L’atmosphère était électrique ce mardi 6 mai 2025 sur le plateau de BFM TV. Invité de l’émission « Perrine jusqu’à minuit », Manuel Bompard, figure de proue et coordinateur de La France Insoumise (LFI), a offert aux téléspectateurs un moment de tension extrême. Venu pour défendre Jean-Luc Mélenchon suite à la publication d’un ouvrage polémique intitulé « La Meute », le député n’a pas hésité à sortir les griffes, menaçant même de quitter le direct face à ce qu’il a qualifié de « torrent de boue ». Retour sur une soirée où la communication politique a flirté avec la rupture totale.

Un début d’entretien sous haute tension

Dès les premières minutes de l’émission animée par Perrine Storm, le décor était planté. L’objectif de la soirée était clair : répondre aux accusations portées par un nouveau livre décrivant l’influence jugée dictatoriale de Jean-Luc Mélenchon sur son mouvement. Si les premiers échanges ont conservé une certaine cordialité de façade, le naturel combatif de Manuel Bompard a rapidement repris le dessus.

Qualifiant l’ouvrage de « collage de ragots et de fausses informations », le coordinateur de LFI a immédiatement cherché à discréditer le travail journalistique derrière ces révélations. Pour lui, s’attaquer au fonctionnement interne du parti, c’est insulter les militants. « C’est important de dire ça parce que vous dépeignez des militantes et des militants qui ne penseraient pas, qui ne réfléchiraient pas », a-t-il lancé, tentant de déplacer le débat du terrain des chefs vers celui de la base.

« Ne me coupez pas la parole ! » : Le ton monte avec les chroniqueurs

Le point de rupture a été atteint lorsque les chroniqueurs de l’émission, notamment Yves Thréard du Figaro et Anna Cabana, ont commencé à confronter l’invité à des faits précis. Les interruptions incessantes ont fini par exaspérer Manuel Bompard, qui a vu dans ce procédé une stratégie délibérée pour l’empêcher de s’exprimer.

« Ne me coupez pas tous la parole en même temps sinon ça va être vous, la meute, ce soir sur le plateau ! », a-t-il lâché avec ironie, reprenant le titre du livre qui l’avait amené ici. Visiblement agacé, il a fustigé une ambiance qu’il jugeait hostile, affirmant que ses réponses devenaient inintelligibles à cause des interventions constantes de ses interlocuteurs.

L’échange est devenu encore plus vif quand Anna Cabana l’a interrogé sur le cas de candidats ayant appris leur éviction du parti en direct à la télévision. La réponse de Bompard fut cinglante : « Je ne suis pas là pour faire votre travail à votre place ». Une fin de non-recevoir qui illustre la stratégie de défense frontale adoptée par le mouvement insoumis face aux critiques médiatiques.

La menace de départ : Le coup de sang final

Le moment le plus dramatique de l’émission est survenu lors d’une question posée par Yves Thréard concernant la position de LFI sur les événements du 7 octobre 2023. Se sentant personnellement attaqué par ce qu’il considère comme une contre-vérité historique sur les condamnations du mouvement, Manuel Bompard a posé un ultimatum en direct.

« Je vous demande, sinon je quitte ce plateau, de corriger la fausse information donnée par Yves Thréard à cet instant ! », a-t-il exigé, le regard noir. Pour le leader insoumis, laisser passer cette affirmation sans rectification immédiate était inacceptable. Ce chantage au départ a jeté un froid sur le plateau, obligeant l’animatrice à tenter une médiation périlleuse pour retenir son invité tout en maintenant le fil du débat.

Des SMS qui fâchent et une déontologie remise en cause

Perrine Storm n’a pas non plus ménagé l’invité en évoquant des SMS privés que Jean-Luc Mélenchon aurait envoyés à certains de ses détracteurs ou anciens alliés, utilisant des expressions comme « Je vais te mettre la dose que tu mérites ». Ici encore, Manuel Bompard a balayé l’accusation d’un revers de main, dénonçant des propos mensongers et remettant ouvertement en question la déontologie des journalistes présents. Pour lui, le traitement médiatique subi par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise depuis plusieurs mois n’est rien d’autre qu’un acharnement coordonné.

Un succès d’audience pour BFM TV

Malgré, ou peut-être grâce à cette agressivité ambiante, l’émission a réalisé un véritable carton d’audience. Avec 239 000 téléspectateurs en moyenne et des pics durant les affrontements les plus vifs, BFM TV s’est hissée au rang de première chaîne d’information de France sur cette tranche horaire.

Ce clash illustre une fois de plus la fracture grandissante entre une partie de la classe politique et les médias traditionnels. En refusant les codes classiques de l’interview pour imposer son propre rythme et ses propres vérités, Manuel Bompard a certes réussi à mobiliser ses partisans, mais il laisse derrière lui l’image d’un débat public de plus en plus fragmenté et violent.

Une chose est sûre : la guerre entre “La Meute” et les Insoumis ne fait que commencer, et chaque plateau de télévision est désormais traité comme un champ de bataille où chaque mot, chaque interruption, peut devenir l’étincelle d’une déflagration médiatique majeure.