La musique, les costumes scintillants, les coiffures inoubliables… ABBA a créé un phénomène mondial, gravé dans le cœur de millions de personnes pendant des décennies. Au cœur de cette légende se trouve Benny Andersson, l’homme dont les mélodies ont captivé tant de générations. Avec ses compagnons, il a créé des chansons qui sont devenues la bande originale de nombreuses vies. Mais derrière les projecteurs et les records de succès se cachaient des ruptures, des choix difficiles et des luttes personnelles que peu de gens connaissaient. Aujourd’hui, à 78 ans, Benny Andersson revient sur son passé et partage enfin la vérité, non seulement sur lui-même et son parcours, mais aussi sur ce qu’il reste vraiment d’ABBA, un demi-siècle après leur plus grand triomphe.
Une Enfance Passionnée par la Musique : Les Débuts d’un Génie
L’histoire de Benny Andersson commence à Stockholm, en Suède, le 16 décembre 1946. Né dans une famille modeste, son père, Gösta, était ingénieur civil, tandis que sa mère, Lilla, se consacrait à l’éducation de Benny et de sa jeune sœur, Ivelis. Mais ce ne sont ni la carrière ni les études qui ont façonné le parcours de Benny, mais la musique qui coulait dans les veines de sa famille. Son père et son grand-père jouaient tous deux de l’accordéon, et à l’âge de 6 ans, Benny en reçut un pour lui. Ce qui a commencé par de simples airs folkloriques et traditionnels suédois est rapidement devenu une obsession.
Benny fut bientôt captivé non seulement par la musique folk, mais aussi par les sons envoûtants des stars internationales. Les disques de Catarina Valente et d’Elvis Presley devinrent ses trésors, en particulier “Treat Me Nice” d’Elvis, qui déclencha sa passion indéfectible pour le piano. Benny n’eut pas de professeur particulier ; il apprit à jouer seul lorsqu’il reçut son premier piano. À l’adolescence, sa passion pour la musique éclipsa complètement son intérêt pour l’école. Il quitta ses études à seulement 15 ans, choisissant de se produire dans des clubs de jeunes, affinant ainsi sa confiance et son art. C’est à cette époque qu’il vécut son premier amour avec Christina Grönvall, qui deviendra plus tard la mère de ses deux enfants, Peter et Heléne. Entre l’éducation de sa jeune famille et ses premières expériences musicales, Benny s’engagea sur une voie mêlant défis personnels et ambitions artistiques. Ce mélange de responsabilités, de talent brut et de créativité inépuisable posa les fondations de tout ce qui allait suivre. Le garçon à l’accordéon était en passe de devenir l’un des compositeurs les plus influents de l’histoire de la pop.

The Hep Stars : Premiers Pas sous les Projecteurs
Au début des années 1960, Benny Andersson n’était plus seulement un garçon fasciné par les mélodies ; c’était un adolescent insatiable en quête de sa place sur la scène musicale suédoise en pleine mutation. Le rock and roll était arrivé d’Amérique, les groupes de beat britanniques commençaient à dominer l’Europe, et la jeunesse suédoise était avide d’un son qui lui soit propre. Cette opportunité se présenta en 1964 lorsque Benny rejoignit The Hep Stars en tant que claviériste. The Hep Stars connaissait déjà le succès, mais l’arrivée de Benny s’avéra être la clé d’un succès retentissant. Quelques mois plus tard, en mars 1965, le groupe sortit “Cadillac” et devint presque instantanément une célébrité nationale. Avec leurs fans en délire, leurs apparitions à la télévision et leurs concerts à guichets fermés, ils furent surnommés les “Beatles Suédois”.
Pour Benny, cette soudaine apparition sous les projecteurs fut un véritable choc. Il n’était plus le garçon silencieux au piano ; c’était une idole des jeunes, son visage placardé dans les magazines, ses moindres faits et gestes suivis par les fans. Pourtant, s’il appréciait l’excitation, Benny n’était jamais pleinement à l’aise avec la célébrité. Même au cœur de cette frénésie, il se réfugiait souvent dans l’univers de l’écriture, où il se sentait le plus à l’aise.
