Béber des Forbans : De l’Hymne ‘Chante’ au Silence Glaçant, Récit d’une Fin Voulue et Oubliée.

L’annonce est tombée le 25 novembre 2025, non pas comme un coup de tonnerre médiatique, mais dans une sobriété presque irréelle, contrastant violemment avec la carrière flamboyante qu’elle venait clore. Albert Kassabi, que toute une génération connaissait sous le nom joyeux de Béber, le chanteur emblématique des Forbans, s’est éteint. Les médias français ont titré avec émotion, mais la nouvelle elle-même est arrivée sans éclat, sans rumeur préalable, confirmée par un communiqué laconique de son ancien acolyte Michel Papin. Béber s’est tu dans la discrétion la plus totale, loin des projecteurs qu’il avait tant aimés, mais qu’il avait aussi appris à fuir. Le choc fut immense, moins par l’événement que par le silence glaçant qui l’entourait : celui d’un artiste autrefois au sommet, parti dans l’oubli consenti, fidèle à une dignité qu’il n’avait jamais monnayée.
L’histoire de Béber est celle d’une ascension fulgurante, typique des années 80, mais aussi celle d’un naufrage artistique vécu avec une humilité et un orgueil qui forcent le respect. Né en 1962 à Tunis, il grandit en banlieue parisienne, nourri au rock and roll américain et à la culture pop. Dès l’adolescence, son énergie débordante et son sens inné du spectacle le désignent comme un leader. À la fin des années 70, il cofonde Les Forbans, un groupe rock’n’roll teinté de nostalgie des années 50, misant sur une esthétique joyeuse, des costumes colorés et une présence scénique électrique.
Le grand tournant survient en 1982 avec le titre “Chante”. Ce morceau s’impose instantanément comme un hymne générationnel, atteignant le sommet des hit-parades. Porté par la voix enjouée et la personnalité explosive de Béber, le groupe devient l’emblème d’une décennie avide de légèreté. Pendant quatre ans, entre 1982 et 1986, Les Forbans enchaînent les succès : “Tape des mains”, “Flip flap”, “Lève-toi”. Les albums se vendent par centaines de milliers. Béber, avec son sourire contagieux et sa gestuelle exubérante, incarne l’âme du groupe, devenant la figure de proue d’un véritable phénomène culturel.
Pourtant, au-delà des paillettes et des flashs, Béber est resté un homme simple et authentique. Il refuse les excès, préférant le contact direct avec son public aux mondanités. Il anime des fêtes de village, participe à des événements caritatifs, conservant un lien sincère et humain avec la France populaire qui l’a porté. C’est cet ancrage qui lui vaudra une affection durable, mais qui ne le protégera pas de la dure loi de l’industrie musicale.
La vague de popularité commence à s’essouffler à la fin des années 1980. Le paysage musical évolue, les sons changent, et le style rétro des Forbans, autrefois novateur, commence à être perçu comme démodé. Une tension sourde s’installe au sein du groupe, exacerbée par la baisse des cachets et des divergences artistiques. Des membres quittent l’aventure, laissant Béber, l’éternel obstiné, choisir de continuer “coûte que coûte”, même au prix de sacrifices personnels et d’une déprogrammation cuisante de concerts pour “faible affluence” en 1992.
Cette réalité est un coup de massue pour l’artiste qui, jusque-là, avait été l’enfant chéri du public. Pour la première fois, il doit faire face à l’oubli. Côté personnel, les années 90 sont marquées par un repli. Discret sur sa vie privée, il confie dans une rare interview en 1995 une phrase révélatrice d’une profonde solitude : “J’ai donné toute mon énergie à la scène et parfois j’ai oublié d’exister ailleurs”.
Plus douloureuse encore est la précarité financière. Contrairement à d’autres icônes de sa génération, Béber n’a jamais capitalisé sur son succès. Les Forbans n’ont pas touché de royalties massives, ni signé de juteux contrats publicitaires. L’absence de stratégie à long terme l’oblige, dans les années 2000, à se réinventer. Il se forme au métier d’ébéniste, un virage professionnel inattendu, mais qui témoigne d’un orgueil blessé et d’un refus de la pitié. Il choisit de construire une nouvelle existence de ses propres mains, refusant de se lamenter sur la gloire passée.
