Catherine Ringer et Jane Birkin : La Vérité derrière le Silence et cette Phrase Inattendue prononcée aux Obsèques

Le monde de la culture est parfois le théâtre de rencontres improbables, de silences pesants et, inévitablement, d’adieux déchirants. Le 24 juillet dernier, alors que Paris s’habillait de gris pour accompagner Jane Birkin vers sa dernière demeure, une voix s’est élevée, singulière et franche, pour briser le murmure convenu des hommages officiels. Cette voix, c’est celle de Catherine Ringer. L’icône des Rita Mitsouko, figure de proue du rock français, a choisi ce jour de deuil national pour livrer une vérité personnelle, loin des hyperboles habituelles, sur celle qui fut “l’Ex-fan des sixties”.

Le Choc des Adieux : Une Atmosphère Lourde

Ce lundi 24 juillet restera gravé dans les mémoires. L’église Saint-Roch, paroisse des artistes, accueillait le tout-Paris pour un dernier hommage à Jane B. La foule, compacte et émue, se pressait pour apercevoir les visages des célébrités venues saluer la mémoire de l’Anglaise préférée des Français. Parmi elles, Catherine Ringer, silhouette reconnaissable entre mille, démarche décidée, portait sur son visage la gravité de l’instant.

La mort de Jane Birkin, survenue le 16 juillet, avait laissé un vide immense. Elle incarnait une certaine idée de la liberté, une élégance bohème et une fragilité touchante. Catherine Ringer, elle, incarne la puissance, l’excentricité, le feu. Deux femmes, deux énergies, deux monstres sacrés de la chanson française qui se sont croisés, observés, et respectés au fil des décennies. Mais que pensaient-elles vraiment l’une de l’autre ? C’est la question qui brûlait les lèvres alors que Catherine s’approchait des micros.

La Révélation au Micro de Nice-Matin

C’est au quotidien Nice-Matin que Catherine Ringer a réservé ses confidences, en marge de la promotion de son nouveau spectacle, “L’érotisme de vivre”. Le timing peut sembler audacieux : parler de soi, de son art, le jour même où l’on enterre une consœur. Mais Ringer n’a jamais fait les choses comme tout le monde. Et c’est précisément dans ce contraste que réside la force de son témoignage.

Interrogée sur Jane Birkin, Catherine Ringer n’a pas versé dans la fausse modestie ou les louanges préfabriquées. Elle a prononcé des mots simples, directs, qui ont résonné bien plus fort que les longs discours. « Je l’admirais pour sa beauté », commence-t-elle, saluant l’aura magnétique de celle qui a inspiré Serge Gainsbourg. Jusque-là, rien que de très attendu. C’est la suite qui interpelle.

« Parfois, je la trouvais trop gentille. »

Décryptage d’une Phrase “Choc”

“Trop gentille”. La phrase est lâchée. Dans un monde où l’ego est roi, où les griffes sont souvent sorties en coulisses, qualifier quelqu’un de “trop gentil” n’est pas anodin. Est-ce un compliment ? Une critique déguisée ? Un constat amer ?

Pour comprendre cette déclaration, il faut plonger dans la psychologie de ces deux artistes. Catherine Ringer, c’est la résilience, la force brute qui a survécu à la mort de Fred Chichin, qui a porté le rock à bout de bras. Elle connaît la dureté du métier, la nécessité de se forger une carapace. Face à elle, Jane Birkin a toujours affiché une douceur désarmante, une bienveillance quasi-naïve, un sourire qui semblait s’excuser d’être là.

Quand Catherine Ringer dit “trop gentille”, elle ne dit pas “faible”. Elle souligne peut-être le poids de cette gentillesse. Être “trop gentil” dans le show-business, c’est risquer de se faire dévorer, c’est donner sans compter, c’est parfois s’oublier soi-même pour plaire aux autres ou pour ne pas blesser. Ringer, avec sa lucidité légendaire, a peut-être perçu chez Jane cette faille, cette incapacité à dire non, cette générosité qui pouvait devenir un fardeau.

Certains titres racoleurs ont voulu voir dans cette déclaration une attaque, allant jusqu’à utiliser le mot “monstre”. Il n’en est rien. La “monstruosité” ici n’est pas celle de la méchanceté, mais celle du talent immense, dévorant. C’est le “monstre sacré”. Mais la remarque de Ringer sur la gentillesse excessive de Birkin sonne comme une protection a posteriori, comme si elle avait voulu dire : “Tu étais trop pure pour ce monde de requins.”

L’Érotisme de Vivre face au Deuil

Le contexte de cette interview ajoute une couche de profondeur au propos. Catherine Ringer parlait de son spectacle “L’érotisme de vivre”, basé sur les poèmes d’Alice Mendelson, une survivante, une femme de 98 ans qui célèbre la pulsion de vie. Il y a une ironie tragique et magnifique à évoquer la “pulsion vitale” le jour d’un enterrement.

Cela met en lumière ce qui reliait finalement Catherine et Jane : l’amour de la vie, malgré les drames. Jane Birkin a vécu la perte tragique de sa fille Kate, la maladie, la solitude, mais elle a continué à chanter, à sourire, à défendre des causes. Catherine Ringer a perdu son âme sœur musicale et amoureuse, mais elle est remontée sur scène, plus vivante que jamais.

La remarque “trop gentille” prend alors un autre sens. C’est peut-être le regret de ne pas avoir vu Jane se protéger davantage, se préserver pour elle-même. C’est l’expression d’une affection rugueuse, sincère, de la part d’une femme qui sait que pour durer, il faut parfois montrer les crocs.

Deux Facettes de la Féminité

Au-delà de l’anecdote, cet échange posthume entre Ringer et Birkin dessine deux archétypes de la femme artiste en France. Jane était l’air, la muse, l’anglaise exquise qui murmurait ses chansons. Catherine est la terre, le feu, la créatrice qui hurle sa poésie.

Le public français les a aimées toutes les deux, passionnément. La disparition de Jane Birkin marque la fin d’une époque, celle de l’insouciance des années 70. La parole de Catherine Ringer, elle, nous ancre dans le présent, dans la réalité crue. En disant “elle était trop gentille”, elle nous rappelle que derrière l’icône sur papier glacé, il y avait un être humain, avec ses qualités qui pouvaient être ses talons d’Achille.

Un Hommage en Demi-Teinte ?

Finalement, cette “sombre vérité” annoncée par certains médias n’est pas un scandale, mais une leçon d’humanité. Non, Jane Birkin n’était pas un monstre. Elle était peut-être simplement une femme qui a trop aimé, trop donné, trop souri, au point d’en devenir “trop gentille” aux yeux de ceux, plus aguerris, qui l’observaient.

Catherine Ringer, en refusant l’éloge funèbre classique, a rendu à Jane le plus bel hommage possible : celui de la vérité. Elle l’a traitée d’égale à égale, sans fard. Elle a salué sa beauté, mais elle a aussi reconnu sa fragilité. Et c’est sans doute cette honnêteté brutale qui nous manque le plus aujourd’hui.

Alors que Jane Birkin rejoint les étoiles et les nuages, comme le dit si poétiquement la voix off de la vidéo, les mots de Catherine Ringer restent sur terre pour nous faire réfléchir. Dans un monde qui valorise la force et la performance, la gentillesse – même excessive – reste peut-être la plus belle des rébellions, même si elle a un prix. Et cela, Catherine Ringer le sait mieux que personne.