Au début, The Hep Stars interprétait principalement des reprises de tubes internationaux, profitant de la vague rock qui déferlait sur l’Europe. Mais l’instinct créatif de Benny le poussait vers l’originalité. Il commença à composer pour le groupe, et ils enregistrèrent bientôt ses chansons comme “No Response”, “Sunny Girl”, “Wedding”, “Consolation” et “Love You”. Ces morceaux ne furent pas seulement des succès dans les charts ; ils donnèrent à The Hep Stars leur propre identité et prouvèrent le talent de Benny pour créer des mélodies marquantes. Au milieu des années 1960, Benny était devenu bien plus qu’un simple claviériste ; il était la force motrice musicale du groupe, façonnant leur son derrière les touches, tout en assumant le rôle d’auteur-compositeur et d’arrangeur. Il apprit à mêler refrains accrocheurs et profondeur émotionnelle, des compétences qui lui seraient très utiles bien au-delà de The Hep Stars.
Cependant, la renommée du groupe s’accompagnait de pression. Les tournées incessantes, les délais d’enregistrement serrés et le tourbillon d’admiration des adolescents pouvaient être écrasants. Benny a vécu l’impact que la célébrité pouvait avoir sur les amitiés et les relations, mais elle l’a aussi armé pour affronter les défis de l’industrie musicale, lui donnant résilience et perspective. Pourtant, il lui manquait quelque chose. The Hep Stars lui avait apporté la reconnaissance, mais Benny aspirait à un partenaire créatif partageant sa vision, quelqu’un qui puisse l’aider à propulser son écriture musicale au niveau supérieur. Ce moment arriva en juin 1966 lorsqu’il croisa le chemin d’un autre musicien, Björn Ulvaeus. Cette rencontre allait non seulement transformer la carrière de Benny, mais aussi donner naissance à l’un des duos les plus fructueux de l’histoire de la pop.
Benny & Björn : Une Rencontre Fatidique

L’été 1966 marqua un tournant dans la vie de Benny Andersson. The Hep Stars s’étaient alors imposés comme le groupe pop le plus populaire de Suède, tandis que Björn Ulvaeus rencontrait le succès avec son groupe folk, The Hootenanny Singers. Bien que leurs styles musicaux semblaient être aux antipodes – l’un ancré dans la pop et le rock raffiné, l’autre dans le folk traditionnel – les deux jeunes hommes se reconnurent immédiatement un amour commun pour la mélodie et la narration.
Leur première collaboration fut une chanson modeste intitulée “Isn’t It Easy to Say”, enregistrée plus tard par The Hep Stars. À première vue, ce n’était qu’un simple morceau pop, mais pour Benny et Björn, ce fut le début d’une aventure extraordinaire. Ils découvrirent que leurs forces se complétaient parfaitement : Benny avait un don instinctif pour créer des harmonies et des mélodies mémorables, tandis que Björn apportait structure, précision lyrique et narration. Lors de leurs premières séances d’écriture, ils travaillaient souvent tard le soir, griffonnant des paroles sur des bouts de papier, les associant aux accords jusqu’à ce qu’ils trouvent la bonne combinaison, riant de la joie de la découverte. À l’époque, ce n’était pas une question de gloire ou d’argent, mais plutôt le plaisir de créer ensemble quelque chose d’original. Les deux hommes pressentaient qu’ils avaient trouvé un partenariat durable.
En 1969, leur collaboration grandissante commença à porter ses fruits. Le duo composa des chansons pour d’autres artistes, notamment pour le Melodifestivalen, le concours national suédois pour l’Eurovision. Leur titre “Härlig är vår jord” se classa 2e de l’édition 1969, leur donnant un avant-goût de la scène plus vaste qui les attendait. Cette même année, le destin s’en mêla à nouveau, cette fois dans leur vie personnelle. Benny rencontra Anni-Frid Lyngstad, une chanteuse talentueuse à la voix et à la présence remarquables, tandis que Björn tomba amoureux d’une autre étoile montante, Agnetha Fältskog. Musique et romance s’entremêlèrent, unissant les quatre artistes d’une manière qui allait bien au-delà de toute ambition professionnelle.
Pour Benny, Frida était plus qu’une partenaire ; elle était une muse. Il produisit son single “Peter Pan” en 1969, puis son premier album solo, “Frida”, en 1971. Leur alchimie musicale reflétait leur affection grandissante. Peu de temps après, ils emménagèrent ensemble. Au début des années 1970, la complicité créative de Benny et Björn s’approfondit. Entourés de deux chanteuses tout aussi talentueuses, ils commencèrent à imaginer les possibilités d’unir leurs voix en harmonie. Au début, ce n’était qu’une collaboration informelle, mais il devint vite évident que le mariage des voix d’Agnetha et de Frida avait quelque chose de magique, capable de définir un nouveau genre de groupe. Les graines d’ABBA étaient alors tranquillement semées. Ce qui avait commencé comme une rencontre fortuite entre deux jeunes musiciens au milieu des années soixante évoluait vers un partenariat qui allait bientôt transformer à jamais le paysage de la musique pop.
