Le baptême du feu médiatique de Sarah Knafo restera dans les annales de la communication politique française. Invitée ce dimanche sur le plateau de BFMTV pour sa toute première interview télévisée d’envergure, la conseillère stratégique d’Éric Zemmour et candidate aux élections européennes sur la liste de Marion Maréchal n’a pas seulement répondu aux questions : elle a pris le contrôle de l’entretien. Face à un Benjamin Duhamel incisif, elle a dégainé une arme redoutable : le miroir.

Un duel au sommet sur la question du “piston”

Dès le début de l’interview, Benjamin Duhamel a abordé un sujet sensible : la relation de couple entre Sarah Knafo et Éric Zemmour, suggérant une forme de “politique de couple” au sein de Reconquête et interrogeant la légitimité de sa nomination sur la liste électorale. C’est à cet instant que Sarah Knafo a porté l’estocade, avec un calme olympien.

« La question m’étonne beaucoup venant de vous, Benjamin », a-t-elle lancé, faisant directement allusion à la généalogie du journaliste (fils de Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq, neveu d’Alain Duhamel). « Je sais que vous aussi vous subissez beaucoup ces accusations de piston, vous êtes le fils de, le neveu de… vous connaissez comme moi l’injustice de certains commentaires ». Un silence pesant a suivi cette remise en place, obligeant le journaliste à se justifier sur son propre parcours tout en tentant de maintenir le cap de son interrogatoire.

Derrière l’éminence grise, une femme politique déterminée

Longtemps restée dans l’ombre comme directrice de campagne, Sarah Knafo a expliqué son passage à la lumière par un sens du devoir et du courage. « C’est quand c’est difficile qu’il faut y aller », a-t-elle affirmé, balayant les sondages qui placent Reconquête autour des 5 %. Pour elle, s’engager aujourd’hui n’est pas une question d’ambition personnelle mais de “survie de la vérité”.

Elle a tenu à clarifier sa position vis-à-vis d’Éric Zemmour : non, elle n’est pas celle qui tire les ficelles d’une “marionnette”. « Je ne connais pas un homme plus libre qu’Éric Zemmour », a-t-elle martelé, tout en assumant sa part de responsabilité dans les échecs passés de la présidentielle. Mais pour Sarah Knafo, l’heure n’est plus au bilan, mais au combat européen.

GPA, Islam et prénoms : Les vérités qui fâchent

"C'est quand c'est difficile qu'il faut y aller": Sarah Knafo s'explique  sur sa candidature aux européennes

L’entretien a également été l’occasion pour la candidate de réaffirmer les piliers idéologiques de son parti. Interrogée sur la GPA suite à une polémique lancée par Marion Maréchal, elle a dénoncé avec virulence la “marchandisation du corps de la femme”. « On loue le ventre d’une femme », a-t-elle insisté, s’opposant philosophiquement au fait de faire de la vie d’un enfant l’objet d’un contrat.

Sur la question de l’Islam et des prénoms, Sarah Knafo a maintenu une ligne ferme. Réagissant au témoignage d’un auditeur obligé de changer de prénom pour éviter les discriminations, elle a estimé que donner un prénom français est « un pas vers la France ». Elle a réitéré que si la foi personnelle ne pose pas de problème, « l’islamisation du pays » et l’imposition de la religion dans l’espace public sont des lignes rouges infranchissables pour Reconquête.

Un duo de choc avec Marion Maréchal

Malgré les rumeurs de dissensions avec sa tête de liste, Sarah Knafo a affiché une unité sans faille avec Marion Maréchal. Elle a salué le « geste de courage » de cette dernière d’avoir quitté le giron familial du Rassemblement National pour rejoindre Éric Zemmour. Pour elle, les différences de terminologie entre elles sont « dérisoires » face à l’enjeu civilisationnel qu’elles défendent ensemble.

En conclusion de cette première apparition magistrale, Sarah Knafo a prouvé qu’elle maîtrisait les codes de la rhétorique politique aussi bien que ses adversaires les plus chevronnés. En renvoyant Benjamin Duhamel à son propre nom de famille, elle n’a pas seulement cherché à humilier, mais à briser une forme d’hypocrisie médiatique. Une chose est sûre : après ce plateau, plus personne ne pourra voir en elle une simple “femme de” ou une conseillère de l’ombre. Sarah Knafo est entrée dans l’arène, et elle compte bien y rester.

Benjamin Duhamel : "Je refuse de me satisfaire de la langue de bois" | Télé  7 Jours