On dit qu’Hollywood est une usine à rêves, mais c’est aussi un champ de bataille jonché de carrières brisées, d’ego meurtris et de secrets toxiques. Sophia Loren, la dernière déesse vivante de cet Olympe, le sait mieux que quiconque. Pendant des décennies, elle a régné, incarnation de la beauté volcanique et du talent brut, une force de la nature née des décombres de l’Italie en guerre. Sa grâce, son Oscar pour “La Ciociara” – le premier pour un rôle en langue étrangère – et sa dignité semblaient la placer au-dessus des querelles. Mais c’était une illusion.
Aujourd’hui, à 90 ans, l’icône ne retient plus rien. Le temps a fait son œuvre, les protagonistes ont pour la plupart disparu, et la vérité peut enfin être dite, sans fard et sans peur. Dans une confession crépusculaire, elle expose les rivalités féroces, les agressions silencieuses et les trahisons amoureuses qui, morceau par morceau, ont menacé de la réduire au silence, de la cantonner à une image qu’elle a toujours combattue. Elle lève le voile sur les cinq figures qui, par jalousie, par ego ou par pur mépris, ont tenté de saboter son ascension.
1. Gina Lollobrigida : La Guerre des Déesses
Dans l’Italie des années 50, il n’y avait de place que pour une seule reine. Ou du moins, c’est ce que la presse et les producteurs voulaient croire. Gina Lollobrigida, de sept ans l’aînée de Sophia, était la star établie, “la plus belle femme du monde”. Quand Loren, jeune, affamée et sortie de la misère de Pozzuoli, est apparue, elle fut immédiatement cataloguée comme une imitatrice.
La guerre fut déclarée publiquement. La presse s’empara de cette rivalité, la montant en épingle à chaque occasion, comme lors de ce festival à Londres où une photo légendaire montre Gina, souveraine, regardant avec une condescendance glaciale la jeune Sophia, encore gauche. La bataille se jouait à coups de déclarations empoisonnées. Poussée par son mentor et futur mari Carlo Ponti, Sophia plaisanta sur le fait d’être “plus plantureuse”.
La réponse de Lollobrigida fut d’une violence inouïe, une pique de classe qui visait à la fois le talent et les origines modestes de sa rivale. “Nous sommes aussi différentes qu’un pur-sang et une chèvre,” déclara-t-elle. “Moi, je peux jouer une paysane ou une dame. Sophia ne peut jouer qu’une paysane.”
Pour Sophia, cette insulte fut une blessure profonde, un rappel qu’aux yeux de l’establishment, elle resterait la fille des quartiers pauvres. Cette querelle aurait pu la cantonner à jamais au rôle de “l’autre”. Lorsque Gina, au sommet de sa gloire, exigea une augmentation pour le troisième volet de “Pain, amour et fantaisie”, les producteurs, agacés, se tournèrent vers sa rivale. Sophia accepta un cachet modeste et s’empara du rôle, devenant la nouvelle coqueluche.
Mais c’est le talent pur qui mit fin à la guerre. En 1960, Sophia, abandonnant tout glamour, livre une performance déchirante dans “La Ciociara”. Elle y incarne une mère veuve, violée avec sa fille. À la surprise générale, elle remporte l’Oscar. Ce ne fut pas seulement une victoire ; ce fut un tremblement de terre. D’un seul coup, elle n’était plus la “rivale de Gina”. Elle était une actrice majeure, reconnue mondialement. La “chèvre” avait vaincu le “pur-sang”, non pas par la beauté, mais par l’art. Ce n’est qu’à la mort de Gina, en 2023, que Sophia, dans un élan de grâce, mettra un terme à cette histoire : “Je t’aime, Gina.”
2. Cary Grant : L’Amour comme Poison
Si la rivalité avec Gina fut une guerre froide, sa rencontre avec Cary Grant fut une conflagration qui faillit la consumer. En 1956, sur le tournage de “Orgueil et Passion”, elle n’a que 21 ans. Lui en a 52. C’est l’incarnation du raffinement hollywoodien, une légende mariée.
Une liaison passionnée, presque mystique, éclate. Grant, loin de son image de gentleman distant, est un homme tourmenté, éperdument amoureux. Il lui écrit des lettres enflammées, l’exhorte à “prier pour eux”, lui promet le mariage, le divorce, le rêve américain. Pour la jeune Italienne sortie de la pauvreté, comment résister ? Elle était prise dans un étau : d’un côté, la passion foudroyante avec l’idole mondiale ; de l’autre, la sécurité offerte par Carlo Ponti, son mentor, plus âgé mais pilier de sa carrière.
La réalité la rattrapa sous la forme d’une lettre. Non pas de Grant, mais de sa femme, Betsy Drake. Une lettre froide, brutale, lui expliquant qu’elle n’était qu’une passade de plus, une conquête de tournage comme tant d’autres. L’humiliation fut totale. L’homme qu’elle pensait si noble “jouait la comédie”, dans la vie comme à l’écran.
Le cœur brisé, Sophia fit un choix de raison. Elle retourna vers Ponti et accepta de l’épouser. Mais ce choix, censé la protéger, la jeta dans un autre scandale. Ponti étant toujours marié aux yeux de l’Église italienne, leur union par procuration au Mexique fut condamnée par le Vatican. L’Italie puritaine se déchaîna. Sophia fut accusée de bigamie, excommuniée, traînée dans la boue, devenant une paria dans son propre pays et contrainte à l’exil.
Pendant ce temps, Grant, l’homme marié qui avait initié la liaison, s’en sortit indemne. L’impact sur la carrière américaine de Sophia fut dévastateur. Elle était devenue trop scandaleuse. Le tournage de leur film suivant, “La Péniche du bonheur”, fut un enfer. La chimie s’était muée en ressentiment glacial. Cette liaison, qui aurait dû la propulser, l’avait cataloguée et failli briser son élan.
3. Marlon Brando : L’Agression Brutale