La Naissance d’ABBA : De l’Amour à la Légende
Au début des années 1970, le lien entre Benny Andersson et Björn Ulvaeus était devenu indéfectible. Ils ne se contentaient plus d’écrire des chansons pour d’autres artistes ; ils construisaient une vision commune. À leurs côtés se tenaient deux femmes dont les voix allaient transformer leur œuvre en un projet véritablement intemporel : Agnetha Fältskog et Anni-Frid Lyngstad. Leur vie personnelle et professionnelle commença à s’entremêler d’une manière qui allait définir le reste de leur vie. Benny et Frida vivaient désormais ensemble, et Björn et Agnetha s’étaient mariés en 1971.
Aux yeux du monde extérieur, ils formaient des couples parfaits : jeunes, talentueux et débordant d’optimisme. Ils vivaient également un moment d’immenses possibilités créatives. Au début, leur collaboration était informelle ; Agnetha et Frida assuraient les chœurs sur les enregistrements de Benny et Björn, sublimant les chansons avec leur mélange unique de chaleur et de puissance. Mais dès que les quatre chantèrent ensemble, un déclic se produisit. L’association de l’oreille artistique de Benny, de la clarté lyrique de Björn, et des timbres contrastés et pourtant complémentaires du soprano cristallin d’Agnetha et de l’alto profond et soul de Frida créa un son unique en Suède et dans le monde.
Leurs premières prestations en tant que quatuor furent informelles. En 1970, lors d’un voyage à Chypre, ils divertirent des soldats de l’ONU stationnés dans le pays, transformant une réunion sur la plage en concert improvisé. Plus tard la même année, ils montèrent un spectacle de cabaret intitulé “Festfolk”, qui les fit connaître à un public plus large. Les critiques furent mitigées, mais malgré cela, le public réagit à la magie de leurs harmonies vocales. Les quatre musiciens poursuivirent leur collaboration tout au long des années 1971 et 1972, soutenant leurs carrières solos respectives tout en continuant à expérimenter ensemble.
En 1972, ils sortirent “People Need Love”, un succès modeste qui se hissa dans les charts suédois et attira même l’attention internationale. Bien que modeste, ce fut la preuve que leurs voix réunies avaient quelque chose d’irrésistible. Derrière cette musique, l’amour était le ciment. Benny, Frida, Björn et Agnetha n’étaient pas seulement membres d’un groupe ; c’étaient des couples amoureux, bâtissant des familles tout en poursuivant leurs rêves, et cette intimité conférait une authenticité à leur musique. Lorsqu’ils chantaient l’amour, le désir ou la joie, ce n’était pas seulement une performance ; c’était leur vie réelle qui transparaissait à chaque note.
Ce qu’aucun d’eux n’aurait pu prédire à l’époque, c’était l’ampleur que cette expérience allait leur apporter. Les deux couples avaient sans le savoir posé les bases de ce qui allait bientôt devenir un phénomène mondial, un groupe qui allait devenir l’un des plus populaires et des plus appréciés de l’histoire de la musique.
Waterloo : Le Sommet de la Gloire

En 1973, les quatre musiciens ne se contentaient plus d’expérimenter des projets communs ; ils devenaient un véritable groupe. Leur grande percée fut avec “Ring Ring”, une chanson lumineuse et énergique présentée au Melodifestivalen, le concours suédois visant à sélectionner la chanson pour l’Eurovision. Beaucoup s’attendaient à ce qu’elle remporte la compétition, mais à la déception du groupe, elle ne termina qu’à la troisième place.
Malgré ce résultat, “Ring Ring” s’avéra être une révélation. Le single et l’album devinrent des tubes dans toute l’Europe, se classant en tête des charts dans plusieurs pays et atteignant même l’Afrique du Sud. La chanson révéla également quelque chose d’important : la combinaison des voix d’Agnetha et de Frida, encadrée par les compositions de Benny et Björn, était un succès mondial. L’alchimie était indéniable, et il était clair qu’ils étaient destinés à quelque chose de plus grand.
