Les Funérailles de Brigitte Bardot : Pourquoi l’Absence de Macron et la Présence de Le Pen Signent l’Ultime Controverse d’une Icône

Saint-Tropez, le 7 janvier 2026. Les cloches de l’église Notre-Dame de l’Assomption sonnent le glas, mais elles ne couvrent pas le murmure qui parcourt la foule massée derrière les barrières de sécurité. En ce jour d’adieu à Brigitte Bardot, ce n’est pas seulement le chagrin qui pèse sur la cité corsaire, c’est une atmosphère électrique, chargée de non-dits et de symboles politiques. Car au premier rang de cette cérémonie strictement privée, un siège brille par son vide : celui du Président de la République.

Emmanuel Macron n’est pas là. L’homme qui avait pourtant salué la mémoire de la star quelques jours plus tôt en la qualifiant de “légende française” est resté à Paris. À sa place, ou plutôt en contrepoint flagrant de cette absence officielle, une autre silhouette politique attire tous les regards et les objectifs des rares photographes accrédités : Marine Le Pen.

Le Rendez-Vous Manqué de la République

Comment expliquer qu’une figure aussi colossale que Brigitte Bardot, visage de la Marianne, ambassadrice mondiale du charme français, parte sans les honneurs de l’État ? La réponse est double, mêlant l’intime et le politique.

Officiellement, l’Élysée a fait le geste. Une proposition d’hommage national a bien été mise sur la table, comme il est d’usage pour les monstres sacrés de la culture. Mais la famille de la star, respectant scrupuleusement ses dernières volontés, a opposé une fin de non-recevoir. B.B. ne voulait pas de l’hypocrisie mondaine, elle ne voulait pas de discours officiels prononcés par des hommes en costume qu’elle avait passé sa vie à insulter pour leur inaction envers les animaux. Ce refus familial a offert une porte de sortie “honorable” à l’État : le Président ne vient pas car il n’a pas été invité à présider.

Mais officieusement, cette absence arrange tout le monde. Bardot n’était pas une icône lisse. Ses prises de position tranchées, ses condamnations pour incitation à la haine raciale, son soutien affiché à l’extrême droite, rendaient un hommage républicain périlleux pour un président en exercice. En restant à distance, Emmanuel Macron évite le piège de célébrer une personnalité qui fracturait la société.

Marine Le Pen : La Fidélité Controversée

Le vide laissé par l’État est immédiatement comblé par la présence de Marine Le Pen. Ce n’est pas un hasard, ni une récupération politique de dernière minute, mais la suite logique d’une relation assumée. Bardot n’a jamais caché sa sympathie pour la leader du Rassemblement National, allant jusqu’à la comparer à une “Jeanne d’Arc moderne”.

Voir Marine Le Pen entrer dans la petite église de Saint-Tropez alors que le représentant de la Nation est absent agit comme un révélateur puissant. Cela souligne à quel point Bardot était devenue une icône “hors système”, une rebelle qui préférait la marge politique au consensus républicain. Ce 7 janvier, Saint-Tropez devient le théâtre d’une France divisée, où la mémoire d’une star se joue entre l’adhésion militante et la prudence institutionnelle.

Un Adieu “Cadenassé” mais Populaire

Loin de ces considérations politiques, le peuple, lui, est là. Massé devant des écrans géants installés sur le port et la place des Lices, il vit la cérémonie par procuration. C’est le dernier paradoxe de cette journée : une communion populaire organisée autour d’un événement dont le public est physiquement exclu.

La cérémonie est sobre, rapide, presque austère. Pas de fleurs excessives, pas de musique grandiloquente. Juste le recueillement d’un cercle restreint. Puis, direction le Cimetière Marin, pour une inhumation à huis clos absolu. Là encore, Bardot échappe aux regards. Elle a voulu que sa mort soit à l’image de sa fin de vie à La Madrague : derrière des murs, protégée, inaccessible.

Une Légende qui ne s’Apprivoise Pas

Que retiendra-t-on de ce 7 janvier 2026 ? Que l’État français ne sait pas quoi faire de ses légendes quand elles refusent de rentrer dans le rang. L’absence d’Emmanuel Macron n’est pas une insulte à la mémoire de Bardot, c’est peut-être, ironiquement, le plus bel hommage à sa liberté. Elle n’a jamais cherché à être consensuelle. Elle n’a jamais voulu être la petite fiancée de la France bien-pensante.

En mourant sans hommage national, en ayant Marine Le Pen à ses côtés plutôt que le Président, Brigitte Bardot reste fidèle à elle-même jusqu’à la dernière seconde. Elle nous rappelle qu’une icône n’appartient pas aux ministères, mais à ceux qui l’aiment, avec ses parts d’ombre et de lumière. Aujourd’hui, la Marianne a quitté le buste officiel pour redevenir, à jamais, la femme sauvage et indomptable qui préférait les animaux aux présidents.