Monaco en Deuil : Philippe Junot, Premier Mari et Grand Amour de Jeunesse de la Princesse Caroline, s’éteint à 85 ans

C’est une page de l’histoire monégasque qui se tourne, une page écrite à l’encre de la passion, de la rébellion et du glamour des années 70. Philippe Junot, l’homme qui restera à jamais dans les mémoires comme le premier mari de la princesse Caroline de Monaco, est décédé ce vendredi matin à Madrid, à l’âge de 85 ans. La triste nouvelle a été annoncée par sa fille, Victoria Junot, plongeant le Rocher dans une nostalgie douce-amère.

La Fin d’un Gentleman Playboy

Loin des fastes de la Principauté, c’est dans la capitale espagnole, où il avait élu domicile depuis de nombreuses années, que Philippe Junot a tiré sa révérence. L’ancien promoteur immobilier, fils du député et haut fonctionnaire Michel Junot, a succombé à l’âge, laissant derrière lui quatre filles – Victoria, Isabelle, Alexis et Chloé – et le souvenir d’un homme qui a croqué la vie à pleines dents.

Sur les réseaux sociaux, l’hommage de sa fille Victoria a été d’une sobriété poignante, rappelant que derrière l’image publique du séducteur se cachait un père aimant et dévoué. Mais pour le grand public, Philippe Junot restera éternellement ce dandy au sourire enjôleur qui a osé défier le protocole pour aimer une princesse.

1978 : Le Mariage de la Rébellion

Il est impossible d’évoquer Philippe Junot sans se replonger dans l’été 1978. À l’époque, Caroline de Monaco n’a que 21 ans. Elle est la “petite fiancée de l’Europe”, belle, impétueuse, et follement éprise de cet homme de 17 ans son aîné. Philippe Junot a tout pour déplaire au prince Rainier III : il est un “bon vivant”, un roi de la nuit parisienne, un homme d’affaires dont la réputation sulfureuse inquiète le souverain.

Mais Caroline tient bon. “Envers et contre tous”, et surtout contre l’avis de son père, elle impose son choix. Le mariage, célébré le 28 juin 1978, est un événement mondial. Les images de la jeune princesse au bras de son “vieux lion” (comme on le surnommait parfois pour sa chevelure et son charisme) font le tour de la planète. C’est le triomphe de l’amour sur la raison d’État, du moins le croit-on.

L’union, hélas, sera de courte durée. Deux ans plus tard, en 1980, le couple divorce. Il faudra ensuite une longue bataille de douze ans pour que le Vatican accepte d’annuler ce mariage religieux, permettant à Caroline de tourner la page et d’épouser Stefano Casiraghi.

Une Vie Après le Rocher

Si son passage dans la famille Grimaldi fut bref, il marqua Philippe Junot à vie. Pourtant, l’homme ne s’est jamais laissé enfermer dans ce rôle d’ex-mari princier. Il a su rebondir, reconstruire sa vie loin des projecteurs incessants. Il s’est remarié avec le mannequin danois Nina Wendelboe-Larsen, mère de trois de ses enfants, avant de divorcer à nouveau.

Homme d’affaires avisé, parfois controversé – son nom a été cité en marge de l’affaire Madoff, rappelant ses liens avec la haute finance internationale –, il a surtout consacré la seconde partie de sa vie à sa famille. Récemment, on l’avait vu rayonnant au mariage de sa fille Isabelle, devenue marquise de Cubas, prouvant qu’il n’avait rien perdu de sa superbe ni de son élégance naturelle.

Le Souvenir d’une Époque Dorée

Aujourd’hui, alors que la nouvelle de sa mort se répand, c’est toute une époque qui remonte à la surface. Celle des nuits sans fin chez Castel, des courses automobiles, d’une insouciance qui semble désormais lointaine. Philippe Junot incarnait cette joie de vivre, ce refus des conventions.

Pour Caroline de Monaco, même si la vie les a éloignés et que d’autres amours ont suivi, la disparition de Philippe Junot marque la perte du témoin de sa jeunesse fougueuse. Il était celui avec qui elle avait voulu s’affranchir, celui pour qui elle avait bravé l’autorité paternelle.

Philippe Junot s’en est allé discrètement, comme pour ne pas déranger, lui qui avait fait tant de bruit. Il laisse l’image d’un homme libre, qui a traversé l’existence avec panache. Adieu l’artiste, adieu le playboy. Le Rocher ne vous a jamais vraiment oublié.