À cette époque, leur manager, Stig Anderson, estima que le groupe avait besoin d’un nom plus court et plus mémorable. “Benny, Björn, Agnetha et Anni-Frid” était trop long pour figurer sur des pochettes de disques ou des affiches. Sa solution était simple mais astucieuse : prendre les premières lettres du nom de chaque membre et les assembler pour former ABBA. Le fait qu’ABBA soit également le nom d’une célèbre conserverie de poisson suédoise ajoutait à son charme original. Après avoir obtenu l’autorisation de l’entreprise, le groupe adopta ce nom sans réserve. Peu après, leur identité se renforça encore avec l’ajout du “B” inversé dans leur logo. Lors d’une séance photo, Benny tint accidentellement sa lettre à l’envers, et ABBA, audacieux et élégant, décida de l’adopter définitivement. Ce “B” inversé devint l’un des symboles les plus reconnaissables de l’histoire de la pop.
Fin 1973, ABBA avait un nom, un style et un son qui lui étaient propres. Ils n’étaient plus quatre artistes distincts collaborant occasionnellement, mais un groupe. Il ne leur manquait plus que la bonne chanson et la bonne scène pour les propulser au-delà de la Suède. Ce moment allait arriver en 1974 avec un seul mot qui allait tout changer : “Waterloo”.
En 1974, ABBA était au bord du destin. Après le succès modeste de “Ring Ring”, ils savaient qu’ils avaient le talent, mais il leur manquait encore la chanson parfaite pour percer sur la scène internationale. Benny et Björn se mirent à travailler d’arrache-pied pour créer un morceau audacieux, accrocheur et inoubliable. C’est ainsi que naquit “Waterloo”, un hymne glam débordant d’énergie et de charme.
Le groupe participa au Melodifestivalen avec “Waterloo”, et cette fois, ils étaient prêts. Agnetha et Frida éblouirent par leurs puissantes harmonies, tandis que la musicalité de Benny et Björn apporta raffinement et dynamisme. Le 9 février 1974, ils remportèrent la sélection suédoise, décrochant ainsi leur billet pour le Concours Eurovision de la chanson à Brighton, en Angleterre.
Lorsque le groupe ABBA monta sur la scène de l’Eurovision le 6 avril, vêtu de costumes flamboyants et débordant d’assurance, il enflamma le public. Son interprétation de “Waterloo” était théâtrale, joyeuse et inoubliable. Face à une concurrence acharnée, il triompha, devenant ainsi le premier groupe suédois à remporter l’Eurovision. Cette victoire fut l’étincelle qui déclencha un engouement mondial. “Waterloo” se classa en tête des classements dans neuf pays et s’engouffra dans le top dix américain, atteignant la 6e place. Soudain, ABBA n’était plus seulement une success story suédoise ; ils étaient une sensation internationale.
Mais la célébrité s’accompagnait de défis. Le single “Honey, Honey” a bien marché sur certains marchés, mais RCA Records, leur label, choisit de rééditer “Ring Ring”, ce qui amena les critiques à se demander si ABBA n’était pas juste un autre “one-hit wonder” de l’Eurovision. Le groupe persévéra, enchaînant les tournées à travers l’Europe, même si toutes les salles n’affichaient pas complet ; certains concerts durent même être annulés. Mais début 1975, leur persévérance commença à porter ses fruits. Des chansons comme “SOS” et “Mamma Mia” devinrent des tubes, notamment en Europe et en Australie. Grâce à une exposition télévisuelle constante, la fièvre ABBA explosa. “Mamma Mia” resta numéro 1 pendant 10 semaines consécutives en 1976. Il était indéniable qu’ABBA n’allait pas disparaître ; ils avaient prouvé qu’ils étaient non seulement des vainqueurs de l’Eurovision, mais de véritables superstars mondiales, capables de façonner le son de toute une époque. “Waterloo” leur avait ouvert la voie, mais ce n’était que le début d’un voyage qui allait bientôt les mener plus haut qu’ils n’auraient jamais imaginé.
Fissures et Retrouvailles : L’Histoire Éternelle d’ABBA
En 1976, ABBA avait pleinement consolidé sa place de star internationale. Leur album “Greatest Hits” explosa au Royaume-Uni, porté par le nouveau single “Fernando”, qui devint l’un de leurs plus grands succès mondiaux. Puis vint “Arrival”, l’album qui marqua leur apogée avec des titres comme “Money, Money, Money”, “Knowing Me, Knowing You” et, plus célèbre encore, “Dancing Queen”. ABBA conquit les charts. “Dancing Queen” devint leur chanson phare, atteignant la première place non seulement en Europe, mais aussi aux États-Unis, un fait rare pour un groupe non anglophone à l’époque. ABBA n’était plus seulement vainqueur de l’Eurovision, mais une icône mondiale. Leur mélange de glamour, de mélodies entraînantes et de productions soignées en fit l’un des groupes les plus reconnaissables de la décennie.
