Le Choc Économique : « Séparer l’État de l’Église Capitaliste » – L’Économiste qui veut créer 1500 milliards d’euros et supprimer la dette par la monnaie ex nihilo

L’économie, cette science réputée austère et technique, s’est récemment transformée en champ de bataille idéologique, et même en tribune théologique. Un économiste, qui a enseigné pendant des décennies à l’université, s’est livré à une analyse décapante, non seulement du système monétaire, mais du capitalisme lui-même, qu’il a qualifié de « religion » dogmatique. Son propos, d’une radicalité rare, remet en cause l’axiome fondamental qui gouverne nos vies : la monnaie et le salaire sont-ils le résultat de la production, ou devraient-ils en être le préalable ? Cette question, loin d’être un simple jeu intellectuel, conduit à une proposition explosive : créer 1 500 milliards d’euros ex nihilo pour garantir un revenu universel substantiel et redéfinir la souveraineté économique.

L’objectif de cet expert n’est pas d’opérer une réforme de façade, mais de procéder à une véritable « déniaisation » des esprits, aliénés par un « catéchisme » économique qu’il qualifie de pure « religion ».

Le Salaire : Préalable et Non Résultat

La théorie économique classique, celle qui fonde nos institutions et nos réflexes, nous enseigne que le salaire est la juste rétribution d’un travail accompli, le résultat d’une production de valeur. Sans travail préalable, pas de paie ; sans valeur créée, pas de richesse.

L’économiste renverse cette logique de fond en comble. Pour lui, « le salaire, ça doit être le préalable de la production et non pas son résultat ». Cette inversion est le cœur de sa doctrine : si la richesse d’une nation réside dans son travail et sa nature, alors la valeur économique doit être libérée du joug de la bourgeoisie et de ses impératifs de rentabilité. Il s’agit de s’assurer que les travailleurs soient en capacité de travailler, et donc payés, avant même de commencer à produire.

Pour concrétiser cette vision, il propose une création monétaire massive, s’appuyant sur une donnée concrète : le revenu disponible actuel des ménages, qui s’élève à 1 500 milliards d’euros, englobant salaires, bénéfices, prestations sociales et revenus de la propriété.

Plutôt que d’attendre que ce revenu « revienne » aux citoyens après qu’ils aient produit, l’expert suggère d’en faire « la condition d’une production sur lequelle nous sommes souverains ».

Le calcul est simple et vertigineux : en créant ces 1 500 milliards d’euros et en les divisant par les 50 millions de personnes majeures en France, on arrive à une somme de 30 000 euros par personne et par an, soit une moyenne de 2 500 euros par mois. Cette manne serait distribuée dans une hiérarchie allant de 1 800 à 5 000 euros, instaurant un socle économique fort et permanent, détaché des aléas du marché.

Briser le Mythe du Financement : La Théorie Monétaire Moderne

Face à une telle proposition, le réflexe immédiat et universel, « Comment est-ce qu’on finance quelque chose d’aussi massif ? », est lui-même dénoncé comme le symptôme d’une aliénation.

L’économiste invite à se plonger dans la Nouvelle Théorie Monétaire (MMT, pour Modern Monetary Theory), notamment « sur le mythe du déficit ». Il explique qu’une fois que la question du financement est posée, nous sommes d’emblée « aliénés », car nous supposons implicitement, sous le joug du capitalisme, que pour distribuer des salaires, il doit déjà y avoir eu une production.

Or, la monnaie, dans un État souverain, « elle se fait ex nihilo ». Pour extraire des matières premières, pour transporter, fabriquer des outils, ou produire de l’énergie, il ne faut que du travail et de la nature. Et pour que l’investissement se fasse, il ne faut que « des travailleurs en capacité de le faire, dont des travailleurs payés ».

Le point clé de cette théorie est la création monétaire ex nihilo et sans endettement. Le système actuel est fondé sur l’idée qu’avant toute production, il faut une avance en capital, laquelle se fait par dette (création monétaire par dette ou prêt des marchés financiers). L’expert s’insurge contre cette intériorisation de l’idée que les citoyens doivent d’abord « s’endetter » alors qu’ils sont les véritables producteurs de valeur.

Le Capitalisme, une Religion aux Dogmes Sacrés

La critique la plus percutante n’est pas strictement économique, elle est civilisationnelle et spirituelle. L’économiste abandonne les termes techniques pour dénoncer le capitalisme comme une véritable « religion », avec son « église capitaliste » et ses « grands prêtres ».

Ces grands prêtres sont les économistes orthodoxes, ceux qui enseignent les « dogmes » dans les grandes institutions comme le Collège de France. Pour l’expert, ce qu’ils enseignent n’est que pure « croyance » — un « catéchisme » appris par cœur —, mais qui est, hélas, largement partagé.

Le dogme central est celui de l’aliénation : « nous avons intériorisé le fait que il faut d’abord produire de la valeur pour pouvoir être payé ». Cette croyance nous rend esclaves de la dette et du capital. L’expert en appelle à un sursaut : « il y a un moment, il faut arrêter d’être croyant ».

La Laïcité Économique : Séparer l’État de l’Église Capitaliste

La laïcité, souvent dévoyée en France pour alimenter des polémiques sociétales, est convoquée pour sa fonction originelle : séparer l’État et l’institution religieuse.

L’expert propose une application radicale et inattendue de la loi de 1905 à l’économie. Il rappelle l’affaire du voile et la loi Chirac de 2003-2004, selon lui créée de toutes pièces pour « diviser ses adversaires » après des réformes des retraites impopulaires. Il dénonce un usage « raciste, islamophobe de la laïcité » par les « laïcards » et autres groupuscules, qui prétendument de gauche, sont fondamentalement de droite.

Ces mêmes groupes, ironise-t-il, ne s’étonnent pourtant pas que l’on enseigne la « religion capitaliste » dans les plus hautes sphères académiques. Or, cette religion-là est « la seule qui nous emmerde » et qui est « omniprésente dans l’État ».

Le véritable combat républicain, selon lui, n’est pas contre de faux séparatismes culturels, mais pour une véritable laïcité économique : « nous avons à séparer l’État de l’Église capitaliste ».

C’est là que la loi de 1905 doit s’appliquer : « la République ne doit ni reconnaître ni subventionner l’Église capitaliste ». Si un tel progrès était réalisé, il permettrait d’éviter la « fausse bagarre contre les séparatismes » qui n’est, selon le spécialiste, qu’une manifestation de « mépris vis-à-vis des catégories les plus populaires de ce pays ».

L’analyse de cet économiste est un appel à l’éveil, un plaidoyer pour une souveraineté monétaire et une liberté que seule la fin du dogme capitaliste peut offrir. En proposant de créer la monnaie nécessaire à la prospérité sans passer par la case endettement, il ne fait pas qu’une proposition technique ; il propose une révolution de la pensée, une sécularisation de l’État vis-à-vis de la croyance la plus puissante et la plus aliénante de notre temps : l’argent comme maître, et non comme outil. La question n’est plus : “comment financer ?” mais : “qui contrôle la croyance et la création de valeur ?”