“Michèle Bernier (La Stagiaire) : ‘J’aime parler de la justice d’une autre manière’ – L’actrice dévoile sa vision unique du système judiciaire et de son rôle dans la série à succès.”


Michèle Bernier François Lefebvre – FTV

ENTRETIEN – La comédienne célèbre ses dix ans dans la série à succès de France 3 avec une nouvelle saison qui promet des rebondissements.

Voilà dix ans que Michèle Bernier  incarne le personnage de Constance Meyer dans La Stagiaire . Ce mardi 26 août, la comédienne fait son retour sur France 3 pour le lancement de la saison 10 de la série à succès.

LE FIGARO TV MAGAZINE. – Que représente pour vous cet anniversaire ? 
Michèle BERNIER. – C’est une magnifique surprise et une joie de participer à une série qui dure depuis dix ans et à laquelle le public est tant attaché.

Aviez-vous imaginé, au lancement de la série, un tel succès ?
On l’espère mais on ne peut pas l’imaginer. On démarre toujours en se disant, « Essayons de faire le mieux possible » en apportant quelque chose qui soit juste dans notre travail et dans nos personnages. On souhaite que le public soit au rendez-vous. Il l’est depuis toutes ces années, ça paraît toujours fou.

Qu’est-ce qui fait que vous ne vous êtes pas lassée au fil des années ?
Je ne me lasse pas d’être Constance Meyer. J’aime beaucoup mon personnage et l’idée de parler de la justice d’une autre manière. C’est du polar mais pas du policier, on navigue dans d’autres sphères. Et puis, je trouve que nos scénaristes sont assez forts à chaque fois pour trouver des situations nouvelles et traiter de sujets de société.

Discutez-vous avec les scénaristes de l’évolution de votre personnage ?
On se connaît et on s’entend très bien donc on se parle évidemment. Ils viennent me soumettre ce qu’on appelle les arches, c’est-à-dire le fond de la saison et on est souvent plutôt d’accord. Ce sont des conversations sur une idée, un personnage, je n’interviens pas de manière abrupte.

Selon vous, comment votre personnage a-t-il évolué au fil des saisons ?
Constance Meyer a pris de plus en plus de confiance en elle par rapport à son métier. Avec le juge Delcourt, joué par Antoine Hamel, elle a construit une relation de respect et presque d’amitié au fil du temps. La confiance qu’il y a entre eux est très importante. Quant à la famille de Constance, elle est comme tout le monde avec des problématiques universelles comme les soucis avec les enfants, leur départ de la maison… C’est ce que j’aime bien.

Que va-t-il se passer pour les personnages dans cette nouvelle saison ? 
Dans la sphère personnelle, les enfants vont avoir envie de vivre leur vie, ce qui est normal. Mais ça va être un peu compliqué pour Constance et Marc d’accepter leur départ. Au niveau des enquêtes, on aborde différents sujets comme d’habitude. Quant au juge Delcourt, il s’est lancé dans l’écriture de romans et comme ça marche, il va devoir faire un choix : devenir écrivain ou rester juge… Beaucoup de choses vont se passer.

La série est un succès d’audience. La rediffusion d’un épisode a même battu la finale d’«Intervilles»…
C’est vraiment incroyable comme le public adore la série. Je pense qu’ils aiment cette famille et ces personnages. Et puis, comme je le disais, ce n’est pas une série de flics, c’est davantage centré sur la manière dont fonctionne la justice. Il y a un bel équilibre entre du drame – avec un crime – mais aussi de la comédie. Le programme est donc plus facilement regardable en famille.

« On a réussi à rentrer dans le cœur des gens »

Michèle Bernier

Quel retour avez-vous des téléspectateurs ?
On me dit régulièrement : « J’étais chez ma mère en vacances, elle regarde votre série. Je ne connaissais pas et c’est vachement bien». Ce rôle fait partie de ma vie de comédienne. Ça fait plaisir de voir à quel point on a réussi à rentrer dans le cœur des gens. C’est magnifique ! Et puis les fans n’aiment pas quand ça se passe mal, quand on se dispute ou quand on n’y arrive pas, c’est drôle.

Dans cette saison 10, Antoine Hamel co-réalise un épisode. Comment s’est passé le tournage ?
Il avait envie de se tester à la réalisation, il a certainement une idée derrière la tête. J’étais très enthousiaste. Ce n’était pas facile pour lui parce qu’il n’avait pas du tout envie d’être un empêcheur de tourner en rond et, en même temps, il était très attentif, très professionnel. Moi, j’ai trouvé qu’il avait un bon regard. Ses propositions étaient justes. C’était très agréable.

Quel lien avez-vous tissé avec vos partenaires ? 
On s’aime beaucoup. Je ne dis pas qu’on se fréquente tous les matins, mais on s’adore. On regarde tout ce que fait l’autre. Franchement, je le dis sans hypocrisie, on est devenu une chouette famille.

Lors de cette saison, Olivier Sitruk avec qui vous avez longtemps joué au théâtre joue un guest. Était-ce votre idée ?
La rencontre avec Olivier était tellement géniale au théâtre… Quand on m’a parlé du scénario, je me suis dit que ce serait chouette de retrouver Olivier. La production était d’accord, la chaîne aussi. Olivier incarne un personnage étonnant, un peu antipathique tandis que Constance, de son côté, est en immersion totale. C’était un épisode assez inattendu dans La stagiaire. On s’est régalé. C’était un bonheur de retrouver Olivier.

Avez-vous, d’ailleurs, des projets de théâtre ? 
J’ai joué jusqu’à début avril, la pièce Lily et Lily. On repart en tournée en janvier, pour trois mois et demi, dans la France mais aussi en Suisse et en Belgique.

Quels sont vos projets télévisés ? 
Je vais tourner dans une adaptation du Mystère de la chambre jaune, pour TF1 avec Benjamin Baroche, Tchéky Karyo et Barbara Schultz. À la rentrée, je serai aussi dans la mini-série Le Parfum du Bonheur adaptée du livre de Virginie Grimaldi pour France Télévisions. C’est une saga familiale, tendre et drôle, réalisée par Baya Kasmi, avec Caroline Anglade, Julia Faure, Félix Moati, Michel Boujenah et moi.

Vous avez récemment parlé de la dépression que vous avez traversée dans une émission sur la santé mentale sur M6…
Je trouvais bien de pouvoir s’exprimer là-dessus et surtout de déculpabiliser les gens qui ne vont pas bien. On est toujours en train de dire que c’est de leur faute. Les gens m’ont remercié d’avoir parlé. Parfois, on livre deux ou trois choses et ça peut aider les gens à se sentir mieux et à décider de se prendre en main.

Un petit mot sur votre fille qui a épousé la même carrière que vous. Que pensez-vous de son parcours ?
Je suis impressionnée. Elle est forte, elle se débrouille toute seule. Elle fait tout sans sa mère, sans aucun piston, juste grâce à son talent. C’est sa passion et je trouve son parcours absolument sans faute. En plus, elle fait les choses avec beaucoup de sincérité. Cela me fait très plaisir.

Pourriez-vous monter sur les planches ensemble ? 
Peut-être un jour. Mais il faut trouver le bon projet et ne pas faire les choses juste pour les faire.