Ils sont les deux faces d’une même pièce, le yin et le yang du cinéma français. Lui, le samouraï au regard d’acier, elle, l’icône absolue à la sensualité frondeuse. Alain Delon et Brigitte Bardot. En 2003, lors d’une émission télévisée devenue mythique, ces deux légendes vivantes se sont retrouvées, non pas pour célébrer leurs carrières, mais pour disséquer l’essence d’un lien indéfectible. Une “amitié qui ira jusqu’à notre mort”, comme l’a si puissamment formulé Bardot.
Loin des scénarios écrits d’avance, cette rencontre offre une plongée rare dans la psyché de deux êtres que tout semble opposer, mais que tout rapproche dans l’ombre des projecteurs. C’est un dialogue à cœur ouvert entre deux “écorchés vifs”, deux solitaires qui, malgré l’adoration mondiale, ont partagé le même fardeau de la gloire et la même quête éperdue d’amour.
Au commencement : “Les plus beaux baisers du monde”
Leur histoire commune ne débute pas sur un plateau de tournage, mais sous l’œil des photographes. Alain Delon, avec une tendresse palpable dans la voix, se souvient : “Je débutais, Brigitte était déjà anciennement par rapport à moi.” C’était pour une série de photos qui allait faire le tour du globe, intitulée prophétiquement “Les plus beaux baisers du monde”. Des images magnifiques, certes, mais qui scellaient surtout le début d’une alliance hors norme.
Delon le confesse sans détour : Brigitte Bardot a été son ancre dans le tumulte des débuts. “Elle m’a toujours suivi, m’a toujours aidé, m’a toujours conseillé”, avoue-t-il. Cette complicité était si profonde que l’acteur a même eu le privilège rare d’habiter à La Madrague, le sanctuaire mythique de Bardot. “J’ai eu cette chance d’habiter à la Madrague”, glisse-t-il, avant d’ajouter avec humour “chacun sa place”.
Mais ce refuge sacré fut aussi le théâtre d’une des nombreuses blessures infligées par la célébrité. Les deux icônes évoquent un souvenir cuisant, celui d’avoir été “piégés par des téléobjectifs”. L’image glamour vole en éclats quand Delon décrit la scène : “Mondial… dans des états lamentables, le nez plein de crème, enfin c’était atroce.” L’intrusion fut si violente que Bardot, venue chercher la détente, en fut profondément affectée. “Elle était venue se détendre et a eu cette malheureuse photo”, regrette Delon. Cet épisode, loin d’être anecdotique, illustre la fracture permanente entre leur vie privée et l’image publique dévorante, un combat qu’ils ont mené de front, ensemble.

“La gloire est le deuil éclatant du bonheur”
Plus qu’une simple amitié, ce qui unit Delon et Bardot est une compréhension mutuelle de la souffrance qu’implique leur statut. Le journaliste tente de définir leur lien : “Une recherche perpétuelle de l’amour que vous avez en commun ? Des sortes de deux écorchés vifs solitaires finalement et qui ont besoin d’être aimé coûte que coûte ?”
La réponse de Delon est universelle : “Je crois que c’est pas spécifique à Brigitte à moi, des gens qui ont besoin d’être aimé.” Mais c’est Bardot qui trouve la formule la plus juste, la plus tragique, pour résumer leur existence. Citant Madame de Staël, elle lance une vérité qui résonne comme un couperet : “La gloire est le deuil éclatant du bonheur.”
Elle insiste, le regard chargé d’une vie entière : “Et ça, c’est vraiment vrai. Vraiment. Ah oui, c’est vrai.” Cette phrase est la clé de voûte de leur échange. Elle explique la mélancolie persistante de Delon, qui avait avoué sur ce même plateau ne pas être “doué pour le bonheur”, estimant avoir réussi sa vie professionnelle mais pas sa vie personnelle. Et elle explique le choix radical de Bardot, qui a préféré le bonheur simple à la gloire dévorante.
La Star et la Bergère : Le grand écart des images
Leur rapport à l’image publique est devenu diamétralement opposé. Interrogés sur l’écart entre leur image et leur réalité, Bardot répond avec la franchise qu’on lui connaît. “L’image que je donne, c’est avec mes chèvres et mes poules”, dit-elle. “À cette heure-ci, je suis là d’habitude en train de les rentrer dans leur poulailler, leur bergerie.”
Puis, se tournant vers son ami : “Lui, il donne toujours l’image d’une star. Moi, je donne une image très différente maintenant.” Elle définit sa nouvelle identité par sa mission : “Moi, je donne l’image d’une femme qui s’occupe des animaux.”
Pourtant, elle martèle avoir toujours été la même, une authenticité qui lui a permis de survivre. “Moi, j’ai toujours été telle que je suis, moi-même et voilà.” Delon, lui, concède être “en grande partie” le même, mais avec “une partie cachée quand même, une partie cachée de l’iceberg”. Le mythe Delon reste un mythe, tandis que le mythe Bardot s’est métamorphosé en une mission de vie, loin des caméras.
Quitter la scène : Le choix de BB, le doute de Delon

Cette divergence culmine dans leur rapport à leur carrière. Brigitte Bardot, qui a quitté le cinéma au sommet de sa gloire, est catégorique : elle ne regrette rien. “Rien dans ma vie. Rien. […] Si une fois que c’est fait, je ne le regrette pas. Parce qu’avant de le faire, je réfléchis quand même.” Elle balaie l’idée d’une décision impulsive, rappelant qu’elle se plaignait de parler avant de réfléchir “à l’époque”.
Mais la révélation la plus surprenante vient d’Alain Delon. Alors que Bardot a choisi son destin, lui avoue avoir failli tout abandonner. “Il y a une vingtaine d’années”, confie-t-il, à une époque où il était en couple avec Mireille Darc. “Une espèce de lassitude et puis parce que j’avais envie de faire autre chose peut-être, et puis parce que je ne croyais pas vraiment à la longévité de ma carrière, ça arrive aussi.”
Le Guépard a douté. Le Samouraï a voulu rengainer. Que s’est-il passé ? “C’est Mireille entre autres et quelques amis autour [qui m’ont dit] ‘Mais tu es fou, mais il faut que tu arrêtes pas, continue, continue’.” Sans l’intervention de ses proches, Alain Delon aurait pu, lui aussi, bifurquer. C’est un aveu d’une vulnérabilité immense, qui contraste avec l’image de contrôle absolu qu’il projette.
Le pacte des icônes
Cette émission de 2003 n’était pas une simple interview. C’était une confession croisée, un moment de vérité suspendu dans le temps. En moins d’une heure, Brigitte Bardot et Alain Delon ont redéfini leur propre légende. Ils ont montré que derrière les “plus beaux baisers du monde”, il y avait deux âmes complexes, liées par une douleur commune et une amitié plus forte que le cinéma.
Ils ont transcendé leurs carrières, comme le dit si bien BB : “C’est une amitié qui ira jusqu’à notre mort. On a dépassé le stade carrière… On a quelque chose en commun, et je sais pas quoi, mais qui nous lie.”
Ce “je ne sais pas quoi”, c’est peut-être simplement le fardeau partagé d’avoir été les plus désirés, les plus scrutés, les plus aimés et en même temps, les plus seuls. Ils restent les témoins d’une époque révolue, deux “écorchés vifs” qui, ensemble, ont trouvé un sens plus profond que la gloire, ce “deuil éclatant du bonheur”.
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