“Je ne sais pas si je remplis toutes les cases” : L’étonnante confession de Samuel Le Bihan sur ses “erreurs passées” et la solitude qui hante sa vie amoureuse
Il est l’une des figures les plus rassurantes et les plus aimées du petit écran. Dans la peau d’Alex Hugo, ce policier retiré dans les montagnes, Samuel Le Bihan incarne une forme de force tranquille, d’intégrité et de liberté brute qui fascine des millions de téléspectateurs. Mais derrière le héros se cache un homme. Un homme de 59 ans qui, à l’aube de la soixantaine, regarde en arrière et laisse entrevoir des fêlures inattendues, notamment sur le terrain le plus intime qui soit : sa vie amoureuse.
À l’occasion d’une interview accordée à Télé Star pour la promotion d’un nouvel épisode très attendu de la série phare de France 3, l’acteur s’est laissé aller à une confidence rare. Une phrase, presque une excuse, qui en dit long sur ses doutes profonds : “Je ne sais pas si je remplis toutes les cases”. Ces mots, ce n’est pas le flic des cimes qui les prononce, mais bien Samuel Le Bihan, l’homme, qui évoque sans fard ses “erreurs passées” et ses regrets personnels.
La conversation a glissé sur ce terrain intime par le biais du personnage qu’il incarne avec tant de justesse. Interrogé sur la psychologie d’Alex Hugo, Le Bihan livre une analyse qui, sans qu’on le sache encore, est un miroir tendu vers sa propre existence. “Je trouve plus intéressant d’explorer Alex Hugo dans la solitude”, explique-t-il au magazine. Il rappelle que son personnage a bien eu une compagne dans les premiers épisodes, mais que l’évidence s’est imposée aux scénaristes comme à lui-même : “On s’est vite rendu compte que c’était compliqué de nourrir cette histoire d’amour”.
Puis vient la clé, cette phrase qui fait basculer l’interview de la promotion à la confession : “La liberté de ce personnage avait un prix à payer : la solitude. Être un homme libre, c’est aussi accepter d’être un homme seul.” L’écho est immédiat. Le journaliste saisit la perche, et l’acteur confirme que cette définition résonne douloureusement avec sa propre vie, loin des plateaux de tournage.
C’est ici que l’armure de la star se fissure. Que veut dire Samuel Le Bihan en avouant ne pas savoir “remplir toutes les cases” ? Cette expression, si commune et pourtant si terrible, renvoie à une forme d’auto-évaluation, à un bilan sentimental teinté d’échec. Elle suggère la pression des attentes, qu’elles viennent de la société, de ses partenaires successives, ou de lui-même. Quelles sont ces “cases” ? Celles du mari idéal ? Du compagnon toujours présent ? Du père parfait ?
À 59 ans, l’acteur semble s’interroger sur sa propre “adéquation” au couple, sur sa capacité à concilier son immense carrière, sa vie d’homme public et les exigences d’une relation stable. Le Bihan, si solide à l’écran, exprime ici une vulnérabilité déconcertante. C’est le doute d’un homme qui se demande s’il a été, fondamentalement, “assez bien” pour les femmes qui ont partagé sa vie.
Ses “erreurs passées”, qu’il mentionne sans les détailler, prennent alors tout leur poids. On ne peut s’empêcher d’imaginer les sacrifices que sa carrière a dû exiger. Le métier d’acteur est un métier de passion, mais aussi un métier d’absence. Les tournages longs, l’immersion psychologique dans des rôles, la notoriété qui isole autant qu’elle expose… Autant de facteurs qui compliquent la “normalité” d’une vie à deux.
La solitude, qu’il décrit comme le “prix à payer” pour la liberté de son personnage, semble être aussi le fantôme qui hante sa propre maison. Il y a quelque chose de profondément mélancolique dans cet aveu. Le Bihan ne se plaint pas, il constate. Il dresse le bilan d’une vie vécue intensément, mais peut-être pas toujours dans le bon ordre. A-t-il trop privilégié cette “liberté” qu’il chérit tant, au détriment de la construction d’un foyer pérenne ?
Cette confession est d’autant plus puissante qu’elle brise l’image habituelle. Dans l’inconscient collectif, un acteur de son calibre, séduisant, au sommet de sa popularité, devrait avoir une vie amoureuse épanouie, facile, évidente. Il déconstruit ce mythe en une seule phrase. Non, le succès n’est pas une garantie pour le bonheur. Non, la célébrité ne “remplit” pas toutes les cases du cœur. Au contraire, elle semble en avoir vidé quelques-unes, ou du moins, avoir empêché qu’elles ne se cochent.
On devine chez lui une forme de lucidité, peut-être acquise avec l’âge. Loin de la fougue de la jeunesse qui croit pouvoir tout concilier, Le Bihan semble avoir atteint ce point de bascule où l’on regarde ce qui a été et ce qui ne sera plus. Ses “regrets” ne sont pas ceux d’un homme qui a raté sa vie – sa réussite professionnelle et son engagement, notamment pour sa fille autiste, prouvent le contraire – mais ceux d’un homme qui a conscience d’avoir peut-être raté quelque chose d’essentiel sur le plan sentimental.
Le parallèle avec Alex Hugo est fascinant. En explorant la solitude de son personnage, c’est sa propre solitude qu’il a disséquée pendant des années. Hugo est un homme qui a choisi la rupture, qui s’est mis en marge du monde pour trouver la paix. Mais cette paix a un goût de silence, parfois d’isolement. L’acteur, lui, n’a pas choisi cette marge. Il est au cœur du système, au cœur de la popularité. Pourtant, le résultat semble étrangement similaire : une forme de solitude subie, déguisée en liberté choisie.
En osant dire “Je ne sais pas si je remplis toutes les cases”, Samuel Le Bihan fait plus qu’une simple confidence : il offre un miroir à des milliers d’hommes et de femmes de sa génération. Il verbalise ce sentiment d’inadéquation, cette peur de ne pas être à la hauteur des standards du couple, ce bilan de fin de parcours où les réussites publiques ne suffisent plus à masquer les manques privés.
Cette déclaration est un acte de courage. Elle humanise l’idole, elle la rapproche de nous. Elle nous rappelle que derrière les sourires de façade et les succès d’audimat, les cœurs battent, doutent et, parfois, regrettent. L’homme libre qu’il a voulu être, à l’instar de son double de fiction, est peut-être, au fond, un homme qui se demande s’il a su vraiment apprendre à aimer, et à être aimé, comme il l’aurait fallu. La question reste en suspens, poignante, comme une blessure discrète sous l’armure du héros.
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