Bibie : L’interprète de “Tout doucement” brise le silence sur son mariage infernal, ses incendies mystérieux et sa “mort” annoncée à la télé

C’est une mélodie qui a traversé les générations, une douceur sucrée qui reste gravée dans la mémoire collective française. “Tout doucement”, sorti en 1985, n’était pas seulement un tube, c’était un hymne à la tendresse. Derrière ce succès phénoménal se cachait une jeune femme venue du Ghana, Bibie, dont le destin semblait tout tracé vers les sommets de la gloire internationale. Pourtant, une fois les projecteurs éteints, la réalité de la chanteuse était bien loin de la douceur de ses refrains. Aujourd’hui, après des années de silence, Bibie lève le voile sur les drames qui ont jalonné sa vie : un mariage destructeur, des tragédies à répétition et une résilience à toute épreuve.

L’ascension fulgurante d’une étoile venue d’ailleurs

Née Béatrice Adjorkor Anyankor à Accra, Bibie a grandi dans un milieu diplomatique, baignée par la culture et la musique. De Londres à Lagos, en passant par Abidjan, elle a forgé sa voix au gré de ses voyages, côtoyant même la légende Fela Kuti. Mais c’est à Paris que son destin bascule. En 1985, sa rencontre avec le compositeur Jean-Paul Dréau donne naissance à “Tout doucement”. Le succès est immédiat : plus d’un million d’exemplaires vendus, un Disque d’or, et une reconnaissance qui dépasse les frontières, jusqu’à séduire Dalida qui reprendra le titre en italien. Bibie devient la première artiste ghanéenne à connaître un tel triomphe mondial. Tout semblait possible.

L’envers du décor : Un mariage toxique et destructeur

Mais alors que la France entière chantonne son air, Bibie vit un calvaire en coulisses. Son mariage avec Guy Gluck, un cadre influent de l’industrie musicale, se transforme en piège. La jalousie maladive et l’alcoolisme de son époux assombrissent son quotidien. “Son alcoolisme a détruit sa carrière et pratiquement la mienne aussi”, confiera-t-elle plus tard. Prisonnière d’une relation sous emprise, Bibie se tait, subissant une “torture mentale” qui l’isole peu à peu. En 1990, elle trouve enfin le courage de fuir pour se protéger elle et son fils, espérant laisser derrière elle les démons du passé.

Le sort s’acharne : Trois incendies et dix ans de silence

Pensant trouver la paix dans un manoir qu’elle achète dans l’Aisne, Bibie va faire face à une série de catastrophes dignes d’un thriller. Sa demeure est ravagée par les flammes non pas une, mais trois fois. Accident ? Malveillance ? Le mystère plane encore. Mais le résultat est là : tous ses souvenirs, ses archives, ses biens partent en fumée. Le traumatisme est tel que la chanteuse perd sa voix. “J’étais incapable de chanter pendant 10 ans”, avoue-t-elle. Réduite au silence par le choc, elle disparaît des radars, laissant le public et l’industrie l’oublier peu à peu.

La fausse mort et la vraie renaissance

Comme si cela ne suffisait pas, l’humiliation publique vient s’ajouter au drame. En 2019, sur le plateau de Touche Pas à Mon Poste, un chroniqueur annonce par erreur la mort de Bibie. La rumeur enfle en direct, laissant ses proches et ses fans dans l’effroi, avant d’être démentie. Pour Bibie, bien vivante, c’est un choc surréaliste.

Pourtant, Bibie est une survivante. Loin de se laisser abattre, elle a transformé ses épreuves en force. Retournée au Ghana, elle a ouvert le “New Morning Arts Café”, un lieu dédié à la transmission où elle coache la nouvelle génération d’artistes. Elle a soigné ses blessures en aidant les autres à trouver leur voix. Aujourd’hui, entre la France et l’Afrique, Bibie continue de chanter, participant parfois aux tournées “Stars 80”. Si elle n’a pas eu la carrière immense que son talent promettait, elle a gagné quelque chose de plus précieux : la liberté et la paix. Son histoire n’est pas celle d’une “One Hit Wonder”, mais celle d’une femme courageuse qui a su se relever des cendres, tout doucement, mais sûrement.