ABBA se lança dans d’ambitieuses tournées à travers l’Europe, puis l’Amérique du Nord. Leurs concerts attirèrent des foules immenses, des dizaines de milliers de personnes bravant les tempêtes, voire les alertes à la bombe, juste pour les voir en concert. En Australie, l’engouement était tel qu’il inspira le semi-documentaire “ABBA: The Movie”. Mais derrière les lumières scintillantes de la scène, la pression s’accrut. Les voyages incessants, l’attention médiatique et la difficulté de concilier vie de famille et célébrité incessante commencèrent à peser lourd. Le mariage de Björn et Agnetha se fragilisa sous les projecteurs, tandis que Benny et Frida commencèrent à ressentir le poids du succès sur leur relation. Les tournées prouvèrent qu’ABBA pouvait dominer les plus grandes scènes du monde, mais elles révélèrent aussi les failles qui se formaient sous la surface – des failles qu’aucun tube ne pouvait complètement réparer.
À la fin des années 1970, la musique d’ABBA occupait toujours le sommet des charts, mais la vie de ses membres commençait à se fracturer. L’immense pression de la célébrité, les tournées interminables et le temps passé loin de la famille commençaient à peser lourd. Ce qui semblait être deux histoires d’amour de conte de fées au sein du groupe s’effondrait. En 1979, Björn et Agnetha annoncèrent leur séparation. Leur mariage avait traversé des années de tension, compliquées par l’attention constante du public. Pour les fans, la nouvelle était déchirante. ABBA n’était pas seulement un groupe ; c’étaient des couples dont les histoires d’amour semblaient ancrées dans la musique elle-même. De nombreux auditeurs ne pouvaient dissocier des chansons comme “The Winner Takes It All” de la douleur d’Agnetha, même si elle et Björn insistaient sur le fait que les paroles n’étaient pas strictement autobiographiques. Pourtant, la chanson était chargée d’émotions brutes, et son interprétation ne faisait que renforcer l’idée que la musique reflétait leur vie personnelle.
À peine deux ans plus tard, en 1981, Benny et Frida suivirent un chemin similaire. Leur mariage était en difficulté depuis un certain temps, et Benny était déjà tombé amoureux d’une autre femme, Mona Nörklit, qu’il épouserait plus tard. Frida admit que Benny et elle s’étaient éloignés l’un de l’autre, et que bien qu’ils aient tenté de rester amis, le poids émotionnel du divorce avait accru les tensions au sein du groupe.
Malgré ces chagrins, ABBA continuait de créer. Leur album de 1981, “The Visitors”, marqua une rupture radicale avec la pop joyeuse et insouciante qui avait fait leur renommée. L’album était plus sombre, plus mature et thématiquement complexe. Les chansons évoquaient la solitude, les échecs amoureux, le malaise politique et le vieillissement. Le morceau éponyme évoquait un sentiment de secret et d’oppression, reflétant un monde entrant dans une période d’incertitude. Les critiques saluèrent la profondeur de l’album, le qualifiant d’œuvre la plus sophistiquée d’ABBA. Commercialement, il rencontra un franc succès en Europe, se hissant en tête des classements dans plusieurs pays, même s’il n’égala pas les résultats précédents sur des marchés comme les États-Unis et l’Australie. Pour de nombreux fans, cependant, “The Visitors” fit l’effet d’une lettre d’adieu, une reconnaissance du fait que la magie des premières années avait cédé la place à des difficultés personnelles trop lourdes pour être ignorées.
Fin 1982, le groupe sortit “The Singles: The First Ten Years”, une compilation comprenant deux nouveaux titres, “The Day Before You Came” et “Under Attack”. Ces chansons poignantes et douces-amères constituèrent les derniers enregistrements d’ABBA avant que le groupe ne se retire discrètement de la scène. L’âge d’or d’ABBA touchait à sa fin. Les costumes scintillants et les tournées mondiales étaient terminés, mais les chansons créées durant cette période mouvementée, nées de l’amour, de la peine et de la résilience, allaient gagner en puissance à chaque décennie.
