Elle était Thérèse, l’inoubliable et maladroite bénévole de “Détresse Amitié” dans Le Père Noël est une ordure. Elle était une actrice césarisée pour un rôle dramatique bouleversant dans Le Grand Chemin. Elle était Anémone, un visage emblématique du cinéma français, une comédienne dont le mélange unique de drôlerie et de profondeur a marqué des générations. Et pourtant, lorsqu’elle s’est éteinte le 30 avril 2019, après une longue lutte contre un cancer du poumon, son départ s’est fait dans une discrétion presque assourdissante.
Lors de ses obsèques, qui se sont tenues le 9 mai au crématorium de Poitiers, dans la plus stricte intimité, un détail a frappé : une seule célébrité du cinéma, son amie réalisatrice Tonie Marshall (accompagnée d’Agnès Soral et Louis-Do de Lencquesaing), était présente pour lui dire adieu.
Comment une figure aussi populaire, une légende de la comédie, a-t-elle pu finir sa vie si loin des paillettes et être inhumée dans une quasi-solitude ? Était-ce l’abandon ultime d’un milieu qu’elle avait tant critiqué, ou au contraire, l’accomplissement final de sa propre volonté de disparaître ?
Pour comprendre ce dernier chapitre solitaire, il faut remonter le fil d’une vie de rébellion. Née Anne Bourguignon dans une famille parisienne privilégiée, Anémone a, dès son plus jeune âge, rejeté le conformisme. “Le système éducatif français n’enseignait que des conneries inutiles,” déclarait-elle, après avoir été renvoyée de onze établissements scolaires. Sa carrière commence en 1968 avec le film expérimental Anémone, qui lui donne son nom de scène et lance une identité artistique hors-norme.

Dans les années 70, elle plonge dans le café-théâtre et rejoint la troupe montante du Splendid. C’est là que naît Thérèse. Le succès de la pièce, puis du film culte en 1982, la propulse au rang de star nationale. Mais la collaboration tourne à l’amertume. Anémone accuse la troupe de ne pas l’avoir créditée pour ses contributions au scénario. La rupture est nette. Des années plus tard, son analyse de l’épisode est sans appel : “C’est vécu, c’est digéré, c’est chié.” Pas de nostalgie, pas de réconciliation. Anémone ne pardonnait pas au “système”.
Cette célébrité, elle la détestait. “Être populaire, c’est une galère,” confiait-elle. “C’est quoi ce fétichisme des autographes ? C’est ridicule.” Elle fuyait les tapis rouges, méprisait les festivals – “Cannes, c’est comme le Salon de l’agriculture, mais en moins sympa” – et voyait l’industrie du spectacle comme une machine à endormir les consciences.
Son mépris pour les conventions a atteint son apogée en 1988. Lorsqu’elle reçoit le César de la Meilleure actrice pour Le Grand Chemin, elle se présente dans une tenue d’inspiration militaire, pose la statuette à terre au lieu de la brandir, et critique ouvertement le réalisateur du film. Ce n’était pas de l’humilité, mais un rejet viscéral des rituels de la gloire. “Cette carrière commerciale, ce n’était pas pour moi,” affirmera-t-elle.
Plus qu’une actrice, Anémone était une militante. Bien avant que cela ne soit à la mode, elle était une écologiste convaincue, soutenant les Verts dès 1988 et devenant porte-parole de l’organisation antimondialisation ATTAC en 2002. “On ne peut pas rêver d’une croissance infinie sur une planète finie,” répétait-elle, citant son frère, l’agronome Claude Bourguignon.
Mais sa déclaration la plus choquante, celle qui a peut-être commencé à creuser le fossé avec une société bien-pensante, concernait la maternité. Anémone a osé dire tout haut ce que beaucoup n’osaient penser : “Je regrette d’avoir été mère. Si c’était à refaire, je ne le referais pas.”

Elle précisait avoir aimé ses enfants, Jacob et Lili, leur avoir donné de la tendresse et avoir fait son “devoir à contre-cœur”. Mais le constat était brutal : “Les enfants vous bouffent vivant. Ils prennent tout et s’en vont.” Elle a raconté être tombée enceinte “par déni” à 22 ans, trop tard pour avorter, et avoir accepté un deuxième enfant comme une fatalité : “Ma vie est déjà foutue, alors un ou deux, ça ne change rien.” Ces propos, d’une honnêteté décapante, ont été analysés par des essayistes féministes comme Mona Chollet, qui y ont vu l’exemple d’une femme “brisée psychologiquement et socialement par les injonctions à la maternité”.
En 2017, elle annonce sa retraite avec un soulagement théâtral : “Bon débarras !” Elle ne supportait plus un milieu où “l’argent a tout envahi”. “Il n’y a plus de place pour créer, seulement du marketing à la chaîne.”
Elle s’était retirée bien avant, en 2006, à Saint-Soline, un petit village des Deux-Sèvres, loin de Paris. “J’ai failli étouffer sous le fan-club,” disait-elle. “La célébrité, ça m’a emmerdé !” Elle y menait une vie simple, cultivant son jardin, soutenant des initiatives locales.
C’est là qu’elle a mené son dernier combat, contre un cancer du poumon, dans le secret. Sa dernière apparition publique, en août 2018, la montrait fatiguée, en fauteuil roulant, mais toujours aussi mordante. Elle s’est éteinte à l’hôpital de Poitiers, à 68 ans.
La quasi-absence du monde du cinéma à ses funérailles a fait jaser. Mais son fils Jacob a remis les choses en perspective : “Elle n’a jamais fait partie de ce milieu. Elle se fichait de la célébrité. Elle ne voulait pas d’un cirque de stars à son enterrement. C’était une femme sauvage.”
La mort solitaire d’Anémone n’est donc pas un abandon, mais le point final et logique d’une vie passée à défier les normes. Elle n’a pas été trahie par un milieu qu’elle avait déjà quitté depuis longtemps. Elle a choisi sa sortie, comme elle avait choisi sa vie : en marge, en silence, et selon ses propres règles. Son dernier acte ne fut pas sur scène, mais un retrait définitif, un dernier doigt d’honneur à un monde qu’elle avait fini par mépriser.

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