“Elle était la Française moyenne” : Jean-Pierre Foucault et les stars de la télé rendent un ultime hommage poignant à Evelyne Leclercq à Nice

C’est sous la lumière douce de la Côte d’Azur, cette terre qu’elle aimait tant, que s’est refermé le livre de la vie d’Evelyne Leclercq. Ce mardi 13 janvier 2026, la ville de Nice a accueilli les obsèques de celle qui fut, pendant des décennies, le sourire du petit écran. Mais au-delà des cérémonies officielles, ce sont les mots de ses amis, de ceux qui l’ont connue loin des paillettes, qui ont donné à cette journée sa véritable dimension émotionnelle. Un adieu marqué par la nostalgie, le respect et une affection profonde qui traverse le temps.

Jean-Pierre Foucault : l’analyse d’un succès populaire

Parmi les visages graves réunis devant la cathédrale Sainte-Réparate, celui de Jean-Pierre Foucault se détachait. L’animateur, figure tutélaire de la télévision française et ami de longue date, a trouvé les mots justes pour définir ce lien indéfinissable qui unissait Evelyne au public. Devant les caméras de France 3, il a livré une analyse aussi simple que touchante : “Elle était la Française moyenne. Chacune des téléspectatrices pouvait se reconnaître en elle.”

Pour Foucault, le secret d’Evelyne ne résidait pas dans une sophistication artificielle, mais dans une authenticité désarmante. “Sourire, gentillesse, popularité, sérieux, travail… Elle avait tout ça”, a-t-il énuméré avec émotion. En la qualifiant de “symbole d’une époque”, il rappelle que l’animatrice n’était pas seulement une présentatrice de jeux télévisés ; elle était une invitée quotidienne dans les salons de millions de foyers. Elle savait “rentrer chez les gens”, partager leurs soucis et leurs joies avec une naturalité qui ne s’apprend pas dans les écoles de journalisme. C’est cette proximité, cette capacité à être une star tout en restant “l’une des nôtres”, qui a forgé sa légende.

Des débuts oubliés à la gloire nationale

L’hommage a également été l’occasion de se replonger dans le parcours exceptionnel de cette Niçoise d’adoption. Car avant de devenir l’icône de “Tournez Manège”, Evelyne Leclercq a fait ses armes sur l’antenne niçoise de l’ORTF dès 1969. Elle n’avait alors que quelques années d’expérience, mais déjà, ce charme incandescent crevait l’écran. “Spikerine”, comme on disait à l’époque, elle s’est imposée par son style et son naturel, des qualités qui lui ont rapidement ouvert les portes de Paris et de la gloire nationale.

Les images d’archives, montrant une jeune femme pétillante annonçant les programmes aux “téléspectateurs de Provence Côte d’Azur Corse”, résonnent aujourd’hui avec une mélancolie particulière. Elles nous rappellent une télévision d’un autre temps, plus artisanale, plus humaine peut-être, dont Evelyne était l’une des dernières gardiennes.

Charlotte Julian et les souvenirs d’une amitié solaire

Si Jean-Pierre Foucault a parlé de la professionnelle, c’est Charlotte Julian, la chanteuse et comédienne, qui a évoqué la femme de cœur. Leur amitié, née dans les coulisses du show-business, s’est cimentée loin des caméras, au fil des “galas, des foires, des trucs”, comme elle le raconte avec un sourire triste.

“J’ai connu Evelyne j’avais 18 ans, j’en ai 68… Vous voyez, c’est pas hier”, a confié Charlotte Julian, soulignant la longévité de leur lien. Pour elle, Evelyne était “quelqu’un de délicieux”. Le témoignage de la chanteuse brise l’image parfois lisse des célébrités : “Je la faisais rire et elle aimait rire.” C’est cette joie de vivre, ce rire franc et communicatif que ses proches retiendront. Charlotte insiste sur la cohérence de son amie : “Ce que vous voyez à l’écran, elle l’avait en fait dans son cœur.” Pas de masque, pas de fausse gentillesse. Evelyne Leclercq était vraie.

Une page qui se tourne définitivement

La présence de Fabienne Égal, son inséparable complice de “Tournez Manège”, a achevé de donner à ces obsèques une allure de fin de cycle. Ensemble, elles ont incarné une certaine idée du divertissement, bienveillant et populaire. Voir ces figures réunies pour un dernier adieu est un choc pour toute une génération qui a grandi avec leurs voix.

Evelyne Leclercq laisse derrière elle un vide que les rediffusions ne suffiront pas à combler. Elle était une “femme de cœur et d’engagement”, une professionnelle rigoureuse et une amie fidèle. Alors que la foule se dispersait dans les ruelles du Vieux-Nice, une phrase revenait sur toutes les lèvres, comme un mantra pour apaiser la peine : elle a réussi sa sortie comme elle a réussi sa vie, avec élégance et entourée d’amour. La télévision populaire perd l’une de ses plus belles ambassadrices, mais le public, lui, garde précieusement le souvenir de celle qui fut, pour toujours, l’amie de la famille.