« Elle est partie avec l’aube » : Dans le secret de La Madrague, le dernier soupir de Brigitte Bardot

Le soleil s’est levé sur Saint-Tropez ce dimanche 28 décembre 2025, mais pour la première fois depuis près d’un siècle, il n’a pas éclairé le regard de celle qui fut l’âme de ces lieux. Brigitte Bardot, mythe vivant, icône planétaire et protectrice farouche des animaux, s’est éteinte au petit matin, dans le silence feutré de La Madrague. Elle avait 91 ans.
Cette nouvelle, tombée comme un couperet, fige la France dans une stupeur douloureuse. Pourtant, derrière le choc de l’annonce officielle, se dessine une réalité plus intime, celle d’une fin de vie que la star a voulu à son image : discrète, maîtrisée et souveraine. Loin du tumulte médiatique qu’elle a tant fui, BB a livré son ultime combat à l’abri des regards, entourée de fleurs, de ses compagnons à quatre pattes et de son mari, Bernard d’Ormale.
L’automne de la douleur
Si le grand public découvre aujourd’hui la perte immense, le drame se nouait en coulisses depuis plusieurs mois. Ce que beaucoup ignoraient, c’est que cette disparition n’a pas été soudaine. Elle est le dernier chapitre d’une lente érosion, un effacement progressif que Brigitte Bardot a tenu à garder secret.
Dès l’automne dernier, les alertes se sont multipliées. Une hospitalisation longue de trois semaines à la clinique Saint-Jean de Toulon avait déjà suscité l’inquiétude des initiés. Officiellement, on parlait d’une intervention chirurgicale ; officieusement, une “pathologie grave” gagnait du terrain. Mais fidèle à sa légende, Brigitte n’a rien laissé filtrer. Pas de communiqué larmoyant, pas d’appel à la compassion. Elle est rentrée chez elle, dans ce refuge tropézien qui fut sa forteresse, non pas guérie, mais déterminée à finir ses jours là où elle avait choisi de vivre.
Le 24 novembre, une nouvelle hospitalisation, quasi clandestine, a confirmé la gravité de la situation. Le corps, ce corps qui avait fait fantasmer la planète entière dans “Et Dieu… créa la femme”, imposait ses limites. Des troubles respiratoires sévères, déjà signalés en janvier 2023, sont revenus la hanter. Mais jusqu’au bout, elle a refusé de devenir une patiente ordinaire.
Le refus du spectacle
Il y a quelque chose de profondément poignant dans cette volonté de silence. En octobre dernier, une rumeur macabre avait annoncé sa mort prématurément. Furieuse, encore pleine de cette vitalité rebelle, elle avait démenti : « Je n’ai pas l’intention de tirer ma révérence ». C’était son dernier pied de nez à la mort, sa dernière affirmation d’existence. Elle ne voulait pas qu’on lui vole sa fin.
Cette attitude n’étonne pas ceux qui connaissent son histoire. On se souvient de 1984, lorsqu’un cancer du sein l’avait frappée. À l’époque, seule face au diagnostic, elle avait refusé la chimiothérapie. « Je ne veux pas perdre mes cheveux, je ne veux pas être détruite par le remède », disait-elle en substance. Il avait fallu l’intervention de son amie Marina Vlady pour qu’elle accepte la radiothérapie. Déjà, elle posait les bases de sa philosophie : mon corps m’appartient, ma vie m’appartient, ma mort m’appartiendra.
Ce dimanche matin, elle a eu le dernier mot. Elle n’est pas morte sous les néons froids d’un hôpital, mais dans la douceur de sa chambre, bercée par le bruit de la mer qu’elle aimait tant.
Bernard, le gardien du temple

À ses côtés, Bernard d’Ormale a été le témoin silencieux et dévoué de cette agonie. Mariés depuis 1992, ils formaient un couple fusionnel, loin des passions destructrices de la jeunesse de la star. Il a été son roc, celui qui a protégé son isolement, filtrant les visites, repoussant les curieux.
Dans ces dernières heures, c’est lui qui a veillé, s’assurant que ses dernières volontés soient respectées à la lettre. Brigitte voulait partir entourée de “fleurs et de larmes”, mais des larmes sincères, celles de l’intimité, pas celles du spectacle. La présence de ses animaux, qu’elle considérait comme sa véritable famille, était pour elle plus importante que n’importe quel honneur national.
Une légende à deux visages
Avec elle, c’est tout un pan de l’histoire de France qui s’effondre. Il y a la BB des années 50, cette bombe sexuelle qui a libéré les mœurs, dansant mambo pieds nus, incarnant une féminité sauvage et inédite. Et il y a la Bardot de la deuxième vie, celle qui, en 1973, au sommet de sa gloire, a tout plaqué pour se mettre au service de la cause animale.
Ce virage radical, incompris à l’époque, prend aujourd’hui tout son sens. Elle a troqué l’amour des hommes, souvent décevant, pour l’amour des bêtes, inconditionnel. Sa Fondation est devenue son œuvre majeure, son héritage moral. Elle a utilisé sa célébrité comme une arme, n’hésitant pas à choquer, à polémiquer, à se mettre le monde à dos pour sauver un bébé phoque ou dénoncer les abattoirs.
Le silence après la tempête
Aujourd’hui, La Madrague est close. Les volets sont tirés. La foule commence déjà à déposer des fleurs devant le portail mythique, mais l’essentiel est ailleurs. Brigitte Bardot a réussi sa sortie. Elle nous laisse l’image d’une femme qui n’a jamais plié, jamais fait semblant.
La tristesse est immense, mais elle se mêle à une forme d’admiration pour cette fin choisie. Elle nous oblige à regarder la mort non pas comme un échec médical, mais comme le dernier acte d’une vie libre. Elle est partie à l’aube, au moment où le monde s’éveille, nous laissant seuls avec le souvenir de sa beauté éternelle et de sa colère nécessaire.
Adieu Brigitte. Tu as rejoint les étoiles et tes amis disparus. Là-haut, c’est certain, tu ne seras plus jamais dérangée par les “connards” que tu fuyais, et tu pourras enfin courir libre, sans caméras, pour l’éternité.
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