« Je vais te buter » : L’humiliation qui a transformé la rancune de Charles Bronson contre Lee Marvin en une haine à mort

L’histoire du cinéma regorge de rivalités légendaires, souvent alimentées par des jalousies d’ego, des batailles pour la gloire ou des différends artistiques. Mais dans les annales d’Hollywood, il existe un conflit qui se distingue par sa froideur, son intensité et sa durée : la querelle glaciale entre Charles Bronson et Lee Marvin. Ces deux hommes, archétypes de la virilité brute et non négociable à l’écran, partageaient une histoire personnelle de violence et de survie. Pourtant, là où Marvin voyait l’occasion de relâcher la pression par le rire et la provocation, Bronson, l’homme au regard de pierre, y voyait une violation profonde de son code d’honneur, un retour insupportable à la honte de son enfance.
La tension entre les deux acteurs n’était pas un simple affrontement d’ego ; c’était un choc idéologique entre deux manières de survivre au monde. Et tout a basculé en 1966, sur le plateau d’un des films de guerre les plus emblématiques de l’époque, The Dirty Dozen (Les Douze Salopards). Un seul mot, une seule blague, prononcée par Marvin, a suffi pour que Bronson, l’homme qui avait survécu aux mines de charbon, à la guerre et à la misère, prononce une phrase qui résume l’amertume qu’il allait porter pendant deux décennies : « Je ne pardonnerai jamais à ce salaud. »
Les Racines de la Pierre : L’Enfance Inavouable de Bronson
Pour comprendre la nature irrévocable de la rancune de Charles Bronson, il faut remonter à ses origines. Né Charles Dennis Buchinsky en 1921, son enfance dans les mines d’Erenfeld, en Pennsylvanie, n’était pas « modeste » ; elle était « brutale ». Le 11ème de 15 enfants, dans une famille d’immigrants lituaniens, Bronson n’a jamais connu le luxe ou même le confort minimal. Sa maison était exiguë, sans plomberie ni chauffage. Il se souvenait n’avoir goûté ni au lait ni à la viande avant son adolescence. « On n’était pas pauvre, on était fauché », disait-il, faisant la distinction entre un état d’esprit et une réalité de survie.
La mort prématurée de son père l’a forcé, à l’âge de 10 ans, à descendre dans la mine. Il est devenu un breaker boy, rampant dans des puits étroits, triant le charbon à mains nues, inhalant la poussière qui allait tuer son père. Cette douleur physique était doublée d’une humiliation constante. Il ne parlait que le lituanien et le russe. Moqué, isolé, il fut contraint, par manque de moyens, d’aller à l’école vêtu d’une robe de sa sœur aînée. L’acte de rire à ses dépens, de souligner sa petitesse ou sa pauvreté, était pour lui plus qu’une insulte ; c’était une agression, une réouverture des blessures de la honte la plus profonde.
Cette enfance a forgé un caractère silencieux, stoïque, hermétique au laxisme d’Hollywood. La guerre, qu’il a traversée en tant que mitrailleur sur B-29, bombardant le Japon, ne fut pour lui qu’une amélioration de sa condition, lui offrant des « repas chauds et un lit propre ». L’authenticité, le travail acharné et le mépris pour la superficialité étaient son crédo. Pour lui, le métier d’acteur n’était qu’une autre forme de labeur difficile, pas une cour de récréation.
Le Rire qui Brise : L’Incident des Dirty Dozen
C’est avec cet héritage émotionnel que Charles Bronson arriva sur le tournage des Douze Salopards, un projet dirigé par Robert Aldrich, réputé pour les castings testostéronés. L’ensemble réunissait une constellation d’hommes habitués à dominer l’écran : Telly Savalas, Donald Sutherland, Ernest Borgnine, et bien sûr, Lee Marvin.
Lee Marvin était l’antithèse de Bronson. Ancien Marine décoré de la Seconde Guerre mondiale, blessé à Saipan, Marvin portait son statut d’icône militaire avec une arrogance bruyante. Il buvait, il parlait fort et, surtout, il aimait plaisanter, quitte à être cruel. Il était le blagueur du plateau, celui qui monopolisait les conversations avec ses récits de guerre et ses boutades. Bronson, de son côté, restait à l’écart, observant ce qu’il percevait comme de l’immaturité.
