Le monde entier connaît son visage, sa blondeur hitchcockienne et ce regard souverain qui a traversé plus de six décennies de cinéma. Catherine Deneuve, née Catherine Fabienne Dorléac le 22 octobre 1943 à Paris, est l’incarnation même de l’élégance française. Mais alors qu’elle franchit le cap des 81 ans, la “Reine des Glaces” a choisi de laisser fondre l’armure. Lors d’une interview rare et empreinte d’une émotion palpable à l’automne 2025, l’actrice a livré ce qui reste, selon ses propres mots, la vérité la plus triste de sa vie.

La blessure originelle : l’absence de Françoise

Derrière les succès planétaires comme Les Parapluies de Cherbourg ou Indochine, une ombre n’a jamais quitté Catherine Deneuve. Cette ombre porte un nom : Françoise Dorléac. Sa sœur aînée, sa muse, son miroir, est décédée tragiquement en 1967 dans un accident de voiture près de Nice, alors qu’elle n’avait que 25 ans.

À l’époque, Catherine n’a que 23 ans. Elles viennent de tourner ensemble Les Demoiselles de Rochefort, une ode à la joie et à la complicité fraternelle. En quelques secondes, cette joie est réduite en cendres sur une autoroute. En 2025, les yeux embués de larmes, Catherine avoue que cette perte est une plaie béante. Elle confie porter un poids immense : celui de ne pas lui avoir dit assez souvent qu’elle l’aimait, celui de ne pas avoir passé assez de temps avec celle qui était son inspiration première. Cette culpabilité, elle l’admet enfin, est le moteur secret de sa mélancolie constante.

Une carrière sous le signe de la résilience

Si Catherine Deneuve est devenue cette actrice infatigable, travaillant avec les plus grands (Truffaut, Bunuel, Polanski), c’est peut-être aussi pour fuir le silence assourdissant de cette absence. Son parcours est une suite de sommets, de la consécration de Belle de Jour à la nomination aux Oscars pour Indochine.

Pourtant, tout n’a pas été linéaire. L’actrice est revenue sur ses échecs, comme le film Zig-Zig en 1975, où son rôle de productrice a étouffé sa liberté d’actrice. Elle a également évoqué les tensions sur le tournage de Dancer in the Dark de Lars von Trier, un environnement stressant qu’elle a dû traverser avec le professionnalisme qu’on lui connaît. Mais plus que les échecs professionnels, ce sont les épreuves physiques qui l’ont marquée, notamment son AVC en 2019 sur le tournage de De son vivant. Un avertissement de la vie qu’elle a bravé pour terminer ce film poignant sur la maternité et la fin de vie.

Le regret d’une mère et d’une fille

La révélation la plus intime de cet entretien concerne sa famille. Catherine Deneuve a longtemps été critiquée pour sa discrétion, voire sa froideur apparente. Elle explique aujourd’hui que ce retrait était une protection. Elle exprime cependant un regret profond concernant ses enfants, Christian Vadim et Chiara Mastroianni.

L’actrice confesse qu’à l’époque, dévorée par sa carrière et son besoin d’indépendance, elle n’a pas toujours été la présence constante dont ils auraient eu besoin dans leurs premières années. En voyant Chiara à l’écran aujourd’hui, elle ressent un mélange de fierté immense et de tristesse, réalisant que le temps a filé trop vite. Elle porte aussi en elle le souvenir douloureux de l’absence de sa propre mère, Renée Simonot, partie se soigner d’une tuberculose pendant un an lorsqu’elle était enfant, créant un premier vide émotionnel qu’elle n’a jamais vraiment su combler.

Les Demoiselles de Rochefort : « On s'engueulait, on se battait même  beaucoup », Catherine Deneuve cash sur sa relation avec sa sœur Françoise  Dorléac

La fin d’un mystère

À 81 ans, Catherine Deneuve ne cherche plus à plaire ou à maintenir une image de perfection. Elle avoue avoir été blessée par les rumeurs constantes sur sa vie privée, sur sa sexualité ou ses relations, alors qu’elle ne cherchait qu’à préserver un jardin secret pour ne pas sombrer.

Aujourd’hui, l’icône nous dit que sa plus grande tristesse est ce sentiment de ne pas avoir pu vivre “pleinement” chaque instant avec ceux qu’elle aimait. Elle reste une femme debout, une travailleuse acharnée, mais une femme qui, enfin, accepte de dire que la gloire ne remplace jamais les moments perdus. Ce témoignage, d’une sincérité désarmante, humanise à jamais celle que l’on croyait faite de marbre. Catherine Deneuve n’est pas seulement une actrice de légende ; c’est une sœur qui pleure encore, une mère qui regrette et une femme qui a enfin trouvé la force de dire sa vérité.