C’est un tremblement de terre dans le monde feutré du septième art. À 82 ans, Catherine Deneuve, figure emblématique de l’élégance et de la retenue à la française, a décidé de faire tomber le masque. Loin des tapis rouges et des sourires de façade, l’actrice a livré en ce début d’année 2025 un témoignage bouleversant, brisant un silence gardé depuis des décennies.

Dans une confession d’une rare sincérité, la “Demoiselle de Rochefort” a dévoilé une liste noire : les cinq figures masculines légendaires qui, par leur arrogance, leur violence ou leur mépris, ont laissé une cicatrice indélébile sur sa carrière et son âme. Voici l’histoire de ces blessures secrètes, infligées par ceux que le public adule.

Gérard Depardieu : Le “Tyran” et le Baiser Forcé

En tête de cette liste douloureuse figure Gérard Depardieu. Si leur duo dans Le Dernier Métro (1980) est culte, les coulisses furent un calvaire pour l’actrice. Deneuve décrit un homme imposant, une “force brute” qui dominait le plateau et écrasait ses partenaires. « Travailler avec lui, c’était comme naviguer dans une tempête sans boussole », confie-t-elle.

Mais l’incident qui a scellé sa rancune est bien plus intime. Lors d’une scène d’amour, Depardieu aurait improvisé un baiser passionné non prévu au scénario. Un geste vécu non pas comme une audace artistique, mais comme une violation de son intimité professionnelle. Face à l’indignation de l’actrice, l’acteur n’aurait répondu que par un rire moqueur. Une humiliation que Catherine Deneuve n’a jamais pardonnée.

Alain Delon : Le Mépris Glacial

 

Si Deneuve et Delon n’ont jamais partagé l’affiche, leur animosité est désormais publique. Tout remonte à une soirée de gala en 1968. Deneuve, alors étoile montante, se heurte au “dédain cinglant” de la star de Plein Soleil. « Il se prenait pour un dieu », lâche-t-elle aujourd’hui.

Le coup de grâce viendra plus tard, lorsque Delon critique publiquement son jeu, estimant qu’elle “manque de profondeur”. Des mots tranchants comme des lames pour la jeune femme, qui y voit le symbole d’une arrogance masculine cherchant à étouffer les talents féminins. Pour elle, Alain Delon incarnait tout ce qu’elle refusait.

Jean-Paul Belmondo : L’Ego qui Rabaisse

 

Même le magnifique Jean-Paul Belmondo n’échappe pas à ces révélations. Sur le tournage de La Sirène du Mississippi (1969), l’alchimie n’était qu’une illusion. Belmondo, surnommant Deneuve “princesse fragile”, se moquait de sa méthode de travail et refusait de répéter pour l’aider, lui lançant un cruel : « Tu joues pour toi, pas pour l’équipe ».

Derrière la bonhomie de “Bébel”, Deneuve a découvert un égo qui l’a rabaissée, peut-être sans le vouloir, mais durablement. Une blessure d’autant plus vive qu’elle a refusé, même après la disparition de l’acteur, de participer aux hommages, gardant en mémoire ces silences tendus et ce sentiment d’exclusion.

Marlon Brando : La “Pièce de Viande”

 

La rencontre avec la légende hollywoodienne Marlon Brando fut un choc culturel brutal. Deneuve décrit une collaboration écrasante où elle s’est sentie réduite à l’état d’objet. L’acteur, célèbre pour ses improvisations, la déstabilisait volontairement, la regardant « comme une simple pièce de viande ».

Lors d’une scène particulièrement éprouvante, alors qu’elle était en larmes et demandait une pause, Brando aurait rétorqué froidement : « C’est du cinéma, pas une garderie ». Une phrase assassine qui a fait naître chez l’actrice un sentiment d’étrangeté dans son propre film et une méfiance durable envers la brutalité de certains monstres sacrés internationaux.

Roman Polanski : L’Ombre sur l’Âme

 

Le nom le plus sombre de cette liste reste sans doute celui de Roman Polanski. Dès 1965, sur le tournage de Répulsion, le réalisateur impose une atmosphère oppressante. Deneuve évoque un perfectionnisme maladif virant à l’abus de pouvoir.

Elle relate un incident traumatisant où, pour une prise rapprochée, le cinéaste l’aurait touchée sans son consentement. « Ne me touche plus », a-t-elle dû hurler face à une équipe silencieuse. Aujourd’hui, elle confie que Polanski a laissé « une ombre sur son âme », un fardeau qu’elle porte depuis sa jeunesse.

Une Leçon de Dignité

 

En 2025, la parole de Catherine Deneuve n’est pas celle d’une victime, mais d’une survivante. En exposant ces cinq hommes, elle dénonce un système où le génie a trop souvent servi d’excuse à l’abus. Chaque nom cité est une bataille gagnée pour sa dignité.

Son histoire nous rappelle que derrière les images glacées du papier glacé, il y a des femmes qui ont dû lutter pour se faire respecter. Un témoignage nécessaire, courageux, qui prouve qu’il n’est jamais trop tard pour dire sa vérité.