Les tensions étaient déjà palpables, Marvin narguait Bronson qu’il surnommait « le muet » en raison de son silence. Mais l’étincelle fatale se produisit lors d’une scène de groupe. Le réalisateur, cherchant un effet visuel comique, prit la décision de placer Charles Bronson, qui mesurait 1,73 m, entre les deux géants Clint Walker (1,98 m) et Donald Sutherland (1,93 m). L’effet était immédiat et délibérément ridicule : Bronson paraissait absurdement petit, presque une caricature.
Le reste de l’équipe ricana. Sutherland sourit poliment. Mais Lee Marvin, lui, éclata d’un rire fort, théâtral, allant jusqu’à applaudir. Devant tous les techniciens et les autres acteurs, il se serait moqué ouvertement : « Regardez, c’est Charlie le nain ! » (d’autres sources citent : « Filez-lui une échelle qu’on le voie ! »).
Pour Bronson, cet instant fut la quintessence de l’humiliation. Ce n’était pas Marvin l’acteur qui se moquait de Bronson l’acteur ; c’était la richesse arrogante qui se moquait du pauvre gamin en robe. La honte qu’il s’était juré d’enterrer au fond des mines de charbon venait d’être exhumée et exposée devant le monde. Il ne dit rien. Il se contenta de quitter le plateau, ignorant le réalisateur, se réfugiant dans sa caravane. Le silence de Bronson était toujours plus terrifiant que la colère de n’importe qui. Lorsque Robert Aldrich vint s’excuser, Bronson exigea que la scène soit modifiée et, dans un murmure à peine audible, il prononça la phrase qui allait définir leur relation pour le reste de leur vie : « Je ne pardonnerai jamais à ce salaud. »
Dès lors, la querelle prit la forme d’une guerre froide. Ils ne se sont plus jamais regardés dans les yeux en dehors de ce que le scénario exigeait. La haine de Bronson n’était pas démonstrative ; elle était intérieure, contenue et définitive. Marvin, lui, balaya l’incident d’un revers de main, considérant Bronson comme un homme trop rigide et sans humour. Il ne réalisa pas que ce n’était pas une blague qu’il avait brisé, mais un pacte sacré contre la honte que Bronson avait passé avec lui-même.
Trajectoires Croisées : La Gloire Européenne et la Chute
Dans les années qui ont suivi, les trajectoires des deux hommes ont pris des chemins opposés, mais leur statut d’ennemis jurés est resté constant. Au début, Lee Marvin connut l’apogée d’Hollywood. Il remporta un Oscar pour son double rôle dans Cat Ballou et se réinventa en anti-héros cérébral et brutal dans le thriller stylisé Point Blank. Il était à son zénith, l’un des acteurs les mieux payés de la décennie.

Pendant ce temps, Bronson, frustré par le système hollywoodien qui le cantonnait aux seconds rôles du « tueur silencieux » et lassé de l’arrogance des stars, traversa l’Atlantique. Et l’Europe le changea à jamais. En France, en Italie, au Japon, il n’était pas une brute silencieuse, mais une icône tragique, une figure mystérieuse et douloureuse. La presse française le surnommait « le gros dur », mais y voyait une âme hantée. Alain Delon, immense star de l’époque, résuma la perception européenne : « Bronson a le visage le plus honnête du cinéma. Quand il entre dans une scène, le public veut savoir ce qu’il ne dit pas. »
Des succès européens comme Le Passager de la Pluie le propulsèrent au statut de star internationale. Sa consécration vint avec Sergio Leone, qui le choisit pour incarner « Harmonica » dans Il était une fois dans l’Ouest. Un personnage construit autour de son silence et de sa quête de vengeance, avec à peine 30 lignes de dialogue. Bronson était devenu mythique.
