Le 15 décembre 2020, dans le petit village de Cagnac-les-Mines (Tarn), Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, s’est évaporée en pleine nuit. Pas de traces, pas d’effraction, pas de témoin. En quelques jours, l’affaire est devenue une énigme nationale. Très vite, les regards se sont tournés vers son mari, Cédric Jubillar. Son comportement “déroutant”, oscillant entre un détachement apparent et des provocations malvenues, a immédiatement intrigué les enquêteurs.
Pourtant, pendant des mois, l’enquête a piétiné. Aucune preuve directe, aucun élément matériel, pas de corps, pas d’aveu. Alors, comment Cédric Jubillar est-il devenu le suspect numéro un, au point d’être mis en examen et incarcéré ? La réponse tient en un nom de code qui fait frissonner la défense : Anacrim.
Derrière cet acronyme se cache l’un des outils les plus puissants de la gendarmerie française. Ce n’est pas une intelligence artificielle, mais un système d’analyse criminelle surpuissant, une “truth machine” capable d’ingérer, de recouper et de cartographier des milliers d’informations. Là où l’esprit humain se perd dans les détails, l’algorithme tisse une trame. Dans l’affaire Jubillar, Anacrim n’a pas trouvé de sang. Il a mis à nu les “incohérences”. Et cela a suffi à faire basculer le cours de l’enquête.
Une disparition, un mari et un “vide matériel”
La nuit de la disparition, Cédric est le premier à signaler l’absence de sa femme au petit matin. Il parle d’une promenade nocturne, d’une femme partie en pyjama pour ne jamais revenir. Les forces de l’ordre déploient immédiatement des moyens colossaux : battues, drones, chiens pisteur, plans d’eau sondés. En vain. Delphine semble s’être volatilisée.
Au centre de l’attention, Cédric Jubillar déroute. Il se dit “abattu” mais reste “sarcastique”, plaisantant même en garde à vue. Le contexte conjugal est explosif : le couple est en instance de divorce, des disputes “violentes” sont rapportées par des proches, et Delphine a un “amant”. Cédric est décrit comme “jaloux” et “instable”. Mais tout cela ne constitue que des soupçons. L’affaire s’enlise dans le “vide matériel”. Les mois passent, le mystère s’épaissit.
C’est alors que les gendarmes décident d’activer leur arme invisible : Anacrim. Efficace dans les affaires Nordahl Lelandais (Maëlys) ou Troadec, le logiciel est chargé de trouver une logique dans ce chaos de données.

La “vérité algorithmique” d’Anacrim
Le principe d’Anacrim est de modéliser des milliers de données : appels téléphoniques, témoignages, horaires, déplacements, messages, habitudes de vie. Il crée des frises chronologiques et des schémas relationnels. Il ne pense pas, il “relie”. Il ne juge pas, il “souligne”.
Dans l’affaire Jubillar, Anacrim a ingéré des dizaines d’heures d’interrogatoire, les géolocalisations des téléphones, les SMS, les déclarations des voisins. Et petit à petit, le logiciel a tracé un schéma.
La première “contradiction flagrante” est temporelle. Le logiciel a mis en évidence le “fameux créneau horaire entre 23h et 4h du matin”. Cédric affirme être resté au lit après une dispute “anodine”. Pourtant, les téléphones révèlent une “activité inhabituelle” : des messages supprimés, des connexions à des réseaux sociaux, une navigation sur des forums. Des détails qui, pris isolément, ne prouvent rien, mais qui, mis bout à bout par l’algorithme, dessinent une temporalité “incohérente” avec le récit du mari endormi.
La deuxième est une “dissonance sonore”. Un voisin affirme avoir entendu des “cris perçants” vers 23h30. Or, Cédric maintient qu’il n’y a eu ni “dispute majeure” ni “agitation”. Placé sur la frise chronologique d’Anacrim, ce témoignage devient un “point de rupture” dans le récit de Cédric.
Enfin, l’algorithme a traité le contexte émotionnel. En analysant les messages envoyés par Delphine à ses amis et à son amant, Anacrim a mis en relief une “montée de tension”. Les messages décrivent un “climat de peur” et une “volonté affirmée de quitter Cédric”. Croisés avec les derniers échanges entre les époux, le logiciel trace une “spirale émotionnelle” qui s’achève brutalement le 15 décembre.
Anacrim n’a pas désigné un coupable. Il a simplement démontré, avec une froideur mathématique, que le récit de Cédric Jubillar “n’est pas compatible” avec les faits objectifs. Il a agi comme un “révélateur de dissonance”, une lampe torche braquée sur la “narration obscure” que le mari a dressée autour de lui.
L’incarcération et le débat : L’Homme contre la Machine

Le 18 juin 2021, fort de ce “faisceau d’indices” structuré par l’algorithme, Cédric Jubillar est interpellé et mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint. C’est un tournant majeur : pour la première fois, un homme est incarcéré pour meurtre sans corps, sans aveu, et sans scène de crime, principalement sur la base d’un “récit reconstitué par un logiciel”.
La défense, menée par Maître Alexandre Martin, dénonce immédiatement une “dérive judiciaire”. “Il n’y a aucune preuve directe !”, martèle-t-il. Pour lui, l’accusation repose sur des “interprétations” et des “corrélations techniques” qui ne prouvent rien. “On ne peut pas juger un homme sur la base de probabilités ou d’un comportement jugé étrange.”
L’opinion publique se divise. Peut-on confier le sort d’un homme à un algorithme ? Est-ce encore de l’enquête, ou déjà une forme de “justice prédictive” ?
La force d’Anacrim est sa “neutralité algorithmique”. Il ne fait pas d’hypothèse. Mais c’est aussi sa limite. Il ne comprend pas l’émotion humaine, le “mensonge stratégique”, le “silence protecteur”. Il ordonne les faits, mais ce sont les humains (enquêteurs et juges) qui leur “donnent un sens”. Et c’est là que réside le danger de la “surinterprétation”. L’algorithme, en se concentrant sur l’hypothèse Cédric, peut transformer une “coïncidence en preuve implicite” et “négliger d’autres pistes”. Une fois le schéma dessiné, il devient “très difficile pour la défense de le déconstruire”.
Le doute face à l’algorithme
Depuis son incarcération, Cédric Jubillar nie tout en bloc. Il oppose des silences, des sourires, des provocations. Sa défense reste campée sur “l’absence totale de preuves matérielles” et le “doute raisonnable”.
L’affaire Jubillar pose donc une question vertigineuse. Le procès à venir ne jugera pas seulement un homme, mais aussi la place de la technologie dans nos décisions judiciaires. L’intime conviction d’un jury, qui repose sur l’humain, peut-elle être remplacée par une “vérité algorithmique” ?
Le logiciel a fourni un récit “plausible, rationnel, ordonné”. Mais il n’a pas de corps. Il n’a pas de certitude, seulement des probabilités. Un juré, contrairement à une machine, peut être “ému, troublé, ou tout simplement sceptique”. Il peut, en son âme et conscience, refuser de condamner sans preuve tangible, même si l’architecture dessinée par Anacrim est parfaite. Le verdict ne tranchera pas seulement le destin de Cédric Jubillar ; il fixera un précédent sur la manière dont notre société accepte, ou non, qu’une “truth machine” devienne l’arbitre de la justice.

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