Jimi Hendrix, nuits finales révélées, enlèvement supposé, somnifères, vin, aveux chuchotés du manager, assurance-vie troublante, amante controversée, témoins oubliés, rock en larmes, rumeurs déchaînées, la thèse d’un assassinat ressurgit, prête à dynamiter la vérité officielle.

Jimi Hendrix : le mystère d’une légende — génie foudroyé, meurtre maquillé ou simple tragédie ?

Imaginez la scène : Londres, septembre 1970. Dans un petit appartement de Notting Hill, le plus grand guitariste de sa génération s’endort pour ne plus jamais se réveiller. Officiellement, Jimi Hendrix serait mort étouffé dans son vomi après avoir avalé neuf somnifères Vesparax et bu du vin rouge. Mais un demi-siècle plus tard, les zones d’ombre persistent, et une nouvelle génération d’enquêteurs, de musiciens et d’amis relancent la question qui hante toujours le rock : Jimi Hendrix est-il vraiment mort par accident ?

Né Johnny Allen Hendrix à Seattle en 1942, Jimi s’était battu pour chaque note qu’il a jouée. Enfant solitaire, marqué par la pauvreté et l’instabilité familiale, il trouvait refuge dans la musique. Sans formation académique, il forgea son propre style, mélange de douleur, de grâce et d’électricité pure. Après des années d’anonymat, il s’envola pour Londres en 1966, où sa carrière explosa. Clapton, Townshend, McCartney — tous virent en lui un prodige. Mais derrière la légende du feu et des riffs, l’homme s’effritait.

En 1970, Hendrix n’était plus seulement une rockstar. Il était une marque, un produit, un homme piégé par ses contrats et par un manager inquiétant, Michael Jeffery, ancien agent de renseignement britannique devenu impresario manipulateur. Des témoins affirmeront plus tard que Jeffery avait souscrit une assurance-vie de deux millions de dollars sur Hendrix, dont il était le bénéficiaire… Une rumeur qui prend une tournure glaçante lorsqu’un ancien roadie, James “Tappy” Wright, révélera dans ses mémoires que Jeffery lui aurait avoué, ivre, avoir fait tuer Hendrix.

« Il valait plus mort que vivant », aurait-il dit.

Le soir du 17 septembre 1970, Hendrix est à Londres, hébergé par sa compagne du moment, Monika Dannemann, une ex-patineuse allemande. Selon elle, il ne parvient pas à dormir. Elle lui donne un somnifère. Il en prend neuf. Au matin, elle le découvre inconscient, étendu sur le lit, le visage couvert de vin et de vomi. Elle attend plus d’une heure avant d’appeler les secours. À leur arrivée, Hendrix est déjà mort depuis plusieurs heures.

Le Dr John Bannister, l’un des médecins présents, décrira une scène troublante :

« Du vin s’écoulait de sa bouche, de son nez, de ses poumons. C’était comme s’il s’était noyé, pas enivré. »

Pourtant, les analyses révèlent un taux d’alcool sanguin faible. Trop faible pour expliquer cette quantité de vin retrouvée dans ses poumons. Accident ? Mise en scène ? Le coroner conclut à une “mort indéterminée”. Et l’histoire officielle s’arrête là.

Mais l’affaire ne s’éteint pas. Trois ans plus tard, Michael Jeffery meurt à son tour dans un mystérieux crash d’avion, la veille de son témoignage dans une affaire de fraude. Coïncidence ? Certains y voient une justice poétique. D’autres, une disparition commode.

Les dernières heures de Hendrix demeurent un labyrinthe d’incohérences. Monika Dannemann change plusieurs fois de version. Elle dit avoir accompagné Hendrix à l’hôpital — les ambulanciers démentent. Elle prétend qu’il respirait encore — les médecins assurent qu’il était déjà froid. En 1996, alors qu’elle promettait une interview “révélatrice”, elle est retrouvée morte dans sa voiture, intoxiquée au monoxyde de carbone. Officiellement, suicide. Pour d’autres, encore un silence imposé.

Jimi Hendrix, à 27 ans, rejoignait le funeste “Club des 27” aux côtés de Brian Jones, Janis Joplin et Jim Morrison. Mais sa mort reste la plus déroutante. Derrière la virtuosité, se cachait un homme las, épuisé, cherchant à fuir une industrie qui l’avait transformé en machine à cash. Il rêvait d’un retour au blues, d’un son plus simple, plus humain. « Je ne veux plus être un clown », confiait-il à un ami peu avant sa mort.

Alors, que s’est-il passé dans cette chambre du Samarkand Hotel ? Était-ce le geste fatal d’un homme brisé par la gloire ? Une overdose accidentelle ? Ou bien un meurtre savamment maquillé pour effacer un artiste devenu trop libre ?

Plus de cinquante ans plus tard, le mystère reste entier. Ce qui demeure indiscutable, c’est que Jimi Hendrix n’a pas seulement réinventé la guitare — il a transcendé la douleur. Et peut-être est-ce là la véritable tragédie : un homme qui voulait simplement jouer, emporté par les forces qui avaient fait de lui une légende.

Accident, complot ou silence orchestré ?
La seule certitude, c’est que le feu d’Hendrix brûle encore, et que ses cordes continuent de chanter la vérité que personne n’a jamais pu étouffer.