Pendant des années, elle a été le visage de la rigueur matinale. Apolline de Malherbe, figure incontournable de BFM TV et RMC, incarnait la journaliste politique par excellence : incisive, combative, toujours maîtresse d’elle-même. Sur les plateaux, elle ne laissait rien passer, traquant la moindre faiblesse chez ses invités, imposant un rythme effréné à ceux qui tentaient de noyer le poisson. Pour des millions de téléspectateurs, elle était cette femme forte, presque inébranlable, mariée à son métier.

Pourtant, derrière le regard perçant et les réparties tranchantes se cachait une réalité bien plus nuancée. Une solitude farouchement gardée. Une femme qui, à force de vouloir être crédible dans un monde d’hommes, avait fini par croire que montrer ses failles était interdit. “Le journalisme est une passion totale qui ne laisse que peu de place au reste”, déclarait-elle en 2016. Une phrase qui sonnait comme un aveu : Apolline avait choisi l’ambition, quitte à étouffer son cœur.

Mais la vie réserve parfois des surprises que même les analystes politiques les plus pointus ne peuvent prédire. À 45 ans, loin des caméras et du tumulte parisien, Apolline de Malherbe a vécu le plus grand bouleversement de son existence. Elle a découvert l’amour. Pas celui des romans à l’eau de rose, mais un amour mûr, apaisant, réparateur. Voici l’histoire secrète de sa renaissance.

Bruxelles, Le Déclic Inattendu

Tout a commencé loin des studios feutrés de Paris, lors d’un colloque intellectuel à Bruxelles. Apolline s’y rendait par devoir professionnel, sans attente particulière. C’est là, dans un amphithéâtre calme, qu’elle a croisé le regard de Thomas. Il n’était ni politique, ni journaliste vedette. Thomas était un écrivain discret, un homme de l’ombre et de mots.

Ce qui a troublé Apolline, c’est précisément ce qui le distinguait de son univers habituel. Thomas ne cherchait pas à briller. Il ne l’interrompait pas. Il l’écoutait. Mais surtout, il la regardait non pas comme la redoutable intervieweuse de la matinale, mais comme une femme. Pour la première fois depuis très longtemps, Apolline s’est sentie vue, vraiment vue, au-delà de sa fonction.

Leur relation s’est nouée doucement, à rebours de l’immédiateté médiatique. Des échanges de mails sur la littérature, des discussions sur les silences de Marguerite Yourcenar, des cafés discrets près du jardin du Luxembourg… Thomas ne lui demandait rien sur les sondages ou les petites phrases politiques. Il s’intéressait à ce qu’elle ressentait. Pour Apolline, habituée au contrôle permanent, laisser entrer quelqu’un dans son intimité a été vertigineux. “J’ai toujours eu peur de dépendre de quelqu’un, de devenir vulnérable”, lui a-t-elle avoué un soir sur les quais de Seine. Ce à quoi Thomas a répondu avec une sagesse désarmante : “Peut-être que tomber parfois, c’est aussi vivre.”

Le Choix du Silence et de la Reconstruction

Apolline de Malherbe, 45 ans et mère de famille, confie sur sa vie intime :  "Ça me manque un peu"

Cette rencontre a agi comme un révélateur. La journaliste a compris qu’elle ne pouvait plus continuer à compartimenter sa vie, à être une guerrière le jour et une solitaire le soir. Elle a entamé une métamorphose, imperceptible pour le public au début, mais bouleversante pour ses proches. Plus douce, plus présente.

Le point d’orgue de cette transformation fut sa décision de prendre du recul. Une pause, non pas pour fuir, mais pour se retrouver. Elle a troqué le micro pour la plume, rédigeant un ouvrage intime intitulé Les mots que je n’ai jamais dits. Un livre où elle ne règle pas de comptes politiques, mais où elle explore ses propres blocages, ses peurs, et cette incroyable découverte que la fragilité n’est pas une faiblesse.

Et puis, il y a eu ce mariage. Un secret bien gardé. Pas de couverture de Paris Match, pas de photographes. Juste une cérémonie intime à la campagne, avec Thomas, des fleurs des champs et quelques proches. À 45 ans, Apolline a dit “oui” à une vie où la performance n’est plus la seule boussole.

Une Nouvelle Vie à Chinon

Aujourd’hui, c’est dans une maison de pierre près de Chinon que la “dame de fer” a déposé son armure. Entre forêt et rivière, elle vit une existence rythmée par l’écriture, les promenades et les discussions profondes avec son mari. Elle n’a pas renoncé au journalisme, mais elle l’exerce autrement. Fini la course au scoop, place au temps long. Ses podcasts À voix nue et ses conférences, notamment à l’UNESCO, révèlent une Apolline empathique, capable d’écoute et de silence.

Elle qui pensait que sa carrière exigeait des sacrifices absolus a découvert qu’elle pouvait être une mère présente, une épouse aimée et une professionnelle respectée, sans s’amputer d’aucune part d’elle-même.

À ceux qui s’inquiètent de son absence des matinales, elle répond avec une sérénité nouvelle : “Je n’ai pas quitté ma place, je l’ai redessinée.” Apolline de Malherbe nous offre là sa plus belle leçon. Elle nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour changer de scénario, que l’amour peut surgir quand on ne l’attend plus, et que parfois, la plus grande audace n’est pas de poser la question qui tue, mais d’accepter d’être simplement soi-même.

Apolline de Malherbe : connaissez-vous le célèbre père de la journaliste ?  - Voici.fr