) à Bruxelles et de l’autoritas (l’autorité morale) aux tribunaux. Le constat est amer : la France a perdu la maîtrise de ses frontières, de sa monnaie, de ses lois, de son budget, et même de son agriculture.

Le Frexit comme seule issue de secours ?

L’article souligne que cette réussite en librairie traduit une attente profonde des Français pour des solutions radicales face à ce qu’il appelle la « broyeuse » de l’Union Européenne. Pour Philippe de Villiers, il ne s’agit plus de “réformer” l’Europe de l’intérieur, mais bien d’en sortir pour sauver ce qui peut encore l’être. Sa liste de courses pour le salut national est limpide :

Sortir du marché européen de l’électricité pour sauver nos artisans.

Quitter le pacte vert pour protéger nos industriels.

Rompre avec le pacte sur la migration et l’asile pour la sécurité des Français.

S’affranchir des règles de l’UE pour sauver nos paysans mourants.

Selon l’analyse portée par Florian Philippo et relayée dans cet échange, cette “intelligence d’anticipation” de Philippe de Villiers pourrait bien être le moteur d’un changement d’opinion publique massif. L’Union Européenne, qui coûte 15 milliards d’euros nets par an à la France, est perçue comme un fardeau de plus en plus insupportable.

Jordan Bardella : la vie secrète de l'enfant roi du RN – L'Express

Une redistribution des cartes pour 2027

La question est désormais posée : Philippe de Villiers est-il plus apte que Jordan Bardella à incarner le redressement de la France ? Si le Frexit n’est pas encore majoritaire dans les sondages, la vitesse à laquelle ses idées se propagent, portée par l’avalanche de taxes imposées par Bruxelles, laisse présager un scénario pour 2027 bien différent de celui imaginé par les états-majors politiques.

Le succès de ce livre n’est pas qu’un phénomène d’édition ; c’est le symptôme d’un pays qui cherche sa boussole et qui semble de plus en plus séduit par la clarté d’un souverainisme total. Face à une gauche jugée impuissante et un macronisme à bout de souffle, l’ombre portée de Philippe de Villiers sur la prochaine élection présidentielle n’a jamais été aussi grande. La vérité, comme il le rappelle en citant Schopenhauer, traverse toujours trois étapes : le ridicule, l’opposition forte, puis l’évidence. Nous sommes peut-être à l’aube de la troisième.

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