New York, 1961. Une salle enfumée, des rêves de révolution et deux voix qui allaient changer le monde. Mais derrière la légende du “Roi et de la Reine du Folk”, se cache une histoire d’amour aussi passionnée que destructrice, faite de sacrifices, de trahisons et, finalement, d’un pardon bouleversant.
Aujourd’hui, à 84 ans, la légendaire Joan Baez revient avec une lucidité désarmante sur l’homme qui a marqué sa vie au fer rouge : Bob Dylan. Ce n’est pas seulement l’histoire de deux artistes, c’est la chronique d’une époque, d’un mouvement, et d’une blessure qui a mis un demi-siècle à cicatriser.
La Rencontre : L’Éclat et l’Ombre

Avant les hymnes, avant les stades, il y avait le Gerde’s Folk City à Greenwich Village. Nous sommes au printemps 1961. Joan Baez a 20 ans, mais elle est déjà une icône. Sa voix de soprano, pure et cristalline, est la bande-son d’une génération en quête de sens. Elle est la “Vierge Marie” du folk, intouchable et vénérée.
Et puis, il y a lui. Un jeune homme de 19 ans, mal rasé, vêtu de fripes, débarqué du Minnesota avec une guitare, un harmonica et une ambition dévorante. Lorsqu’il monte sur scène pour chanter Song to Woody, Baez est foudroyée. “J’étais complètement retournée intérieurement,” confie-t-elle. Malgré la jalousie de son petit ami de l’époque – qui rêvait secrètement, dit-elle, d’éliminer ce rival – le lien est instantané. Dylan, timide, murmure un “Hey” maladroit. C’est le début d’une alchimie qui va électriser l’Amérique.
Mais ne nous y trompons pas : à cet instant, c’est elle la star. Lui n’est qu’un “vagabond” prometteur. Elle va faire de lui sa mission, son protégé, et bientôt, son amant.
L’Ascension : “Nous Était le Changement”
Leur relation ne se construit pas sur des dîners aux chandelles, mais sur les barricades. Ensemble, ils marchent sur Washington en 1963, aux côtés de Martin Luther King Jr. Leurs voix s’entremêlent comme leurs destins : la clarté céleste de Baez adoucit la rugosité prophétique de Dylan. Elle l’invite sur ses scènes, le présente à son public, forçant l’admiration des foules pour ce poète dégingandé.
“Il avait quelque chose qui arrêtait le temps,” se souvient Baez. Elle chante ses chansons avant même qu’elles ne soient enregistrées, devenant l’architecte de sa légende. Des titres comme Don’t Think Twice, It’s All Right résonnent d’une intimité nouvelle. En coulisses, l’amour grandit, nourri par une admiration mutuelle et une fièvre créatrice. Elle l’appelle son “garçon aux pieds nus”. Il lui écrit des chefs-d’œuvre. Pour un temps, ils semblent invincibles.
La Rupture : L’Humiliation Publique

Mais la gloire est un poison violent. En 1965, l’équilibre bascule. La carrière de Dylan explose ; il devient le messie du rock, s’éloignant du purisme folk de Baez. Le tournant dramatique a lieu lors de la tristement célèbre tournée anglaise. Joan l’accompagne, s’attendant à partager la scène comme toujours. La réalité sera cruelle.
Dylan, désormais entouré d’une cour de flatteurs, l’ignore. Il la laisse attendre en coulisses, soir après soir, sans jamais l’inviter à chanter. “Elle a été humiliée,” racontera un proche. Baez, fidèle à sa dignité, finit par partir avant la fin de la tournée. C’est une gifle, une rupture sans mots, brutale et froide.
Le coup de grâce ? Elle apprendra par hasard, comme le commun des mortels, que Dylan s’est marié en secret avec Sara Lownds, une mannequin, et qu’elle est enceinte. “Il ne m’a jamais rien dit. Pas un mot,” avoue Baez avec une tristesse qui traverse les décennies. Elle réalise alors qu’elle a été écartée, effacée d’un trait de plume de la vie de celui qu’elle a tant aimé et soutenu.
“Diamonds and Rust” : La Douleur Faite Art
Pendant des années, le silence s’installe. Baez tente de reconstruire sa vie, se marie avec l’activiste David Harris, devient mère, mais l’ombre de Dylan plane toujours. En 1975, elle transforme sa douleur en l’une des plus belles chansons de rupture de l’histoire : Diamonds and Rust.
“Tu es apparu, déjà en légende, ce phénomène mal lavé…” Les paroles sont tranchantes, précises, honnêtes. Elle y raconte ses appels téléphoniques impromptus qui la replongent dans le passé, entre diamants (les souvenirs précieux) et rouille (la douleur du temps). Contre toute attente, Dylan adore la chanson. C’est peut-être là le paradoxe de leur relation : seule la musique permettait une véritable communication.
Ils se retrouveront brièvement sur scène lors de la Rolling Thunder Revue en 1975, grimés et théâtraux, jouant à un jeu de séduction ambigu devant les caméras. “Qu’est-ce qui se serait passé si on s’était mariés ?” lui lance-t-elle un jour, mi-figue mi-raisin. “J’ai épousé la femme que j’aimais,” répond-il sèchement. Une nouvelle blessure, camouflée par un sourire.
Le Pardon : Les Larmes devant le Chevalet
Il faudra attendre 2012 pour que la véritable guérison opère. Joan Baez, s’étant tournée vers la peinture, décide de peindre le portrait de Dylan. Ce qui ne devait être qu’un exercice artistique devient une thérapie de choc.
Seule dans son atelier, elle met la musique de Dylan en fond sonore. Et soudain, tout lâche. “J’ai juste pleuré,” raconte-t-elle. “Toute la rancœur, toute la colère… tout a disparu.” En peignant les traits de cet homme, elle réalise la chance qu’elle a eue de le connaître, de chanter avec lui, de l’aimer.
Elle lui écrit alors une lettre, simple et pure, pour lui dire ce qu’il a représenté pour elle. Elle ne met pas d’adresse de retour. Elle n’attend rien. C’est un acte de libération gratuit. “On était juste des gosses,” dit-elle aujourd’hui avec sagesse. “On était idiots, et on ne peut pas en vouloir à quelqu’un pour toujours.”

Deux Routes Parallèles
Aujourd’hui, leurs vies sont des lignes parallèles qui ne se croisent plus, mais qui regardent dans la même direction. Dylan continue sa route sans fin, énigmatique Prix Nobel, réinventant sans cesse son art. Baez a tiré sa révérence avec grâce lors d’une tournée d’adieu triomphale en 2019, restant cette voix infatigable pour la paix et la justice.
Bob Dylan a-t-il aimé Joan Baez ? “Je pense qu’il m’aimait à sa manière, même s’il n’a jamais su le dire,” conclut-elle. Dans le documentaire How Sweet the Sound, Dylan lui-même, la voix brisée par une rare émotion, avouera : “Je n’arrivais pas à l’oublier… J’ai été désolé de voir cette relation se terminer.”
À 84 ans, Joan Baez nous offre une dernière leçon, peut-être la plus importante : il n’est jamais trop tard pour faire la paix avec son passé. Les diamants restent, la rouille finit par tomber. Et quelque part, dans l’écho d’une vieille chanson folk, le Roi et la Reine chantent encore ensemble, pour l’éternité.
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