La Métamorphose de Kendji Girac : “L’alcool est un poison”, ses confidences chocs sur sa nouvelle vie après la tragédie

Le 22 avril 2024. Cette date restera à jamais gravée dans la mémoire collective française comme le jour où l’image de l’éternel gendre idéal, du gitan souriant à la voix d’or, s’est brutalement fissurée. Ce jour-là, la France apprenait avec stupeur que Kendji Girac, l’idole de millions de personnes, avait été retrouvé grièvement blessé par balle dans sa caravane à Biscarrosse. Le pronostic vital était engagé.

Pendant des mois, le silence. Un silence assourdissant, seulement meublé par les rapports d’enquête, les spéculations et une vérité dérangeante : celle d’un “chantage au suicide” qui aurait mal tourné, sur fond d’alcool et de dispute conjugale. L’homme qui chantait la vida loca était en réalité un homme au bord du gouffre.

Aujourd’hui, six mois après la nuit qui a failli lui coûter la vie, Kendji Girac sort de l’ombre. Et ce n’est plus le même homme. Dans une interview confession accordée à Paris Match, le chanteur ne se contente pas de revenir sur le drame ; il dévoile une transformation radicale, une véritable renaissance née des cendres de son ancienne vie. Il parle avec une lucidité et une franchise désarmantes, loin de l’image lisse qu’on lui connaissait.

Le point de bascule de cette métamorphose n’est pas seulement la blessure physique, bien que terrifiante. La balle, tirée dans sa propre caravane, a frôlé le cœur et le poumon “à deux millimètres près”. Une question de millimètres entre la vie et la mort. Mais la véritable blessure, celle qui a nécessité une reconstruction profonde, était psychologique.

“J’ai pris une grosse claque”, confie-t-il, reconnaissant la gravité de son acte. La “grosse claque”, c’est l’euphémisme pour décrire la chute vertigineuse d’un homme qui avait tout – la gloire, l’argent, une famille – et qui a tout risqué en une nuit d’ivresse.

Car le véritable ennemi, Kendji le nomme enfin, sans détour et sans fausse pudeur. Ce n’est pas la pression médiatique, ni les tournées, ni même la dispute avec sa compagne Soraya. Le véritable ennemi, c’était l’alcool.

“Je ne bois plus une goutte d’alcool”, assène-t-il. Cette phrase, simple et définitive, est le pilier de sa nouvelle existence. Lui qui, comme il l’admet, a sombré dans une consommation excessive, décrit désormais l’alcool comme un “poison”. C’est l’alcool qui a alimenté la paranoïa, l’alcool qui a transformé une dispute en drame, l’alcool qui a armé sa main cette nuit-là. “C’est la cause de ma perte”, dit-il, lucide.

Cette prise de conscience est le fondement de sa reconstruction. Kendji ne s’est pas contenté d’arrêter de boire. Il a entrepris un sevrage total, mettant également un terme à sa consommation de cannabis. Il a compris qu’il ne pouvait y avoir de demi-mesure, que pour sauver sa vie, il devait changer de vie. Radicalement.

Cette transformation n’est pas seulement chimique, elle est aussi comportementale. Fini le rythme de vie décousu de l’artiste en tournée. Kendji Girac s’est imposé une discipline de fer, une routine presque monacale, à l’opposé de l’existence qu’il menait. “Mon quotidien a changé”, explique-t-il.

Le nouveau Kendji se lève tôt, très tôt. “Je me réveille à 7 heures du matin”, confie-t-il. Pour un artiste habitué aux concerts qui se terminent au milieu de la nuit, c’est une révolution. Il se couche également tôt, aux alentours de 23 heures. Entre ces deux bornes, un emploi du temps dédié à sa reconstruction physique et mentale.

Il a troqué les verres contre les haltères. Le chanteur s’est jeté à corps perdu dans le sport. Course à pied, musculation : l’effort physique est devenu son nouvel exutoire, sa nouvelle addiction saine. Une façon de purger son corps du poison accumulé et de reprendre le contrôle sur cette enveloppe qu’il a failli détruire. Il mange mieux, vit mieux. Il se sent, selon ses propres termes, “heureux” de cette nouvelle hygiène de vie.

Ce n’est pas la reconstruction d’un artiste qui veut remonter sur scène. C’est celle d’un père qui veut voir grandir sa fille. Eva Alba, sa petite fille, est le moteur de ce changement. C’est pour elle qu’il s’est battu pour survivre cette nuit-là. C’est pour elle qu’il se bat aujourd’hui pour rester sobre. Il a vu la mort de près et a réalisé ce qu’il avait à perdre : pas sa carrière, mais le droit d’être un père.

Cette interview n’élude rien, pas même la honte. L’aveu de la simulation de suicide a été un choc pour le public, mais aussi une étape nécessaire pour lui. En admettant la vérité, il a brisé l’omerta qui entoure souvent la détresse psychologique masculine et les addictions dans le milieu du spectacle. Il a accepté de montrer sa part la plus sombre, la plus vulnérable.

Aujourd’hui, le Kendji qui se présente au public n’est plus seulement le vainqueur de The Voice au sourire ravageur. C’est un survivant. Un homme de 28 ans qui revient de l’enfer et qui a choisi la vie, la sobriété et la discipline. Son retour prochain dans le fauteuil rouge de The Voice Kids, enregistré avant le drame, aura une résonance particulière. Le public ne verra plus seulement l’artiste, mais l’homme qui a dû se déconstruire pour mieux se rebâtir.

La “grosse claque” a été violente, presque fatale. Mais elle a servi d’électrochoc. Kendji Girac a regardé la mort dans les yeux, à deux millimètres près. Il en est revenu avec une nouvelle appréciation pour la vie, débarrassé de ses démons artificiels. Sa métamorphose est un message puissant : même au plus profond du désespoir, une autre vie est possible. Une vie plus saine, plus structurée, et finalement, plus heureuse.