« La Reine du Couscous » : Le Dérapage Raciste de Pierre-Jean Chalençon Contre Rachida Dati Chez Cyril Hanouna Provoque un Tollé et Saisit l’Arcom

Nouvelle émission, nouvelle chaîne, et pourtant, les vieilles habitudes ont la vie dure. Cyril Hanouna n’a pu échapper à une énième controverse suite à un dérapage choquant sur le plateau de son nouveau programme, Tout beau tout neuf, diffusé sur W9. L’invité en cause, le collectionneur d’art Pierre-Jean Chalençon, a provoqué une vague d’indignation en direct et sur les réseaux sociaux après avoir tenu un propos à connotation raciste à l’encontre de la ministre de la Culture, Rachida Dati.

L’incident, survenu mercredi soir, a instantanément relancé le débat sur les limites de l’humour et de la provocation dans les émissions du « trublion du PAF », et a rapidement conduit à une sanction officielle réclamée par l’opposition politique.

Le Dérapage Choquant en Direct

La séquence a eu lieu alors que l’équipe discutait d’un sujet d’actualité sérieux : le cambriolage du musée du Louvre. Interrogé sur cet événement, l’ancien propriétaire du Palais Vivienne, Pierre-Jean Chalençon, a dévié de façon inattendue en visant personnellement la ministre de la Culture.

Citant Rachida Dati, le collectionneur a lancé, hilare : « la reine du couscous ».

Loin d’être anodine, cette formule, qui fait référence de manière grossière et stéréotypée aux origines maghrébines de Rachida Dati, a provoqué un malaise immédiat. Si des rires ont pu être entendus dans le public, les chroniqueurs sur le plateau ont rapidement exprimé leur exaspération et leur indignation, conscients de la gravité du propos.

Laurent Fontaine, ancien animateur de TF1, a été le premier à réagir, répliquant sans détour : « Tu vois, c’est tout le problème avec toi, et c’est ce qui fait que tu n’es pas crédible. Tu n’as pas à sortir ça. » Valérie Benaïm, habituée des plateaux d’Hanouna, a exhorté l’invité à « retirer » ses propos.

Face à la pression, Pierre-Jean Chalençon s’est exécuté du bout des lèvres, avec une légèreté qui n’a fait qu’accentuer l’offense : « Oui, je retire ce que j’ai dit… mais on s’en fout, ce n’est pas ça le problème » [SNIPPET]. Cette tentative de minimiser la nature raciste de sa remarque a été perçue comme un manque de sincérité et de respect.

Indignation Politique et Saisine de l’Arcom

L’onde de choc du dérapage ne s’est pas limitée au plateau. Les réseaux sociaux ont immédiatement été inondés de messages d’indignation, dénonçant un racisme ordinaire et la complaisance dont bénéficient parfois ce genre de propos dans certaines émissions.

C’est dans la sphère politique que la réaction la plus concrète a eu lieu. Aurélien Saintoul, député du parti La France insoumise (LFI), a annoncé publiquement qu’il saisissait l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).

Pour le député, la responsabilité ne repose pas uniquement sur l’invité, mais également sur le diffuseur. Il a estimé que « le groupe M6 a fait venir Cyril Hanouna pour ce genre de débordement, il devra en assumer les conséquences » [SNIPPET]. La saisine de l’Arcom est un signal fort, l’autorité étant garante du respect des droits et libertés et de la dignité de la personne dans l’audiovisuel.

Hanouna et la Litanie des Polémiques

Cette affaire s’inscrit dans une liste déjà longue de controverses qui entourent l’animateur et sa galaxie de programmes. L’épopée des dérapages est telle que même la nouvelle émission sur W9, censée renouveler l’image de Cyril Hanouna, est diffusée en léger différé [SNIPPET]. Cette précaution est directement liée aux lourdes sanctions passées.

En mars dernier, C8, la chaîne historique d’Hanouna, avait été lourdement sanctionnée par l’Arcom après plusieurs séquences jugées problématiques. Ces sanctions financières et ces mises en garde répétées illustrent la difficulté constante de l’animateur à maîtriser les limites du tolérable sur ses plateaux.

Le dérapage de Pierre-Jean Chalençon, avec sa connotation raciste explicite, est un nouveau coup dur pour le groupe M6, qui doit désormais faire face à l’examen de l’Arcom. En dépit des précautions prises, le choix des invités et la nature des échanges sur le plateau continuent d’alimenter une culture de la provocation qui, pour ses détracteurs, franchit trop souvent la ligne rouge de la décence et de la légalité.

L’issue de la saisine de l’Arcom sera scrutée de près. Elle déterminera non seulement l’ampleur de la sanction financière ou de l’avertissement pour le diffuseur, mais marquera aussi, une fois de plus, les contours fragiles de la liberté d’expression à la télévision française.