Lorsqu’ABBA quitta la scène en 1982, il n’y eut pas d’annonce de rupture dramatique, juste une transition discrète vers des vies séparées. Pour Benny et Björn, la transition fut plus douce. Leur partenariat créatif demeura solide, et ensemble, ils lancèrent de nouveaux projets, prouvant que leur écriture était loin d’être achevée. Le plus marquant fut la comédie musicale “Chess” de 1984, qui produisit des succès comme “One Night in Bangkok” et prouva que le duo pouvait réussir hors de l’ombre d’ABBA. Des années plus tard, ils allaient également diriger la comédie musicale “Mamma Mia!” et son adaptation cinématographique à succès, assurant ainsi la pérennité de la musique d’ABBA pour les nouvelles générations.
Pour Agnetha, les années qui suivirent ABBA furent bien plus difficiles. La peur de l’avion et la douleur persistante de son divorce la poussèrent à se retirer de la vie publique. Elle publia des albums solo de façon sporadique, dont le tendre album “My Colouring Book” en 2004, mais choisit surtout une existence tranquille, loin des projecteurs. Frida se retira également, même si sa vie connut des tournants dramatiques. Après avoir épousé un membre de la famille royale allemande dans les années 1990, elle subit d’immenses pertes personnelles, notamment la mort tragique de sa fille, puis de son mari. Malgré tout, elle trouva la résilience, portée par la foi et la tranquillité de la vie en Suisse.
Dans les années 1990, la demande de retrouvailles atteignit son paroxysme. Les rumeurs allaient bon train, et des offres, dont la somme astronomique d’un milliard de dollars pour une tournée mondiale, furent refusées. Pendant des années, les fans crurent qu’ABBA ne reviendrait jamais. Le groupe ne se produisit ensemble que lors de rares événements, comme les avant-premières de “Mamma Mia!”. Puis, en 2018, l’impensable se produisit. Les quatre membres se retrouvèrent en studio. Ce qui devait être deux nouvelles chansons devint un album complet, “Voyage”, sorti en 2021. Ce projet fut accompagné du concert numérique révolutionnaire “ABBA Voyage” à Londres, où des avatars holographiques du groupe se produisirent, reflétant leur gloire des années 1970. Le spectacle devint un événement culturel majeur, attirant des millions de fans, prouvant la pertinence durable d’ABBA.
En 2025, lors du 3e anniversaire du spectacle “Voyage”, Benny et Frida surprirent leurs fans en apparaissant ensemble à Londres, côte à côte une fois de plus. Leur présence, leurs paroles chaleureuses et leur rire spontané rappelèrent au monde que malgré les divorces et les décennies passées, le lien entre les quatre membres d’ABBA demeurait indéfectible. L’histoire d’ABBA après sa rupture n’était pas seulement une question de séparation, mais aussi de survie, de réinvention, et de la pérennité silencieuse de l’amitié et du respect. La musique n’a jamais disparu, et l’esprit du groupe qui faisait autrefois danser le monde entier non plus, semble-t-il.

News
Nolwenn Leroy : Les Révélations Poignantes de ses 42 ans sur “l’Amour de sa Vie”
Dans l’univers parfois impitoyable du show-business français, rares sont les artistes qui parviennent à maintenir une frontière étanche entre les…
Julio Iglesias à 81 ans : Entre aveux sincères, secrets de famille et vérité sur sa santé, la légende se livre enfin
Julio Iglesias n’est pas seulement une voix ; il est un mythe vivant, une icône de la romance qui a…
Isabelle Nanty : Le combat secret d’une icône entre la vie et la mort après une hospitalisation critique
Le monde du cinéma français a retenu son souffle. Isabelle Nanty, figure emblématique et solaire de nos écrans, a traversé…
CLASH EXPLOSIF : Louis Boyard et Apolline de Malherbe, le duel qui a embrasé le direct !
L’arène médiatique a tremblé ce matin. Ce qui devait être une interview politique classique s’est transformé en un véritable champ…
Jean-Pierre Foucault en deuil : Les adieux déchirants à Marie-José Tramoni, la seule femme qu’il ait jamais épousée
Le paysage médiatique français est en émoi. Derrière l’image de l’animateur infatigable, toujours prêt à distribuer sourires et bonne humeur…
Sarah Knafo “rhabille” la gauche : le choc des vérités sur le Venezuela !
Le séisme politique : Sarah Knafo face à l’aveuglement idéologique Le paysage médiatique français vient d’être le théâtre d’une déflagration…
End of content
No more pages to load