Peu d’incidents furent aussi brutaux que celui qui se déroula sur le tournage de “La Comtesse de Hong Kong” en 1967. L’affiche était un rêve : Loren, Brando, et le dernier film de Charlie Chaplin. Mais le rêve vira au cauchemar.
Dans ses mémoires, Sophia raconte l’instant précis. Un jour, entre deux prises, Brando a agi. “Tout à coup, il a posé ses mains sur moi”, écrit-elle. Ce n’était pas un geste amical. C’était une agression, une violation.
La réaction de Sophia, 32 ans, désormais reine du cinéma, fut instantanée et glaciale. Elle ne cria pas. Elle se retourna, le fixa droit dans les yeux et, “avec un calme terrifiant”, lui souffla au visage avant de prononcer lentement : “N’ose jamais plus recommencer. Plus jamais !”
Marlon Brando, l’intouchable, le génie que tout le monde craignait, venait d’être publiquement remis à sa place. Il parut “petit, désarmé, presque honteux”. Il ne tenta plus jamais rien, mais le mal était fait. À partir de cet instant, le tournage devint une guerre psychologique. L’alchimie à l’écran était morte, remplacée par une froideur polaire. Brando, furieux d’avoir été humilié, devint impossible, arrivant avec des heures de retard, forçant même Chaplin à le réprimander publiquement.
Pour Sophia, le prix à payer fut lourd. À Hollywood, une femme qui tenait tête à Brando n’était pas “courageuse”, elle était “difficile”. Les murmures commencèrent. Les propositions se firent plus rares. On la disait capricieuse, ingérable. Elle avait refusé de plier, et l’industrie tentait de le lui faire payer.
4. Charlton Heston : La Guerre d’Ego
Si l’agression de Brando fut un choc, la guerre avec Charlton Heston sur le tournage de l’épopée “Le Cid” (1961) fut une torture insidieuse. Heston, auréolé de son Oscar pour “Ben-Hur”, se voyait comme l’unique étoile du film. L’arrivée de Sophia, avec ses exigences, fut perçue comme un affront.
D’abord, elle négocia un salaire colossal, dit-on, supérieur au sien. Ensuite, elle exigea que le script soit réécrit, trouvant son rôle de Chimène trop décoratif et insistant pour que les scènes romantiques soient développées. Pour Heston, le “prophète” d’Hollywood, c’était intolérable. Cette Italienne transformait son épopée guerrière en mélodrame.
Une animosité glaciale s’installa. Le mépris d’Heston devint légendaire sur le plateau. On raconte qu’il refusait de lui donner la réplique dans les scènes où la caméra était sur elle, exigeant qu’un double le remplace. Dans la scène finale, sur le lit de mort, censée être tragique, il parvenait à peine à la regarder, fixant l’avenir “avec noblesse”, ce qui n’était en fait que du dédain. La guerre se poursuivit jusque sur les affiches, où le nom d’Heston fut placé au-dessus du sien, violant leur contrat. Sophia porta plainte.

Le film fut un succès, mais les critiques notèrent tous “l’étrange et déconcertante absence de chimie”. L’influence d’Heston à Hollywood était immense. Combiné à l’incident Brando, le portrait de la “diva capricieuse” était complet. “Ils m’ont puni parce que je voulais du respect”, confia-t-elle.
5. Jayne Mansfield : Le Vol de l’Image
Parfois, une carrière ne tient qu’à une photo. Et celle-ci est la plus célèbre : Sophia Loren, lançant un regard assassin vers le décolleté de Jayne Mansfield. Ce cliché est devenu l’incarnation du “side-eye”. Mais la vérité, là encore, est différente.
Nous sommes en 1957. Paramount organise une fête somptueuse à Beverly Hills en l’honneur de sa nouvelle star : Sophia Loren. C’est sa soirée. C’est alors que Jayne Mansfield fait son entrée, en retard, dans une robe conçue pour le scandale. Elle se dirige droit vers la table d’honneur, s’assoit à côté de Sophia et, sous les flashes, se penche en avant.
“Regardez la photo”, expliqua Loren des décennies plus tard. “Où vont mes yeux ? Je fixe ses tétons, parce que j’ai peur qu’il ne tombe dans mon assiette ! Sur mon visage, vous pouvez lire la peur.”
Ce n’était pas de la jalousie, c’était de l’effroi. Mansfield, dans une tentative désespérée d’exister face à la nouvelle sensation européenne, avait calculé son coup. Le lendemain, les gros titres ne parlaient plus de Sophia, mais de la poitrine de Mansfield. Ce qui devait être le couronnement de Sophia fut transformé en un cirque vulgaire. Cette photo l’a “poursuivie toute sa carrière”. Elle craignait que cet incident ne la réduise à jamais à ce cliché de femme jalouse. Elle refusa toujours de la dédicacer.
De la rivale qui la traitait de “chèvre” au monstre sacré qui l’agressait, de l’ego démesuré qui la méprisait à l’amour qui l’a trahie, Sophia Loren a tout enduré. À 90 ans, sa vérité révèle une chose : derrière la déesse à l’écran se cachait une guerrière en coulisses. Son véritable héritage n’est pas seulement son Oscar ou sa beauté ; c’est sa résilience. C’sest d’avoir tenu tête aux rois et d’être, aujourd’hui, la seule encore sur le trône.

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