« J’avais juste envie de pleurer » : Slimane livre ses vérités les plus sombres sur la célébrité et la solitude

Slimane Nebchi, que la France entière connaît simplement sous le nom de Slimane, est aujourd’hui au sommet de son art. Depuis sa victoire fulgurante dans la saison 5 de The Voice en 2016 jusqu’à sa performance habitée lors de l’Eurovision 2024, il incarne la réussite absolue. Pourtant, derrière cette image de gagnant au sourire éclatant se cache une réalité bien plus nuancée, faite de “tristesses silencieuses” et d’épreuves qui ont forgé l’homme qu’il est devenu. En mars 2025, lors d’une interview poignante accordée à France Info, l’artiste de 35 ans a enfin admis ce que beaucoup pressentaient : le succès ne guérit pas tout.

Le poids d’une solitude invisible

L’aveu est brutal : « Il y a des jours où je suis sur scène en train de chanter l’amour et l’espoir, mais à l’intérieur, j’ai juste envie de pleurer parce que j’ai l’impression de n’appartenir vraiment à aucun endroit. » Pour Slimane, la célébrité a agi comme un prisme déformant, créant une distance invisible entre lui et le reste du monde. Malgré l’amour de ses fans et le soutien de sa famille, il confesse avoir lutté contre un sentiment d’isolement profond. Cette solitude n’est pas celle d’un homme seul, mais celle d’une star que l’on ne regarde plus comme un être humain, mais comme un produit de divertissement.

Le deuil impossible : La cicatrice de 2010

Au cœur de cette mélancolie se trouve une blessure qui ne s’est jamais refermée : la perte de sa mère en 2010. Slimane n’avait que 21 ans, et ce décès a laissé un “vide incompressible” dans sa vie. Il décrit sa mère comme celle qui lui a appris à aimer et à rêver. Son plus grand regret ? Qu’elle n’ait jamais pu le voir sur une grande scène, rayonnant de succès. Cette douleur a alimenté ses textes les plus sombres et ses interprétations les plus vibrantes, mais elle a aussi été le point de départ d’une longue dépression dont il parle aujourd’hui avec une franchise désarmante.

La paternité : Le miroir de la vérité

Si Slimane a décidé de parler aujourd’hui, c’est pour sa fille, Esmeralda. Devenir père l’a transformé. Il ne veut plus se cacher derrière une image lisse d’artiste optimiste. Le chanteur évoque avec émotion les sacrifices personnels liés à sa carrière, comme ce premier anniversaire d’Esmeralda qu’il a manqué pour un concert à Bruxelles. Ces moments perdus créent une culpabilité de père qui s’ajoute à la pression médiatique. « J’aime la musique, mais parfois je me demande si cela vaut la peine de perdre de précieux moments avec ma fille », lâche-t-il, les larmes aux yeux.

Un parcours de résilience

L’histoire de Slimane est aussi celle d’un combat contre les préjugés. Enfant d’immigrés algériens ayant grandi dans un milieu modeste à Chelles, il a connu la pauvreté, le harcèlement scolaire et le rejet. Avant The Voice, il a passé dix ans à chanter dans des bars presque vides, essuyant les refus de producteurs qui jugeaient sa voix “pas assez spéciale”. Ces échecs ont laissé des cicatrices, tout comme les critiques acerbes qu’il a reçues après l’Eurovision, certains jugeant sa performance “trop émotionnelle”.

Aujourd’hui, marié à Pauline Tantot depuis 2022, Slimane tente de trouver un équilibre entre sa passion dévorante pour la musique et son besoin vital de vie privée. En choisissant de partager sa vulnérabilité, il ne cherche pas la pitié, mais la vérité. Il veut inspirer ceux qui, comme lui, luttent contre l’anxiété et le sentiment d’être incompris. Slimane n’est plus seulement une voix ; il est le symbole d’une maturité assumée qui nous rappelle que derrière chaque étoile, il y a un homme qui cherche simplement sa place dans le monde.