“Lily et Lily”: sur France 2, la comédie de boulevard hilarante mais délicieusement désuète revient en fanfare, déclenchant fous rires, nostalgie, critiques acerbes, et révélations croustillantes sur les coulisses d’un spectacle télévisé qui divise autant qu’il fascine ce soir, immanquable.

“Lily et Lily” : sur France 2, une comédie de boulevard drôle, mais un peu désuète

Sur France 2, la nouvelle comédie de boulevard “Lily et Lily” s’invite dans le paysage télévisuel avec un humour classique et des personnages hauts en couleur. Le concept est simple, mais efficace : Michèle Bernier incarne deux jumelles américaines que tout oppose. L’une, Lily, est une star hollywoodienne capricieuse, audacieuse et libérée des années 1930 ; l’autre, Deborah, est l’incarnation de la puritaine modèle, épouse soumise d’un austère pasteur du Minnesota.

Les téléspectateurs les plus anciens se souviendront avec émotion des performances légendaires de Jacqueline Maillan (1923-1992) dans ce type de double rôle. L’actrice, symbole du théâtre de boulevard comique, avait marqué les esprits par sa capacité à jongler entre extravagance débridée et pudeur effarouchée, faisant vibrer le public à chacune de ses apparitions. Michèle Bernier s’attaque aujourd’hui à ce même défi avec une imperturbable efficacité.

Ce que l’on remarque d’emblée, c’est la capacité de Bernier à camper des personnages diamétralement opposés sans jamais tomber dans la caricature grossière. Lily, star hollywoodienne adulée mais capricieuse, parfois alcoolique et nymphomane, est rendue avec un humour pétillant et un sens du timing impeccable. Deborah, quant à elle, séduit par sa naïveté et son austérité, mais aussi par une humanité touchante. L’alchimie entre ces deux facettes crée des situations comiques qui rappellent les duels burlesques de jadis, entre quiproquos, malentendus et dialogues bien sentis.

Pourtant, si l’ensemble fait sourire, il conserve un charme quelque peu désuet. L’intrigue reste fidèle aux codes du boulevard traditionnel : situations absurdes, dialogues répétitifs, et ressorts comiques parfois prévisibles. On sent que la pièce s’adresse à un public nostalgique, habitué aux classiques des Barillet et Grédy, maîtres du théâtre comique français des années 1960 à 1980. Les références à cette époque, le style de mise en scène et le rythme particulier confèrent à l’œuvre un côté vintage, qui séduira autant qu’il pourra sembler daté aux spectateurs modernes.

Le véritable atout de “Lily et Lily” réside dans la performance de Michèle Bernier. Avec son humour goguenard et sa gouaille naturelle, elle réussit à insuffler de la modernité à des personnages intrinsèquement classiques. Sa capacité à alterner entre l’exubérance de Lily et la rigidité de Deborah permet de maintenir l’attention du spectateur malgré un scénario aux accents prévisibles. Elle incarne à merveille ce type de femme forte, drôle et attachante, capable de rappeler les grandes heures du théâtre comique tout en ajoutant sa propre touche.

En somme, “Lily et Lily” est une comédie de boulevard qui respecte les codes du genre tout en offrant un jeu d’actrice solide et agréable. Elle n’invente rien, ne révolutionne pas la télévision française, mais propose un moment de divertissement sûr et convivial. Les amateurs de théâtre de boulevard retrouveront avec plaisir l’esprit des classiques, tandis que les nouveaux venus pourront découvrir un genre qui a marqué plusieurs générations.

En conclusion, si l’on doit résumer cette pièce en quelques mots : drôle, charmante et légèrement désuète. Un divertissement familial qui, grâce à Michèle Bernier, parvient à dépasser ses limites de prévisibilité et à rappeler l’importance d’un humour bien rôdé, intemporel et universel.