ZAZIE À CŒUR OUVERT : « JE SUIS TOMBÉE SUR DE TRÈS BONS AMANTS, MAIS JE NE SUIS PAS RESTÉE LONGTEMPS AVEC EUX ! » – LE MANIFESTE SEXUEL D’UNE ARTISTE LIBRE À 61 ANS

ZAZIE : LA FIN DE LA COUCHE D’ANONYMAT ET LA RÉVOLUTION SEXUELLE D’UNE SEXAGÉNAIRE LIBÉRÉE

Elle est l’une des figures les plus respectées et les plus discrètes de la chanson française. Zazie, de son vrai nom Isabelle de Truchis de Varennes, a toujours manié la plume avec une acuité rare, naviguant entre poésie introspective et critique sociale acerbe. Pourtant, c’est avec une franchise déconcertante et un sourire désarmant qu’elle vient de fendre la couche de silence qui entourait sa vie sentimentale. À l’aube de ses 61 ans, la chanteuse se livre dans le podcast La bonne copine, offrant un témoignage d’une puissance rare sur l’amour, le couple, mais surtout sur l’exploration de soi et la sexualité tardive.

L’interprète de Je suis un homme ne se contente pas de raconter des souvenirs ; elle délivre un véritable manifeste de l’émancipation féminine, une feuille de route pour celles qui choisissent la solitude non par dépit, mais par exigence. Et l’élément le plus retentissant de cette confession est sans aucun doute son aveu décomplexé sur ses relations éphémères : « Heureusement aussi, je suis tombée sur de très bons amants ! Alors, je ne suis pas restée longtemps avec eux, mais ils m’ont vraiment aidée à explorer ma sexualité. » Ces quelques mots, lâchés avec la légèreté d’un refrain, dynamitent les conventions sociales et redéfinissent ce que signifie être une femme, une artiste et une amoureuse, au-delà de la soixantaine.

LE CÉLIBATAIRE CHOISI : UN NOUVEL ACTE DE DÉSOBÉISSANCE

Dans l’imaginaire collectif, être célibataire après soixante ans est souvent perçu comme un échec, une solitude subie. Zazie refuse catégoriquement cette étiquette. Elle est seule, mais elle est surtout heureuse et célibataire, une distinction fondamentale qu’elle martèle.

Son parcours amoureux, bien que discret, a été intense. Elle a connu des « histoires longues et jolies », comme celle partagée avec le musicien Fabien Cahen, le père de sa fille Lola, née en 2002. Une relation profonde, transformée par la parentalité, mais qui a finalement pris fin. Plus tard, elle a retrouvé l’amour dans les bras du guitariste, compositeur et producteur Philippe Paradis, une histoire qui s’est achevée en 2015.

Zazie a « joué au couple » pendant une bonne partie de sa vie. Elle décrit une forme d’alignement avec les attentes sociales, celles qui dictent d’être cette femme qui « remplit le frigo » et s’organise autour de l’autre. Elle confie avoir aimé jouer ce rôle, non par obligation, mais par un certain confort. Pourtant, cet engagement dans la vie à deux est aujourd’hui derrière elle.

Aujourd’hui, l’absence d’un « copain ni d’ami un peu particulier » est une libération. Elle se place dans une posture d’attente passive et jouissive, se laissant porter « par la beauté de la vie », refusant le stress de « rencontrer la bonne personne ». C’est une philosophie de l’instant, profondément épicurienne, qui célèbre l’autonomie et le droit de ne plus se conformer au modèle unique du couple fusionnel. Sa solitude n’est pas un mur, mais une toile blanche, un espace de liberté créatrice dont les femmes de sa génération ont rarement osé se réclamer publiquement.

LA DÉCOUVERTE TARDIVE DE SOI : QUAND LA SEXUALITÉ REDÉFINIT L’IDENTITÉ

L’aspect le plus courageux de la confession de Zazie réside dans son analyse de la sexualité et de la dynamique de pouvoir au sein de ses anciennes relations. L’artiste avoue avoir souffert d’une « méconnaissance de moi à partir du moment où je faisais plaisir à mon partenaire. » C’est une phrase coup de poing qui révèle une blessure universelle chez de nombreuses femmes : le sacrifice de son propre désir et de son plaisir au profit de l’autre, par amour, par habitude ou par injonction culturelle.

