C’est une nouvelle d’une tristesse infinie qui vient de frapper le monde de la musique et le cœur de millions de Français. Pierre Perret, l’ami Pierrot, le poète malicieux qui a bercé tant de générations avec ses mots tendres et son argot savoureux, traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus sombres de son existence. Lui qui a toujours su faire sourire la France avec ses chansons se retrouve désormais confronté à un silence assourdissant. En effet, dans la nuit du 3 au 4 janvier 2026, son épouse Simone Mazaltarim, celle que tout le monde, et lui le premier, surnommait affectueusement Rebecca, est décédée.

La Fin de Six Décennies d’Amour

Avec sa disparition, c’est un chapitre monumental qui se referme, mettant fin à plus de six décennies d’un couple resté d’une rare solidité dans le monde du spectacle. C’est vrai que c’est plutôt très rare, un couple qui traverse comme cela les décennies, sans vaciller, dans un univers du show-business où les tentations sont souvent très faciles et les ruptures monnaie courante. Mais Pierre et Rebecca n’étaient pas un couple comme les autres. Ils étaient une équipe, une fusion, une évidence.

Derrière le chanteur populaire, l’auteur prolifique et le virtuose de la langue française, il y avait cette femme de l’ombre qui comptait tout autant que l’artiste. Selon ses propres mots, Pierre Perret l’a dit et répété à plusieurs reprises : sans sa Rebecca, il n’aurait jamais fait la carrière qu’il a faite. Elle était sa première auditrice, sa première critique, son soutien indéfectible dans les moments de doute et sa partenaire de joie dans les moments de triomphe.

Une Rencontre sous le Signe du Destin

Leur histoire commence en 1957, tout au début de sa trajectoire musicale, alors qu’il signe ses premiers pas professionnels chez Barclay. Cinq ans plus tard, ils se marient en 1962. C’est dire que ce mariage n’a pas été un simple détail sentimental ou une passade de jeunesse. Rebecca devient immédiatement sa boussole, son socle, sa force tranquille. Comme je vous l’ai dit, il ne cessait de le répéter : elle était essentielle à son équilibre.

Pierre Perret en deuil : sa femme Rebecca est morte

Leur histoire, comme bien souvent dans les grands romans d’amour, avait commencé par un petit clash, une friction inattendue qui allait sceller leur destin. Ils n’étaient pas d’accord, ils se sont disputés. Enfin, pour être précis, Rebecca s’était trompée dans un billet de train, une erreur banale qui avait conduit Pierre Perret à élever un petit peu la voix. Et comme bien souvent, voilà qu’une dispute entraîne une réconciliation, et le couple s’était bâti sur cette première étincelle, transformant un malentendu en une vie commune indestructible.

Une Carrière et une Famille

Tandis que Pierre Perret bâtit alors une carrière singulière, se forgeant un répertoire unique capable d’aller de la chanson drôle ou enfantine à des titres plus engagés, toujours portés par une langue savoureuse, parfois argotique, et une tendresse qui désarme, Rebecca veille au grain. On retient l’artiste, bien sûr, avec ses succès qui ont traversé le temps, mais on oublie souvent le couple. Une vie construite dans la durée, loin des scénarios people, avec la routine, les exigences, les choix difficiles et la protection mutuelle nécessaire pour survivre à la célébrité.

Ensemble, Pierre et Rebecca ont fondé une famille. Ils ont eu trois enfants : Anne et Alain, des jumeaux nés en 1962, puis Julie, née en 1963. C’était l’image du bonheur, de la réussite complète, tant sur le plan professionnel que personnel. Mais c’est là que la vie, malgré les succès et les apparences, se fissure au plus profond. Le destin, parfois cruel, allait frapper ce foyer aimant d’une manière inimaginable.

Le Drame Indélébile de Julie

Malheureusement pour le couple, le drame survient en juillet 1995. Julie, leur fille cadette, meurt à seulement 32 ans. Le choc est immense, la douleur indicible. Pierre Perret restera volontairement pudique sur les circonstances de ce décès, refusant d’exposer cette blessure béante aux médias. Non par froideur, mais parce que la perte d’un enfant n’appartient jamais au public ; c’est une douleur intime, sacrée, qui ne se partage pas.

Depuis ce jour tragique, ce double visage ne l’a plus quitté : celui de l’homme public qui sait faire sourire la France avec ses mélodies entraînantes, et celui d’un père meurtri qui porte en lui une absence irréparable. Ce drame va énormément gâcher l’ambiance familiale, créant des failles et des silences là où il y avait des rires. Depuis lors, Pierre Perret s’est froissé avec ses jumeaux, Anne et Alain, ne les voyant plus beaucoup. La douleur a parfois éloigné ceux qui auraient dû se serrer les coudes. Il a même confié depuis lors qu’il ne savait même pas s’il avait des arrière-petits-enfants. Pierre Perret s’est retrouvé coupé de ces enfants qui lui en ont toujours, quelque part, voulu de la vie de saltimbanque qu’il leur a menée, une vie d’artiste qui demande tant de sacrifices.

L’Effondrement du Dernier Pilier

Et voilà qu’en janvier 2026, c’est l’autre pilier, le dernier rempart, qui s’effondre. Rebecca. L’annonce a été partagée par un proche du couple et l’émotion a aussitôt gagné ceux qui suivaient leur histoire, justement parce qu’elle était faite de constance plutôt que de bruit. Perdre sa fille, puis perdre son épouse… Deux chocs qui ne se comparent pas, mais qui laissent le même vide vertigineux. Celui des voix familières qui se taisent, des repères qui disparaissent et des habitudes de bonheur qu’on croit éternelles et qui s’évaporent en un instant.

À 91 ans, Pierre Perret se retrouve face à ce que la vie a de plus injuste : l’obligation de continuer à avancer quand ceux qu’on aime ne sont plus là. Il doit désormais marcher seul, sans celle qui tenait sa main depuis près de soixante-dix ans. Rebecca n’est plus là pour le corriger, pour l’encourager, pour l’aimer au quotidien. Ils n’avancent plus ensemble, sauf dans sa tête, où les souvenirs d’une vie commune resteront gravés à jamais.

Un Hommage National et Intime

Aujourd’hui, c’est tout un pays qui adresse ses pensées à l’ami Pierrot. Son œuvre fait partie du patrimoine, mais son histoire d’amour avec Rebecca force le respect par sa longévité et sa fidélité. Dans un monde où tout va vite, où tout se jette, ils ont prouvé que l’amour pouvait durer toute une vie, malgré les orages, malgré les disputes pour un billet de train, malgré les drames absolus comme la perte d’un enfant.

Simone Mazaltarim, dite Rebecca, est partie rejoindre Julie, laissant Pierre Perret gardien de leur mémoire. L’artiste continuera sans doute de chanter, car c’est sa vie, mais chaque note aura désormais une résonance différente. Celle de la nostalgie, de l’amour éternel et du manque. Adieu Rebecca, et courage à Pierre, l’homme qui a su mettre des mots sur tout, sauf peut-être sur cette douleur-là, trop grande pour tenir dans une chanson.