Sur le plan musical, il tente bien des relances. Des tournées revivales sont organisées, de nouveaux titres enregistrés, mais le succès commercial n’est plus au rendez-vous. En 2007, un projet d’album hommage tombe à l’eau faute de financement. La presse spécialisée parle alors d’un “groupe fantôme”, une expression qui blesse profondément Béber, qui confiait à ses proches : “Il parle de nous comme si on était plus là, alors qu’on chante toujours”. L’artiste, digne, n’évoquera jamais publiquement les rumeurs d’une demande d’aide financière restée sans réponse de la part de son ancienne maison de disques, mais sa frustration d’être abandonné par le système qu’il avait contribué à bâtir était palpable.
Il n’est plus invité sur les plateaux de télévision que pour évoquer la “belle époque” dans des émissions nostalgiques, une récupération qui le gêne. “Je ne suis pas mort, je chante encore”, lance-t-il en 2012. Le coup de grâce personnel survient en 2014, avec le décès de sa mère, à laquelle il était profondément attaché. Cette perte le fragilise davantage, le refermant sur lui-même.

C’est à la fin des années 2010 que s’engage le dernier combat, le plus insidieux : celui contre la maladie. Discrètement, il annule des dates, évoquant de la fatigue, mais continue à se produire dans des petites salles avec un courage admirable. La maladie, qualifiée par son entourage de “longue maladie” grave et progressive, gagne du terrain, mais Béber refuse catégoriquement d’en parler publiquement. Il ne veut ni compassion ni mobilisation médiatique autour de son état de santé. Il préfère que l’on se souvienne de lui en scène, énergique et souriant.
Jusqu’au bout, il s’est accroché à ce lien simple avec le public. Loin des grandes scènes, il continuait à chanter dans des fêtes de quartier, des événements associatifs, voire des maisons de retraite. “Je ne cours plus après les projecteurs, ce qui m’intéresse c’est le partage même petit”, confiait-il en 2016. Derrière cette modestie, sa santé se dégradait lentement, dans un secret absolu.
À partir de 2023, les apparitions publiques se font de plus en plus rares. Béber s’éloigne, vit reclus en région parisienne, mais jamais amer. “C’est comme ça, j’ai eu ma chance, maintenant je me repose,” aurait-il dit à un voisin. Une photo de 2024 le montre aminci et affaibli, mais toujours vêtu de son éternel perfecto noir. Ce silence n’était pas l’oubli, mais un choix assumé : celui de disparaître dignement.
Le 25 novembre, le communiqué de Michel Papin met fin à cette attente silencieuse. Albert Béber Kassabi s’est éteint à 63 ans, dans un établissement de soins près de Paris, dans l’intimité la plus totale. Les fenêtres de sa chambre étaient closes, la lumière grise du ciel parisien filtrait à travers les rideaux. Pas de foule, pas de caméras, juste ses proches. Béber est mort. Sa compagne était présente, ainsi que deux membres de sa famille. Selon leurs confidences, Béber était calme et serein, conscient de la fin qui approchait. Il aurait murmuré à son frère : “Je suis fatigué mais je suis en paix”. Un dernier moment d’une sobriété absolue, loin des cris de fans et des flashs lumineux de la scène.
Son dernier souhait, clair et sans ambiguïté : “Pas de cérémonie grandiloquante, s’il vous plaît. Gardez les chansons mais laissez-moi partir tranquille”. Il est parti comme il avait vécu ses dernières années : simplement, humblement, sans rien demander à personne. La mort de Béber a réveillé une vague d’émotion inattendue sur les réseaux sociaux. Des anonymes, d’anciens fans, ont partagé leurs souvenirs, faisant résonner “Chante” comme un adieu silencieux.
L’héritage de Béber Kassabi n’est pas une fortune colossale, ni un empire médiatique. Son véritable patrimoine réside dans la trace indélébile qu’il a laissée dans la mémoire collective. Un artiste sans scandale, d’une sincérité rare, qui n’a jamais cessé de donner, même quand le monde du spectacle lui tournait le dos. Si son étoile s’est éloignée du firmament médiatique, elle n’a jamais cessé d’exister dans les cœurs. L’ultime leçon de Béber n’est pas celle d’une carrière flamboyante, mais celle de la dignité : rester fidèle à soi-même, même et surtout, dans l’oubli. L’homme qui incarnait la fête a choisi de tirer sa révérence dans le plus noble des silences.
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