Cette révélation met en lumière un paradoxe : une femme aussi forte et inspirante que Zazie, qui a toujours chanté la rébellion et l’affirmation de soi, a elle aussi été rattrapée par le réflexe de l’abnégation dans l’intimité. Son chemin vers l’exploration de soi fut long, et c’est là qu’intervient la phrase choc sur ses amants.

Le rôle des « très bons amants » n’est pas anodin dans son récit. Ils sont présentés comme des catalyseurs, des guides. En choisissant délibérément de ne pas s’engager à long terme avec eux, Zazie a pu se libérer de la pression du couple stable et de ses attentes normatives. Ces liaisons courtes, intenses et axées sur le plaisir mutuel, lui ont servi de véritable thérapie sexuelle et d’atelier de découverte de son propre corps et de ses désirs. Ces hommes, qu’elle ne nomme pas mais qu’elle remercie pour leur talent, l’ont « vraiment aidée à explorer [sa] sexualité », lui permettant de se réapproprier une part d’elle-même qu’elle avait mise de côté.

C’est un témoignage révolutionnaire car il valorise le plaisir et l’épanouissement sexuel en dehors du cadre strictement conjugal et romantique. Il donne une légitimité à la rencontre physique ponctuelle et consentie comme un moteur de l’évolution personnelle. La chanteuse, en s’affichant en « épicurienne de l’amour », démontre qu’à 61 ans, le corps n’est pas une histoire finie, mais un territoire toujours en exploration.

LE PROFIL DE L’AMOUR IDÉAL : LA FÉMINITÉ MASCULINE

Sa nouvelle philosophie de vie s’accompagne d’un portrait-robot de l’homme qui pourrait éventuellement l’intéresser à l’avenir. Et, comme toujours avec Zazie, les critères sont loin d’être conventionnels. Elle avoue une préférence pour « les mecs avec les cheveux longs qui n’ont pas peur d’une certaine féminité en eux ».

Ce choix n’est pas qu’une simple préférence esthétique ; il est profondément symbolique et résonne avec son propre parcours. Zazie, artiste à l’identité créative puissante, recherche chez l’homme un écho à sa propre fluidité, une acceptation de la complexité des genres. Rejeter la masculinité rigide et toxique, et plébisciter un homme qui assume sa part de féminin, c’est chercher un partenaire qui est, tout comme elle, en paix avec sa vulnérabilité et sa sensibilité.

Cette quête de l’homme « féminin » est le reflet d’une femme qui a définitivement rejeté les clichés du rôle féminin traditionnel et qui cherche un rapport d’égal à égal, un échange où la sensibilité n’est pas un signe de faiblesse, mais une force. Cela s’inscrit parfaitement dans son œuvre, où la dualité, la complexité humaine et la remise en question des normes sont des thèmes constants.

LE PRIX DE L’HONNÊTETÉ : LE CŒUR MIS À NU DEVANT LA FRANCE

En se confiant avec une telle honnêteté, Zazie prend le risque de choquer une partie du public, celle qui est attachée aux figures féminines lisses et sans aspérités. Mais son geste est avant tout un acte de générosité et un legs. Il offre aux femmes, et plus particulièrement à celles qui sont confrontées aux injonctions du couple à un âge avancé, la permission d’être honnêtes avec elles-mêmes.

Sa confession sur ses « très bons amants » est une célébration de la vie qui ne s’arrête pas à la monogamie ou à la structure familiale. Elle incite à revoir la notion d’« histoire longue » : elle peut être courte mais fondamentale, si elle permet un bond en avant dans la connaissance de soi. Le guitariste Philippe Paradis, son dernier compagnon officiel, comme le musicien Fabien Cahen, sont restés des figures importantes, preuve que l’amour, même achevé, peut laisser place à une profonde amitié et une estime mutuelle. Mais c’est aux côtés des « très bons amants », et dans la solitude choisie, que Zazie a trouvé l’ultime forme de liberté.

À 61 ans, Zazie prouve qu’il n’y a pas d’âge pour sa propre révolution. En partageant sa vérité sur l’amour, la sexualité et le bonheur du célibat, elle apporte une bouffée d’air frais à un discours public souvent trop édulcoré. Elle est l’icône d’une nouvelle génération de femmes qui n’ont plus peur de dire : « J’aime les hommes, j’aime le plaisir, mais j’aime par-dessus tout ma liberté. » Cette fraîcheur est une victoire, et son témoignage, un cadeau d’une valeur inestimable pour toutes celles qui se cherchent encore.