Elizabeth Taylor : « Lost Tapes » révèlent violences, fausses couches, dépendances, mariages toxiques, double vie sous projecteurs; vérité arrachée à l’icône, avant renaissance courageuse en militante du sida; héritage immense, mythe d’Hollywood enfin fissuré.

Elizabeth Taylor : la vérité derrière la légende – les enregistrements secrets qui bouleversent l’image de la plus belle femme du monde

On l’appelait la plus belle femme du monde. Mais derrière les diamants, les yeux violets et les mariages hollywoodiens, se cachait une vérité déchirante. Entre 1964 et 1965, dans une série d’enregistrements secrets restés inédits pendant près de soixante ans, Elizabeth Taylor se livre comme jamais. Elle y raconte ses fausses couches, ses dépendances, la peur d’un mari armé et cette phrase qui résonne encore :

« J’étais vendue comme un produit. Comme de la viande. »

Ces confessions, révélées au grand public en 2024 dans le documentaire Elizabeth Taylor: The Lost Tapes, dévoilent une femme brisée, contrôlée et trahie par l’industrie qui l’a pourtant couronnée.

Une enfance volée

Née à Londres en 1932, Elizabeth Taylor n’a jamais vraiment eu d’enfance. Dès trois ans, sa mère – une ancienne actrice frustrée – la pousse vers la scène. À neuf ans, elle signe avec Universal, et à douze ans, le film National Velvet la propulse au rang d’icône nationale.
Mais derrière l’image parfaite, l’exploitation est totale. MGM la surveille, la pèse, la modèle. On contrôle son alimentation, ses vêtements, ses mots. On la met sous régime strict, on lui impose des hormones pour modifier sa croissance, on mesure son corps comme un objet.

« Je n’étais plus une fille. J’étais un atout financier. »

L’amour comme champ de bataille

Dès son adolescence, les studios arrangent ses fréquentations et ses mariages. À 18 ans, elle épouse Conrad Hilton Jr., héritier de la célèbre chaîne d’hôtels. Le conte de fées tourne au cauchemar : Hilton est violent, infidèle, alcoolique. Enceinte, elle subit des coups. Elle fait une fausse couche.

« Il rentrait ivre, cassait les meubles, me frappait… J’étais prisonnière. »

Son deuxième grand amour, le producteur Mike Todd, lui apporte enfin un sentiment de sécurité. Il l’aime, la protège, la fait rire. Mais un an après leur mariage, il meurt dans un accident d’avion. Elizabeth s’effondre :

« J’ai hurlé si fort que mon âme est sortie de mon corps. »

Peu après, elle trouve refuge dans les bras d’Eddie Fisher, le meilleur ami de Todd et mari de Debbie Reynolds. Le scandale est immédiat : l’Amérique la traite de voleuse de mari. Et quand Fisher montre à son tour un visage sombre, contrôlant et menaçant, elle comprend qu’elle ne s’en sortira jamais indemne.

Puis vient Richard Burton. Leur rencontre sur le tournage de Cléopâtre est volcanique. Ils s’aiment, se détruisent, se marient deux fois, se battent, se perdent.

« Nous étions comme deux allumettes dans une boîte : brûlants, magnifiques et voués à nous consumer. »
Malgré la passion, l’alcool et la drogue finissent par les emporter.

Les addictions derrière les projecteurs

L’alcool et les pilules deviennent pour Taylor un moyen de survivre.

« Je ne buvais pas pour m’amuser, je buvais pour avoir du courage. »
À la mort de Mike Todd, les médecins lui prescrivent des sédatifs. Pendant les décennies suivantes, elle multiplie les médicaments : tranquillisants, analgésiques, amphétamines. Son corps encaisse ce que son cœur ne supporte plus.
Au début des années 1980, son entourage organise une intervention. Elizabeth accepte d’entrer au Betty Ford Center, devenant la première star à parler publiquement de sa dépendance.
« Il ne se souciaient pas que je sois Elizabeth Taylor. Ils voyaient une femme qui avait besoin d’aide. »
Son courage change la perception mondiale de la toxicomanie et ouvre la voie à une parole nouvelle : celle de la vulnérabilité.

Une voix pour les autres

Dans les années 1980, alors que le sida ravage Hollywood dans le silence, Elizabeth refuse de se taire. Son ami Rock Hudson meurt, et elle décide d’agir.
Elle fonde l’American Foundation for AIDS Research (amfAR), puis sa propre Elizabeth Taylor AIDS Foundation. Elle visite les hôpitaux, serre la main des malades que d’autres fuient.

« Je me disais : quelqu’un doit parler. Puis j’ai compris que ce quelqu’un, c’était moi. »
Son activisme brise la peur et la stigmatisation, sauvant des milliers de vies.

L’icône et la femme

Dans les bandes secrètes, elle distingue deux versions d’elle-même :

« Il y a Elizabeth Taylor, et il y a celle en cellophane. La fausse. Celle qu’ils veulent voir. »
Sous le maquillage et les projecteurs, une femme fragile, rongée par le doute, émerge. Son plus grand combat fut peut-être d’apprendre à se voir autrement que comme une marchandise.

Une fin élégante, à son image

Elizabeth Taylor meurt en 2011, à 79 ans, entourée de ses enfants. Fidèle à elle-même, elle avait demandé à « arriver avec quinze minutes de retard » à ses propres funérailles — un dernier clin d’œil à son humour légendaire.
Sa fortune dépasse le milliard, mais son plus grand héritage n’est pas matériel : il est moral. Elle aura été à la fois icône, survivante, militante et femme imparfaite dans un monde qui exigeait la perfection.

« Je n’ai jamais cessé de croire en l’amour, mais j’ai appris qu’il ne ressemble pas toujours à un film. »

Aujourd’hui, ses mots résonnent plus fort que jamais. Derrière la légende d’Hollywood, Elizabeth Taylor apparaît enfin dans toute sa vérité : une femme qui a transformé la douleur en puissance, la honte en compassion et la lumière en courage.