Elle est l’ange gardien préféré des Français, une incarnation de la douceur et de la bienveillance. Pourtant, à 68 ans, Mimie Mathy est aussi une femme de convictions, prête à briser le silence pour défendre la mémoire d’un ami. Cet ami, c’était Johnny Hallyday. Et lorsque la guerre de l’héritage a éclaté, exposant au grand jour les déchirements du clan, elle n’a pas pu se taire. Une seule phrase, prononcée avec calme mais chargée d’une puissance dévastatrice, a suffi à faire basculer l’opinion publique et à sceller son destin face à Laeticia Hallyday.

Cette phrase, la voici : “Je ne pense pas qu’un papa aurait déshérité ses enfants.”

Ces mots, lâchés en mars 2018 sur le plateau de l’émission 7 à 8, résonnent encore aujourd’hui. Ils sont bien plus qu’une simple opinion ; ils sont le témoignage d’une amie intime, d’une femme que Johnny avait choisie pour être le témoin de son mariage avec… Laeticia. Une position qui donne à sa parole un poids immense, presque sacré.

L’amitié entre Mimie Mathy et Johnny Hallyday n’était pas un secret. Elle avait commencé bien avant les polémiques, dans les années 2000. Une rencontre improbable entre la star de TF1 et l’idole du rock français. Une complicité immédiate s’installe. Johnny admire la force de caractère de Mimie, cette femme qui a su imposer son talent au-delà de sa différence. Mimie, elle, voit derrière le blouson de cuir la “générosité brute” et le “cœur tendre” du rockeur.

Cette amitié se solidifie au point qu’en août 2005, lorsque Mimie Mathy épouse Benoît Gérard, Johnny est à ses côtés, en tant que témoin. Les photos de l’époque montrent un Johnny protecteur, le regard rieur, serrant affectueusement son amie. Il n’est pas la star, il est l’ami. Un moment que Mimie n’oubliera jamais. Pour elle, Johnny est un “frère de cœur”.

Le 5 décembre 2017, la France apprend la mort de Johnny. Comme des millions de Français, Mimie est dévastée. Ce n’est pas l’icône qu’elle pleure, c’est son ami. Sur son blog, elle publie un message bouleversant : “Merci Monsieur Johnny. Je t’aime pour toujours. […] Merci d’avoir été le témoin de mon mariage. Irremplaçable Johnny.” À cet instant, il n’y a que de la peine.

Lors de l’hommage national à la Madeleine, elle est là, le visage marqué par le chagrin, unie dans la douleur avec Laeticia, David et Laura. Mais cette union sacrée ne va pas durer.

Quelques semaines plus tard, la bombe éclate. La presse révèle le contenu du testament californien de Johnny Hallyday : l’intégralité de sa fortune et de ses droits revient exclusivement à sa veuve, Laeticia, et à leurs deux filles, Jade et Joy. David Hallyday et Laura Smet, ses enfants aînés, sont purement et simplement déshérités.

C’est un choc national. La France se divise. D’un côté, les défenseurs du droit de Johnny à disposer de ses biens comme il l’entend. De l’autre, ceux qui, horrifiés, crient à l’injustice, affirmant qu’un père, surtout un père comme Johnny, ne peut pas, ne doit pas, renier son sang. La bataille judiciaire s’engage, féroce et impitoyable.

Pendant trois mois, alors que le débat s’envenime, Mimie Mathy garde le silence. Mais elle sent qu’elle doit parler. Non pour jeter de l’huile sur le feu, mais pour rappeler une évidence : le Johnny qu’elle connaissait, l’homme qui l’avait prise sous son aile, n’aurait jamais voulu ce déchirement.

C’est ainsi qu’elle se retrouve face à Thierry Demaizière dans 7 à 8. Calme, posée, elle choisit ses mots avec soin. “Johnny était une belle personne. Il ne faut pas gâcher ça. Il ne faut pas qu’un héritage divise tout le monde.” Puis, elle ajoute la phrase légendaire : “Je ne pense pas qu’un papa aurait déshérité ses enfants.”

Tout est dit. Sans accuser personne nommément, sans prononcer le mot “manipulation”, Mimie Mathy vient de prendre position. Elle ne parle pas en tant que juriste, mais en tant qu’amie, en tant que témoin de la relation fusionnelle que Johnny entretenait avec tous ses enfants. Pour elle, ce testament ne ressemble pas à l’homme qu’elle a aimé.

L’effet est immédiat. Les médias s’emparent de la déclaration. “Mimie Mathy brise le silence”, “L’amie du rockeur prend position”. Parce qu’elle est aimée des Français et qu’elle n’a aucun intérêt financier dans cette histoire, sa parole prend un poids colossal. Elle devient la “voix de la sagesse”, celle qui rappelle qu’au-delà des millions et des avocats, il y a une famille brisée.

Prendre la parole était risqué. Mais pour Mimie, c’était une question de loyauté. Une loyauté envers ce Johnny simple et généreux qu’elle avait connu, loin des fastes de Marnes-la-Coquette ou de Saint-Barth. En parlant d’amour et de valeur, elle parlait du cœur de son ami.

Cette déclaration, aussi bienveillante fût-elle, n’a pas été sans conséquences. Depuis ce jour de mars 2018, Mimie Mathy et Laeticia Hallyday ne se sont plus jamais revues. La relation, autrefois cordiale, s’est “effacée dans le silence”. Mimie, fidèle à sa ligne de conduite, n’a plus jamais reparlé de l’affaire publiquement.

Les années ont passé. Un accord a finalement été trouvé en 2020, mettant fin à la guerre judiciaire. Mimie Mathy, aujourd’hui âgée de 68 ans, continue sa route, toujours aux commandes de sa série Joséphine, ange gardien, vivant paisiblement avec son mari, loin des polémiques.

Mais son témoignage reste. Il reste parce qu’en une phrase, elle a incarné la conscience collective. Elle a osé rester vraie, parler avec le cœur, sans calcul. Elle n’a pas agi pour le scandale, mais pour défendre l’image d’un ami disparu. Elle a rappelé à la France entière une vérité simple, presque enfantine, mais que l’argent et le deuil avaient occultée : un héritage, aussi immense soit-il, ne devrait jamais détruire une famille.

Aujourd’hui, Mimie Mathy ne regrette rien. Elle sait qu’elle a fait ce qu’elle estimait juste. Et c’est peut-être là le plus bel héritage de cette triste affaire : la preuve qu’une femme, par pure fidélité et humanité, a rappelé que la vérité du cœur vaut plus que tous les testaments du monde.

Kimy, atteinte d'une maladie grave, en Normandie, a rencontré son idole Mimie  Mathy