C’est un retournement de situation aussi spectaculaire qu’inattendu, une scène qui semblait impensable il y a encore quelques mois. Sur les plateaux de BFMTV, chaîne pourtant peu réputée pour sa complaisance envers La France Insoumise, la reconnaissance a fini par percer : oui, sur le dossier palestinien, Jean-Luc Mélenchon et LFI avaient raison. Une victoire politique et morale au goût amer, acquise après des mois d’un “acharnement médiatique” féroce et plus de 50 000 morts à Gaza.

Le constat est implacable. Les positions défendues bec et ongles par les Insoumis, celles-là mêmes qui leur ont valu des accusations infamantes, des procès en sorcellerie et un traitement médiatique à charge, sont aujourd’hui reprises, une à une, par le sommet de l’État.

L’onde de choc a commencé avec Emmanuel Macron lui-même. En déplacement en Égypte, le Président a annoncé que la France reconnaîtrait l’État de Palestine au mois de juin. “Enfin !”, s’est exclamé le député LFI Antoine Léaument. “Nous le réclamons depuis des années avec Jean-Luc Mélenchon”. Cette décision, si elle est tenue, marque un tournant diplomatique majeur. Comme le souligne un intervenant sur BFMTV, il s’agit d’un “suivisme en différé” des positions de Mélenchon. Quand LFI demandait l’interdiction des ventes d’armes à Israël, Macron a fini par interdire les sociétés israéliennes des salons de défense en France. Quand LFI réclamait la reconnaissance de l’État palestinien, Macron s’apprête à le faire.

Même Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale et symbole d’un soutien inflexible à Israël, a été contrainte de rétropédaler. Elle a admis que ses mots sur le “soutien inconditionnel” étaient allés “trop loin”. Un rétropédalage qui sonne comme une validation tardive de l’indignation des députés LFI, qui avaient refusé d’applaudir son discours à l’époque. “Je crois que l’histoire est en train de nous donner raison”, analyse sobrement Antoine Léaument.

Cette victoire idéologique s’est construite dans la douleur et le combat. Les députés LFI ont dû se battre sur tous les fronts, notamment contre une machine médiatique qui semblait déterminée à les faire taire ou à les diaboliser. Les interventions de David Guiraud sur BFMTV sont devenues des cas d’école. On le voit, dans un florilège de “masterclass”, tenir tête à des journalistes en difficulté, les reprenant sur leurs sources, dénonçant leurs “fausses infos” et martelant les termes de “nettoyage ethnique” alors que ses interlocuteurs tentaient de noyer le poisson. “Heureusement qu’on a encore David Guiraud et les autres députés LFI pour vous mettre face à vos fausses infos”, lance le chroniqueur de la vidéo.

Sur CNews, même combat. Alexis Corbière tente d’expliquer pourquoi la chaîne est qualifiée d’extrême droite, se heurtant à un déni presque comique de la part des présentateurs. “Assumez un peu les copains, c’est vos positions !”, ironise le vidéaste.

Cet “acharnement médiatique”, une auditrice de France Inter, Nora, l’a résumé d’une voix émue : “Je ne comprends pas cet acharnement médiatique à l’encontre de la France insoumise […] Vous êtes vraiment l’honneur de la France.” Clémence Guetté, invitée ce jour-là, ne peut que confirmer : “On va sur des plateaux franchement comme pour aller se défendre, avec des accusations, des insinuations.” La raison de cet acharnement ? “Tous les grands médias sont possédés par des milliardaires qui ont des opinions d’extrême droite. Il n’y a pas besoin de chercher plus loin.”

Mais le vent semble tourner. Aymeric Caron, de plus en plus incisif, parvient désormais à imposer le sujet tragique des “1 million d’enfants à Gaza”, malgré les tentatives d’interruptions. Les journalistes, qui semblaient si prompts à couper la parole, “prennent des pincettes”.

VIDEO. Quand Jean-Luc Mélenchon se moque de l'accent du sud d'une  journaliste

Pendant que LFI regagne du terrain sur le front des idées, un autre front, judiciaire et moral, s’effondre pour le pouvoir. L’affaire de Bétarram, la “plus grave affaire pédocriminelle qu’ait connue notre pays”, refait surface et éclabousse directement le Premier Ministre, François Bayrou.

Les témoignages accablants s’accumulent devant la commission d’enquête. Le juge Mirand affirme que c’est Bayrou lui-même qui a sollicité un rendez-vous, non pas pour aider la justice, mais par “inquiétude pour son fils”, scolarisé là-bas. “Il ne se préoccupe que du sort de son fils”, insiste le juge, et “surtout, il ne fait rien”.

Pire encore, un ancien gendarme, Alain Hontan, témoigne sous serment qu’en 1998, alors qu’il s’apprêtait à présenter un prêtre accusé de viol au juge, ce dernier lui a demandé de repousser l’audition. La raison ? “Le procureur général vient de me demander […] et il m’indique que c’est François Bayrou qui lui a fait auparavant cette sollicitation.” Bayrou serait donc intervenu pour exfiltrer le dossier d’un “violeur en série”. Un témoignage qui contredit la version de Bayrou, qui affirmait en février ne pas connaître ce prêtre. “À chaque fois qu’il parle, ce n’est pas la même version”, souligne le chroniqueur. L’étau se resserre.

Dans le même temps, la France bafoue ses propres engagements internationaux. Mathilde Panot a interpellé le gouvernement sur le survol du territoire français par Benjamin Netanyahou, alors qu’il est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Un pays qui reconnaît la CPI doit “faire atterrir l’avion et l’arrêter”. Non seulement la France ne l’a pas fait, mais les journalistes sur le plateau de BFM TV n’étaient même pas au courant. “Les journalistes ne savent rien […] C’est les députés LFI qu’ils font à leur place.”

Entre un pouvoir exécutif pris en flagrant délit d’ingérence dans des affaires pédocriminelles et de violation du droit international, et des médias forcés d’admettre la justesse des analyses de LFI, le paysage politique est en pleine recomposition.

Ceux qui étaient dépeints comme des parias, des extrémistes, des “idiots utiles”, se révèlent être les seuls à avoir tenu une position cohérente, humaniste et, finalement, réaliste. La reconnaissance tardive par BFMTV n’est pas une absolution médiatique, c’est une reddition. C’est la preuve que, malgré des mois de tentatives d’étouffement, la vérité a fini par trouver son chemin. Et comme le dit Jean-Luc Mélenchon, “les gens comprennent enfin que la solution politique est la seule possible”.