Véronique Zidane : Le Cri du Cœur de l’Épouse de Zizou et la Vérité derrière le Mythe du Couple « Parfait »

Zinedine Zidane bientôt à l'honneur d'une exposition étonnante - Elle

« J’ai été la femme d’un homme admiré par la planète entière, mais j’ai oublié qui j’étais. » Cette phrase n’a pas été murmurée dans le secret d’un cabinet de psychologue. Elle a été prononcée publiquement par Véronique Zidane, à 54 ans. Pour beaucoup, ce fut un séisme. Pendant plus de trois décennies, le couple Zidane a incarné une perfection silencieuse, loin des scandales et des tabloïds. Mais derrière cette image lisse de l’épouse idéale, toujours élégante et en retrait, quelque chose s’est lentement fissuré.

Pendant des décennies, Véronique Zidane s’est tenue loin des projecteurs, acceptant sans mot dire le rôle de pilier, de gardienne de l’équilibre familial. Personne ne semblait s’en inquiéter : après tout, n’était-ce pas le prix naturel à payer pour partager la vie d’une légende comme Zinédine Zidane ? Pourtant, cette confession courageuse vient remettre en question l’idée que le silence est forcément synonyme de bonheur. C’est l’histoire d’une usure progressive, d’un effacement identitaire au nom de la loyauté et de l’amour.

Véronique Fernandez : Avant le Nom, une Passion

Pour comprendre ce sentiment d’oubli, il faut revenir à l’époque où Zizou n’était encore qu’un jeune joueur réservé. Véronique Fernandez, fille d’une famille modeste d’origine espagnole à Rodez, était une jeune femme animée par une passion viscérale : la danse contemporaine. Pour elle, le corps était un langage, une promesse de liberté. Lorsqu’elle rencontre Zinédine à Cannes, à la fin des années 1980, ils sont deux adolescents pleins de rêves. Leur amour se construit sur l’égalité, avant que la gloire mondiale ne vienne déséquilibrer la balance.

Au fil des succès de Zinédine — de Bordeaux à Madrid en passant par Turin — les priorités ont changé. Naturellement, sans ultimatum mais par la force des choses, Véronique a mis sa carrière entre parenthèses. Elle est devenue la gestionnaire du quotidien, celle qui encaisse les tensions, gère les enfants et protège l’idole nationale. La danse est devenue un souvenir rangé dans un coin de sa mémoire, tandis qu’elle absorbait les pressions d’un monde qui ne regarde que l’homme.

Le Poids du Silence et la Prise de Conscience

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Le témoignage de Véronique Zidane, accordé avec une pudeur extrême au magazine Madame Figaro, n’est pas une plainte ni un règlement de comptes. C’est un acte de survie. Elle y décrit comment elle a pris l’habitude de « ne pas déranger », de passer toujours après, jusqu’à devenir étrangère à elle-même. Cette charge émotionnelle silencieuse, souvent minimisée, est le lot de nombreuses femmes vivant dans l’ombre d’hommes puissants.

Ce qui rend ce récit bouleversant, c’est aussi la réaction de Zinédine Zidane. Loin de nier ou de se justifier, le champion a reconnu avoir été « aveugle » par habitude. Sa réponse — « Ma victoire la plus précieuse, c’est elle » — marque un tournant. L’homme habitué au contrôle a accepté de poser l’armure pour entendre la vérité de celle qui l’accompagne depuis toujours.

Une Mutation et une Renaissance à Deux

Depuis cet aveu, le couple Zidane a entamé une véritable mutation. Zinédine a réduit ses engagements, refusant des postes prestigieux pour privilégier sa présence familiale et soutenir les projets de sa femme. « Elle m’a suivi partout, maintenant c’est à mon tour de la suivre », a-t-il confié. Ce renversement de posture a permis à Véronique de retrouver sa propre trajectoire.

Aujourd’hui, elle recommence à danser dans la discrétion d’un studio du sud de la France. Elle coanime des ateliers de danse libre pour des femmes en reconstruction, utilisant son expérience pour aider les autres à ne plus s’oublier. Le couple ne fonctionne plus comme une forteresse fusionnelle, mais comme deux individus qui se respectent et s’autorisent à exister séparément.

L’histoire de Véronique Zidane n’est pas celle d’une rupture, mais d’une réinvention. En osant dire qu’elle s’était perdue, elle n’a pas seulement humanisé le mythe de son mari ; elle a rappelé une vérité universelle : aimer ne devrait jamais signifier disparaître. Son parcours est une invitation pour chacun à se demander, au milieu du tumulte de la vie : « Et moi, qui suis-je vraiment ? »