Mort d’Émile : Deux vélos saisis chez les grands-parents, l’enquête s’oriente vers un nouveau choc fatal

L’enquête sur la mort du petit Émile, ce garçonnet de deux ans et demi disparu tragiquement en juillet 2023 au Haut-Vernet, vient de connaître un tournant majeur. Plus de deux ans après les faits, la section de recherche de Marseille est revenue par deux fois en moins de huit jours au domicile des grands-parents. Selon des informations révélées par BFMTV, les gendarmes sont repartis avec deux vélos, des objets qui sont désormais au cœur des investigations techniques les plus pointues.

Cette nouvelle étape franchie par les enquêteurs ne doit rien au hasard. Elle fait suite à un rapport crucial d’un anthropologue qui a analysé le crâne de l’enfant, retrouvé en mars 2024. Ce rapport a mis en évidence une lésion spécifique au niveau de l’os zygomatique droit, près de l’œil, identifiée comme la cause probable du décès. Face à ce traumatisme facial violent, les experts tentent désormais de déterminer l’origine du choc. L’hypothèse d’une intervention humaine est privilégiée, excluant a priori l’attaque d’un animal ou un simple accident de la route avec une voiture.

La question qui hante désormais le dossier est simple : un vélo a-t-il pu percuter l’enfant ou servir d’arme par destination ? Les spécialistes de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) vont passer ces deux vélos au peigne fin pour vérifier si l’une de leurs parties peut correspondre à la blessure relevée sur le petit Émile. Les enquêteurs cherchent à savoir si le choc a été volontaire, involontaire, ou s’il s’agit d’un tragique accident domestique maquillé par un déplacement de corps, une thèse déjà accréditée par l’analyse du biotope sur le lieu de la découverte.

Interrogé sur cette perquisition “intrusive”, Maître Julien Pinelli, l’avocat de la grand-mère d’Émile, a confirmé que ses clients étaient présents lors de l’opération. S’il tempère l’importance de ces saisies, rappelant que ces vélos étaient déjà accessibles lors des gardes à vue de mars dernier, il souligne que les grands-parents sont “satisfaits de voir que les investigations avancent”. Pour la famille, chaque porte fermée et chaque vérification effectuée est un pas de plus vers une vérité qu’ils attendent avec une angoisse mêlée d’espoir.

Le Haut-Vernet, ce petit hameau des Alpes-de-Haute-Provence, reste figé dans l’attente. Les vélos saisis vont maintenant parler, livrant peut-être le secret de ce “traumatisme facial violent” qui a coûté la vie à Émile. Alors que de nouvelles demandes d’investigations complémentaires seront déposées en janvier par les parties civiles, la justice semble plus que jamais déterminée à reconstituer les dernières minutes de la vie du garçonnet, entre la maison de ses grands-parents et le bas du village où il a été vu pour la dernière fois.