Le monde du cinéma l’a toujours connu comme le “Golden Boy” imperturbable, l’homme au sourire charismatique et à l’élégance rare. Mais à 88 ans, alors que les projecteurs s’éloignent doucement, Robert Redford a décidé qu’il était temps de dire la vérité. Dans une série de révélations sans précédent, l’acteur et réalisateur légendaire a brisé le mythe de la camaraderie hollywoodienne pour exposer les tensions, les rancunes et les égos qui ont jalonné sa carrière exceptionnelle.
La chute des idoles : Quand l’image remplace l’art
Pour Redford, le respect du métier de comédien est sacré. C’est précisément ce qui a provoqué son mépris pour certains de ses collègues les plus célèbres. Au sommet de sa liste noire se trouve Tom Cruise. Lors de leur collaboration sur le film Lions for Lambs, Redford, qui cherchait l’authenticité et la vulnérabilité, s’est heurté à une machine marketing vivante. Cruise, obsédé par son image et son contrôle, arrivait sur le plateau entouré de conseillers en communication et de stratèges politiques. Pour Redford, ce n’était plus du cinéma, mais une “publicité de campagne”. Cette obsession du contrôle a laissé un goût amer à Redford, qui n’a plus jamais adressé la parole à la star de Mission Impossible.

Des duos de légende aux rivalités silencieuses
Plus surprenant encore, Redford revient sur sa relation complexe avec Paul Newman. Bien qu’ils incarnaient à l’écran l’amitié ultime dans Butch Cassidy et le Kid, les coulisses racontaient une autre histoire. Sous la surface, une rivalité sourde et une jalousie professionnelle rongeaient leur lien. Newman, obsédé par la ponctualité, ne supportait pas les retards chroniques de Redford, tandis que ce dernier s’agaçait de voir Newman s’immiscer dans la production pour flatter son propre ego. Ce qui semblait être une complicité éternelle était en réalité une compétition permanente qui a fini par user la magie.
Le cas de Dustin Hoffman n’est pas moins édifiant. Sur le tournage du chef-d’œuvre Les Hommes du président, les deux acteurs ont représenté deux visions opposées du cinéma. Redford, partisan de la discipline et de la structure, a été poussé à bout par les improvisations incessantes et le chaos de la “Méthode” d’Hoffman. “Une fois suffit”, a simplement déclaré Redford pour expliquer pourquoi il a catégoriquement refusé de retravailler avec lui.
Tensions de genre et affrontements virils
Les relations avec ses partenaires féminines n’ont pas été plus simples. Jane Fonda a elle-même admis que Redford était souvent de “mauvaise humeur” et qu’il semblait avoir un problème avec les femmes à l’écran, fuyant toute forme d’intimité réelle. Mais c’est avec Barbra Streisand que l’inconfort a atteint son paroxysme. Sur le plateau de Nos plus belles années, l’ambiance était si électrique que Redford aurait insisté pour porter deux slips de sport superposés lors des scènes de lit afin de maintenir une barrière physique avec l’actrice, qu’il jugeait trop dominante et contrôlante.

Le tempérament explosif de Gene Hackman a également laissé des traces. Lors du tournage de Downhill Racer, Redford a dû confronter Hackman devant toute l’équipe, lui rappelant que le film n’était pas un “one-man show” mais un travail d’équipe. Humilié, Hackman n’a plus jamais adressé la parole à Redford après ce jour.
Un héritage de vérité contre le culte de l’ego
Pourquoi ces confessions aujourd’hui ? Pour Robert Redford, la plus grande maladie d’Hollywood est l’ego. Il déteste les acteurs qui transforment un projet artistique en un temple à leur propre gloire. Sa carrière de réalisateur, notamment avec Ordinary People, a été une quête constante de la substance sur la forme, de l’humilité sur l’arrogance.
En nommant ces sept acteurs, Redford ne cherche pas seulement à régler ses comptes, mais à lancer un avertissement sur la dérive d’une industrie où le marketing a remplacé le courage et où l’image de soi étouffe la vérité humaine. À 88 ans, le gentleman d’Hollywood n’a plus besoin de plaire ; il a simplement besoin d’être honnête. Et cette honnêteté brutale nous offre un regard fascinant sur l’envers du décor de l’âge d’or du cinéma.

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