C’est une nouvelle qui a traversé la Méditerranée comme une onde de choc, figeant les sourires et suspendant le temps de part et d’autre de la rive. Biyouna, la voix rauque et puissante de l’Algérie, la “Madame Algeria” qui incarnait à elle seule la joie, la rébellion et la mélancolie d’un peuple, s’est tue. Le 25 novembre 2025, à l’aube, dans l’anonymat d’une chambre d’hôpital sur les hauteurs d’Alger, Baya Bouzar a tiré sa révérence.
Mais loin des projecteurs et des éclats de rire qui ont jalonné sa carrière, c’est dans un silence absolu, presque monacal, que l’artiste a choisi de partir. Une fin de vie marquée par la solitude, la maladie et une dignité farouche, ponctuée par la découverte d’un manuscrit intime qui éclaire d’un jour nouveau la femme derrière la légende. Récit des derniers jours d’une icône qui a voulu mourir comme elle a vécu : libre.
L’étoile née dans la lumière crue des cabarets
Pour comprendre le poids de ce silence final, il faut se souvenir du bruit qu’elle a fait. Née en 1952 dans le quartier populaire de Belcourt, Biyouna n’était pas destinée à la sagesse. Très tôt, elle a choisi la lumière, celle, parfois crue et malfamée, des cabarets d’Alger. À 17 ans, elle dansait déjà au Copacabana, bravant les interdits d’une société conservatrice qui voyait d’un mauvais œil cette liberté féminine exubérante.
C’est cette audace qui a forgé son mythe. De son rôle de Fatma dans “La Grande Maison” en 1973, qui l’a propulsée au rang de star nationale, à son interprétation magistrale de la mère maquerelle dans “Délice Paloma” en 2007, Biyouna a toujours joué avec les lignes. Elle était celle qui osait tout : chanter le chaâbi avec une énergie rock, jouer les mères abusives ou les femmes d’affaires véreuses, et surtout, dire tout haut ce que l’Algérie pensait tout bas.

La traversée du désert et les combats intimes
Mais derrière la gouaille et l’humour corrosif, se cachait une femme blessée. Biyouna a payé le prix fort pour sa liberté. Censurée, critiquée par les conservateurs, écartée des plateaux télévisés pour son refus de “réciter des slogans”, elle a connu des traversées du désert douloureuses. “Je ne suis pas là pour réciter des slogans, je suis là pour dire la vie”, avait-elle lancé un jour à un directeur de programme. Une phrase qui résume son intégrité, mais qui lui a coûté cher.
Sa vie personnelle, elle, est restée un mystère jalousement gardé. On la savait entourée, fêtée, mais ses proches évoquent une solitude profonde une fois les lumières éteintes. “Elle riait beaucoup sur scène, mais chez elle, il y avait un silence lourd”, confiait une amie. C’est ce silence qui a fini par l’envelopper tout entière dans ses dernières années.
Le combat secret contre la maladie
Dès 2022, la santé de Biyouna décline. Un cancer du poumon, diagnostic cruel pour celle qui avait fait de son souffle son instrument, commence à la ronger. Mais fidèle à sa pudeur, elle garde le secret. Pas de communiqués larmoyants, pas d’appels à la pitié. Elle se retire dans son appartement d’El Madania, sur les hauteurs d’Alger, refusant les hommages officiels et les visites. “Je ne veux pas qu’on me voie diminuée”, disait-elle.
Les rumeurs courent, mais la vérité reste confinée dans ce cercle restreint de médecins et de proches qui veillent sur elle. Elle refuse même un projet de série Netflix, ne voulant pas incarner une femme “victime”. Jusqu’au bout, Biyouna aura été maîtresse de son image et de son destin.
La nuit du départ : 5h43, le grand silence
Fin octobre 2025, son état s’aggrave brutalement. Le transfert vers l’hôpital de Beni Messous se fait de nuit, à l’abri des regards. Dans le service de pneumologie, elle devient une patiente presque comme les autres, écoutant Oum Kalthoum sur un petit poste radio, refusant toujours les visites officielles.
La fin arrive le 25 novembre, à 5h43 du matin. Le moniteur cardiaque s’arrête. Pas de cris, pas de foule. Biyouna meurt seule. Sa nièce, prévenue trop tard, n’arrivera qu’une heure après, trouvant un lit déjà recouvert d’un drap blanc. Sur la table de nuit, un flacon d’oxygène vide et une photo en noir et blanc. Une scène d’une simplicité poignante pour celle qui avait rempli les plus grandes salles de concert.

Le message d’adieu : “Ceux qui rient…”
C’est après son départ qu’un dernier détail vient bouleverser ceux qui l’ont aimée. Dans une enveloppe posée près d’elle, une phrase manuscrite en arabe est retrouvée : “Ceux qui rient ne sont pas toujours heureux.”
Ces quelques mots résonnent comme un testament spirituel. Ils sont l’aveu d’une femme qui a porté le rire de tout un peuple comme un masque, cachant ses propres fêlures pour ne pas alourdir le cœur des autres. C’est un message d’une lucidité terrible, offert en dernier cadeau à son public. Biyouna n’était pas seulement la reine de la fête, elle était aussi celle de la mélancolie cachée.
Un héritage sans faste
Conformément à ses volontés, il n’y a eu ni hommage national, ni funérailles grandioses. Biyouna a été inhumée le lendemain, dans l’intimité, au cimetière d’El Alia, sous une simple plaque blanche. “Baya Bouzar, 1952-2025”. Pas de marbre, pas de discours politique. Elle a voulu “disparaître proprement”, sans récupération, sans fausse note.
Mais si elle a refusé les honneurs de l’État, elle n’a pas pu empêcher l’hommage du cœur. Dès l’annonce de sa mort, les réseaux sociaux se sont enflammés, les chants ont résonné dans les rues de Belouizdad, son quartier natal. La jeunesse algérienne et la diaspora se sont emparées de son image, faisant d’elle une icône éternelle de la liberté.
Biyouna laisse derrière elle un vide immense, mais aussi une leçon de vie magistrale. Elle nous a appris que l’on peut être une femme, une artiste, une rebelle, et rester digne jusqu’au dernier souffle. Son rire s’est éteint, mais son silence, lui, n’a pas fini de nous parler. Adieu, Madame. Et merci pour la vie.
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