Son retour aux États-Unis en 1974 avec Un justicier dans la ville (Death Wish) fut un triomphe commercial monstre. Le film, controversé et violent, résonna avec la frustration du public face à l’insécurité. Bronson était enfin la star numéro un du box-office, le justicier stoïque que le public attendait. Il avait le pouvoir qu’il avait toujours mérité.
Malgré son succès, l’amertume envers Marvin ne s’était pas adoucie. Dans de rares interviews, lorsqu’on l’interrogeait sur les conflits d’ego, il évoquait toujours froidement, et sans jamais le nommer, cet « ivrogne sur ce film de guerre » qui « riait pour de mauvaises raisons » et qui croyait que « faire du bruit c’était être fort ».
L’Ultime Confrontation : Une Menace Glaciale
En 1981, l’ironie du sort frappa. Les deux légendes furent réunies pour un nouveau thriller de survie, Death Hunt (Chasse à mort), dans les conditions glacées du Yukon. Bronson incarnait un mystérieux solitaire injustement traqué, Albert Johnson. Marvin, le sergent Edgar Millen, le policier chargé de le capturer. Sur le papier, le casting était une collision de titans. Dans la réalité, c’était une trêve armée.
La carrière de Lee Marvin était en déclin. Son alcoolisme, jadis toléré comme un trait de caractère d’« acteur difficile », était devenu un fardeau imprévisible pour les studios. Sur le plateau de Death Hunt, au milieu de la neige, du froid et des horaires infernaux, son instabilité était un problème constant. Alors que Bronson, fidèle à son habitude, arrivait préparé, parlait peu et se concentrait, Marvin était parfois en retard, le regard vitreux, bafouillant ses répliques.
L’équipe de production, consciente de la haine historique entre les deux hommes, fit tout pour les tenir à distance : caravanes éloignées, horaires décalés. C’était un tournage sur la pointe des pieds, une attente angoissée de l’inévitable.
L’explosion eut lieu lors d’une scène décisive, dans un col enneigé isolé. La lumière déclinait, le temps était compté. L’équipe avait besoin d’une prise nette, mais Marvin arriva ivre, incapable de se souvenir de ses déplacements. Après trois tentatives ratées, le réalisateur fut forcé de crier « Coupez ! ».
Selon les témoins, ce fut la goutte de trop. Charles Bronson quitta le plateau, enleva calmement ses gants. Il s’approcha de Lee Marvin, le fixant avec un regard que les témoins décrivirent comme un « calme glacial ». Il ne cria pas. Il ne s’emporta pas. Il se tourna vers le producteur Ken Han et, avec une voix basse et absolument dénuée d’émotion, il prononça la phrase : « Je vais te buter. »
Le silence qui s’ensuivit fut total, plus assourdissant que n’importe quelle explosion. La menace, prononcée sans aucune exagération théâtrale, était prise au sérieux par tous. Marvin, figé, rentra dans sa caravane sans un mot. La journée de tournage fut suspendue.
Le lendemain, Bronson revint, professionnel comme d’habitude, mais le plateau était marqué par cet incident. La production se termina sans repas d’équipe, sans poignée de main. Ils ne se parlèrent plus jamais. Ils ne retravaillèrent plus jamais ensemble. La guerre froide, cette longue rancune muette, avait atteint son point de non-retour.
L’amertume de Bronson ne s’est jamais atténuée. Il portait sa rancune comme un fusil, en silence et avec poids, jusqu’à la mort de Lee Marvin en 1987. Aucun hommage, aucune déclaration publique, juste le silence. Un silence qu’il avait maîtrisé depuis les mines de charbon, et qui était, pour lui, la seule réponse appropriée à l’humiliation et au manque de respect.
Ce conflit n’était pas une simple anecdote hollywoodienne ; c’était la preuve que, pour un homme bâti sur la survie et l’honneur comme Charles Bronson, une blessure symbolique peut être plus profonde, et plus inoubliable, qu’une blessure de guerre. Le rire d’un homme avait réveillé le fantôme de la misère, et le prix à payer fut l’hostilité éternelle.
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