“Elle veut aller là où tout est possible” : Karine Ferri Claque la Porte de TF1, le Récit d’un Départ Choc qui Bouleverse le Paysage Audiovisuel

C’est une secousse sismique, de celles qui réorganisent les plaques tectoniques du paysage audiovisuel français. L’annonce est tombée, d’abord comme une rumeur, puis comme une évidence confirmée : Karine Ferri, l’un des visages les plus emblématiques, les plus solaires et les plus fidèles de TF1, quitte la chaîne. Après treize années de bons et loyaux services, l’animatrice “claque la porte”, selon les termes qui résonnent dans les couloirs du PAF. La raison ? Une phrase, lourde de sens, qui résume tout : “Elle veut aller là où tout est possible”.

Ce départ n’est pas une simple ligne sur un mercato télévisuel. C’est la fin d’un chapitre majeur, tant pour la chaîne que pour l’animatrice. Karine Ferri n’était pas n’importe qui chez TF1. Elle était la caution glamour de The Voice, la confidente bienveillante de la “Red Room”. Elle était le sourire éclatant des Grands Bêtisiers de fin d’année, la présentatrice rigoureuse des tirages de l’Euro Millions, et le cœur battant de The Voice Kids. Elle incarnait une forme de continuité, de proximité et de fiabilité qui rassurait des millions de téléspectateurs.

Pourtant, derrière cette image lisse et ce sourire indéfectible, une frustration semble avoir grandi. C’est le paradoxe de la “cage dorée”. En treize ans, Karine Ferri est devenue incontournable, mais peut-être pas indispensable aux postes qu’elle convoitait. Cantonnée à des rôles de “joker de luxe” ou de co-animatrice, aussi prestigieux soient-ils, l’animatrice de 43 ans aspirait à autre chose. Elle voulait porter ses propres projets, être au centre de la narration, et ne plus seulement être celle qui “donne la parole” ou qui lance le magnéto suivant.

Ce sentiment d’un potentiel sous-exploité est ce qui a nourri sa décision. La formule “là où tout est possible” est un cri du cœur. C’est le désir de briser un plafond de verre, non pas en termes de notoriété – elle l’a déjà – mais en termes de créativité et de responsabilité. Elle ne voulait plus être une pièce, aussi brillante soit-elle, sur l’échiquier d’un autre ; elle voulait être la reine sur le sien.

Les adieux se sont faits avec l’élégance qui la caractérise, mais non sans une certaine charge émotionnelle. Il y a d’abord eu ce moment touchant, il y a quelques semaines, sur le plateau de The Voice Kids, où son complice de toujours, Nikos Aliagas, l’a célébrée avec un bouquet de fleurs gigantesque, marquant sa dernière participation à l’émission. Puis, le vendredi 17 octobre 2025, ce fut son ultime apparition, presque anonyme, lors du tirage de l’Euro Millions.

Peu après, un message sur ses réseaux sociaux a officialisé la chose, avec une sobriété qui en dit long : “C’était la dernière… Merci à mes équipes de La Française des Jeux pour nos beaux souvenirs et la confiance. Merci également à TF1. On se retrouve vite.” Pas de pathos, pas d’amertume publique. Juste la confirmation polie d’une page qui se tourne. Mais en coulisses, c’est bien une décision mûrement réfléchie, celle d’une femme qui a choisi de reprendre le contrôle de sa destinée professionnelle.

La véritable surprise n’est pas tant le départ que la destination. Karine Ferri ne rejoint pas France 2 ou M6, les rivales historiques. Elle fait un pari bien plus audacieux. Elle devient l’une des têtes d’affiche du groupe RMC BFM, et plus précisément de la nouvelle chaîne RMC Life, qui a récemment remplacé Chérie 25.

C’est là que la phrase “là où tout est possible” prend tout son sens. Elle ne rejoint pas une structure établie pour s’insérer dans une case vacante ; elle arrive en tant que figure de proue pour construire quelque chose. RMC BFM lui offre ce que TF1 ne lui donnait plus : une page blanche.

Et le contenu de cette page blanche marque une rupture radicale avec les paillettes des grands divertissements de prime time. Fini les robes de soirée et les batailles de fauteuils rouges. Karine Ferri se tourne vers le réel, l’intime, l’émotion pure. Ses nouvelles émissions, dont la première “Naissances extraordinaires au zoo” a été lancée ce 22 octobre, donnent le ton. Elle sera également aux commandes de “100 jours à la maternité” et “Ma famille extraordinaire”.

Ce virage à 180 degrés est tout sauf un hasard. C’est un choix de cœur. En devenant la voix de ces documentaires du réel, Karine Ferri se rapproche de sujets qui la touchent personnellement. Mère de trois enfants, elle a toujours placé la famille au centre de ses valeurs. En allant filmer la vie dans les maternités, en explorant le quotidien de familles hors normes ou en s’émerveillant des naissances dans le monde animal, elle ne joue plus un rôle. Elle incarne des thèmes qui lui sont chers.

C’est un pari incroyablement risqué. Quitter la première chaîne d’Europe, synonyme de puissance et de confort, pour une chaîne en plein lancement est un saut dans le vide. Mais c’est aussi un acte d’une profonde modernité. Karine Ferri a compris que la puissance n’est plus seulement dans l’audience brute d’un prime time, mais aussi dans l’incarnation d’un projet qui a du sens. Elle a préféré être la locomotive d’un train plus modeste mais qu’elle conduit elle-même, plutôt qu’une passagère de première classe dans un TGV lancé à pleine vitesse par d’autres.

Ce départ secoue TF1, qui perd un visage fédérateur, aimé du public et des annonceurs. Pour Karine Ferri, c’est le début d’une seconde vie professionnelle. À 43 ans, elle refuse de se laisser enfermer dans une image, aussi dorée soit-elle. Elle a choisi l’inconfort de la création, le frisson du défi. Elle a choisi de prouver qu’elle est bien plus que la “jolie co-animatrice”. Elle est une animatrice, une productrice peut-être demain, une femme qui veut raconter des histoires.

En claquant la porte de TF1, Karine Ferri n’a pas seulement changé de bureau. Elle a changé de vie. Elle a pris le chemin le plus difficile, mais le seul, semble-t-il, où elle pouvait enfin aller “là où tout est possible”.