« Mensonges », « trahison », « silence complice » : à 90 ans, la fureur intacte de Brigitte Bardot contre le couple Macron

Elle n’est plus seulement une icône du cinéma. Elle est devenue un symbole, une conscience. À 90 ans, Brigitte Bardot, loin de l’apaisement que l’on prête au grand âge, conserve une flamme intacte. Une flamme qui, aujourd’hui, se transforme en un véritable incendie dirigé contre le plus haut sommet de l’État. Dans une récente sortie médiatique qui résonne comme un tremblement de terre, l’éternelle défenseure des animaux n’a pas mâché ses mots à l’encontre d’Emmanuel et Brigitte Macron. L’accusation est frontale, la colère palpable : elle dénonce ce qu’elle qualifie de « mensonges éhontés » et d’« hypocrisie » institutionnelle.

Cette déclaration n’est pas un simple coup de sang ; c’est un réquisitoire. Bardot, qui a consacré plus de quarante ans de sa vie à être la « voix indomptable des sans-voix », se sent trahie. Trahie par un gouvernement qu’elle accuse de jouer un « double jeu » pervers. « Ils parlent d’amour des animaux, mais leurs actions sont une trahison permanente de cette promesse », a-t-elle fustigé, sa voix chargée d’une amertume qui en dit long sur sa déception.

Pour comprendre la portée de cette attaque, il faut saisir qui est Brigitte Bardot en 2025. Elle n’est plus la starlette insouciante de Saint-Tropez. Elle est une « guerrière infatigable ». Chaque souffle, chaque prise de parole est dédié à son unique combat : la défense des bêtes maltraitées, la lutte contre la chasse à courre, les abattoirs industriels, les corridas et l’expérimentation animale. Elle n’a plus rien à prouver, rien à gagner. Elle ne cherche ni la gloire ni les projecteurs ; elle cherche la justice. Cette authenticité brute, cette sincérité sans filtre, est précisément ce qui rend sa parole si rare et si puissante. Quand Bardot parle, la France écoute, et le pouvoir tremble.

Le premier visé par cette colère est le Président de la République. Emmanuel Macron, selon elle, est le maître d’une supercherie organisée. « Il caresse les Français dans le sens du poil avec de beaux discours sur la compassion animale, tout en autorisant les pires horreurs derrière les portes closes », lance-t-elle. Son jugement est sans pitié : elle voit en lui « un président du profit, pas de la compassion ».

Bardot articule sa critique autour de dossiers brûlants. D’abord, la chasse, qu’elle qualifie de « crime légal sous couvert de tradition ». Elle accuse le gouvernement Macron de céder aux « lobbies puissants », de réduire les sanctions contre les chasseurs et d’autoriser des pratiques qu’elle juge « ignobles et barbares ». Sa phrase, devenue un slogan pour de nombreux militants, résume sa pensée : « Les chasseurs gouvernent plus que les ministres ».

Ensuite, les « usines à souffrance ». C’est ainsi qu’elle nomme les élevages intensifs. Elle dépeint un tableau d’apocalypse : « Des millions d’animaux vivent dans l’obscurité, entassés, mutilés, affamés de liberté pendant que le gouvernement ferme les yeux ». Enfin, l’expérimentation animale. L’icône s’indigne de l’« indifférence de l’État » face aux laboratoires français : « Comment peut-on prétendre à la modernité, à la science, quand on torture encore des êtres vivants au nom du progrès ? ».

Mais la fureur de Brigitte Bardot ne s’arrête pas aux portes du bureau présidentiel. Elle vise avec une égale intensité la Première dame, Brigitte Macron. Là où beaucoup voient une figure bienveillante et cultivée, Bardot ne perçoit qu’un « vernis ». L’attaque est personnelle et dévastatrice. « Elle sourit aux caméras, parle d’éducation et d’humanité, mais reste muette sur la souffrance animale », accuse-t-elle, avant de livrer le coup de grâce : « Ce silence est une complicité ».

Pour l’ancienne actrice, cette passivité est une faute morale impardonnable. Elle estime que Brigitte Macron, par sa position et son influence supposée sur son mari, a un devoir d’agir. « Elle a le pouvoir d’influencer son mari, mais elle ne le fait pas. Son silence est insupportable », insiste-t-elle. Dans l’esprit de Bardot, on ne peut pas assister à la souffrance sans agir. Cette absence d’engagement de la Première dame est, à ses yeux, une faillite éthique.

Face à cette sortie au vitriol, le séisme médiatique a été immédiat. Les réseaux sociaux se sont embrasés, divisant la France en deux camps : ceux qui saluent son courage indéfectible et ceux qui dénoncent son intransigeance. Mais, comme toujours avec Bardot, personne ne reste indifférent. Du côté de l’Élysée, la réaction est celle de l’irritation. Des conseillers auraient tenté de « minimiser » les propos, évoquant une « vision déformée » ou une « méconnaissance des efforts entrepris ».

Des tentatives de défense que l’entourage de Bardot balaie d’un revers de main, les jugeant « dérisoires » face à la force émotionnelle du discours. Car Bardot ne parle pas en technicienne ou en politicienne ; elle parle en « témoin ». Elle est la femme qui a vu de ses propres yeux, dans les refuges, dans les abattoirs, la souffrance que l’on préfère cacher. Elle ne négocie pas avec la vérité, elle la tranche.

Ce qui se joue ici dépasse la simple polémique. C’est une confrontation symbolique, presque philosophique, entre deux visions du monde. D’un côté, celle incarnée par Emmanuel Macron : la logique du progrès, du réalisme économique, du compromis politique. De l’autre, celle de Brigitte Bardot : la logique du cœur, de la compassion absolue, du respect inconditionnel du vivant. Deux France qui ne se comprennent plus, car elles ne reposent pas sur les mêmes valeurs.

Bardot, elle, a choisi son camp depuis longtemps. Elle a vu passer les présidents, de Mitterrand à Hollande, et à chaque fois, elle a entendu les « mêmes promesses » suivies des « mêmes trahisons ». Cette lucidité douloureuse l’a rendue hermétique au langage politique. Elle ne croit plus aux discours, seulement aux actes. Et les actes, selon elle, ne suivent pas.

À 90 ans, certains auraient choisi la tranquillité et le silence. Elle continue de rugir. Son engagement est sa respiration. Elle est devenue, plus qu’une personnalité, le symbole de la conscience française face à l’inaction du pouvoir. Loin des intrigues parisiennes, depuis La Madrague transformée en sanctuaire, elle continue d’écrire, d’appeler, de dénoncer. Elle incarne une forme de résistance morale que même ses adversaires sont contraints de respecter.

On pourrait la caricaturer en vieille dame en colère, déconnectée des réalités modernes. Mais ceux qui l’écoutent vraiment y voient autre chose : une prophétesse du réel, une femme qui a compris avant tout le monde que notre humanité se mesure à notre capacité à protéger les plus vulnérables. Elle ne cherche pas à plaire, elle cherche à réveiller.

Sa voix, marquée par le temps mais vibrante de cette colère noble, ne gronde pas de haine, mais d’un amour inconditionnel pour la vie. Elle ne demande pas la pitié, elle exige l’action. « Je ne veux pas qu’on me plaigne, je veux qu’on m’écoute », répète-t-elle. Dans un monde anesthésié par l’indifférence, sa voix fière et inébranlable continue de retentir, rappelant à la France qu’elle a un devoir moral envers la vie, sous toutes ses formes. Et ce rappel, adressé au couple présidentiel, sonne aujourd’hui comme un ultimatum.