Amanda Lear, l’Ultime Aveu : À 85 Ans, la “Reine du Mensonge” Révèle Enfin ce que Tout le Monde Soupçonnait

Paris, France. C’est la fin de la plus longue partie de cache-cache de l’histoire du spectacle. Amanda Lear, la créature insaisissable, la muse à la voix grave, l’énigme vivante qui a traversé les décennies sans jamais vraiment dire qui elle était, vient de poser les armes. À 85 ans (ou est-ce 74 ? 90 ?), celle qui a fait de l’ambiguïté un art majeur a décidé de lâcher ce qui ressemble fort à une confession testamentaire.

Dans un monde obsédé par la transparence, Amanda Lear a bâti un empire sur le flou. Mais aujourd’hui, le brouillard se dissipe, et ce qu’il révèle est peut-être plus fascinant encore que la légende : tout était faux, et c’était volontaire.

Le Secret d’Alain Tapp et la Fabrique du Mythe

Pendant un demi-siècle, la rumeur a couru, tenace, sulfureuse : Amanda Lear serait née homme, sous le nom d’Alain Tapp, à Saïgon. Une rumeur qu’elle n’a jamais totalement tuée, préférant en jouer avec un sourire en coin. Aujourd’hui, l’aveu tombe, non pas sur son anatomie, mais sur sa stratégie. « Je n’avais pas de vraie voix, je ne savais pas chanter », admet-elle avec une lucidité désarmante.

Alors, pour exister face aux géants, elle a fabriqué le mystère. Elle a laissé dire, laissé écrire, laissé fantasmer. Dali l’a adoubée, Bowie l’a propulsée, mais c’est elle qui a tiré les ficelles. « C’est la base pour être intéressant », lâche-t-elle. Cette phrase sonne comme le clap de fin d’une performance artistique qui aura duré toute une vie. Elle n’était pas seulement une muse ; elle était son propre chef-d’œuvre de fiction, utilisant le doute sur son genre comme une arme marketing massive bien avant que le terme “buzz” n’existe.

Dans le Lit du Surréalisme : Le “Trouple” avec Dali

Les révélations ne s’arrêtent pas à son état civil. Lear ouvre la porte de la chambre à coucher la plus étrange du XXe siècle : celle de Salvador Dali. Ce n’était pas une simple histoire de muse et d’artiste. C’était un “trouple” avant l’heure, une cohabitation surréaliste avec Gala, l’épouse tyrannique du maître.

Imaginez la scène : une jeune étudiante aux Beaux-Arts, fascinée par un génie de 60 ans qui lui lance « Tu as le plus beau crâne que j’ai jamais vu ». Pour entrer dans ce cercle, Amanda a dû subir les foudres de Gala, qui la trouvait « puante » et critiquait sa voix de « chauffeur ivre ». Pourtant, un lien spirituel indestuctible s’est tissé, au point que Gala, épuisée par son rôle de gardienne, a fait jurer à Amanda d’épouser Dali après sa mort. Une promesse non tenue, mais qui prouve l’emprise totale de ce clan sur sa vie.

Bowie, le Pygmalion de l’Ombre

Si Dali a sculpté son esprit, c’est David Bowie qui a sculpté la star. C’est lui, l’extraterrestre du rock, qui a repéré cette fille sur la pochette de Roxy Music, tenant une panthère en laisse. Il est tombé amoureux non pas de la femme, mais de l’image.

C’est Bowie qui a payé ses cours de chant, qui l’a poussée sur scène, qui lui a donné cette confiance en elle qui lui manquait cruellement. Il a vu en elle le potentiel d’une icône disco, une Marlene Dietrich de l’ère spatiale. « Il m’a donné confiance », confesse-t-elle. Sans Bowie, Amanda Lear serait restée une curiosité mondaine. Avec lui, elle est devenue une marque mondiale.

Le Feu et la Glace : Le Drame d’une Vie

Mais derrière les paillettes et les légendes, il y a la tragédie, brute, réelle. Celle qui ne s’invente pas. En 2000, un incendie ravage sa maison et emporte l’homme de sa vie, son mari Alain-Philippe Malagnac. C’est la cicatrice invisible qui ne s’effacera jamais.

Après avoir côtoyé les plus grands, après avoir aimé des dieux vivants, Amanda Lear finit sa route seule. Et surprise : elle adore ça. « Vivre ensemble, quel cauchemar ! », s’exclame-t-elle. À 85 ans, la femme qui a été définie par les hommes qui l’entouraient revendique une liberté farouche. Elle ne veut plus de compromis, plus de rôles à jouer.

Au final, Amanda Lear nous a-t-elle tout dit ? Probablement pas. Et c’est tant mieux. Car en avouant qu’elle a menti pour nous divertir, elle nous offre la plus belle des vérités : la réalité est souvent ennuyeuse, c’est le rêve qui nous tient en vie. Et en matière de rêve, personne n’a fait mieux qu’elle. Chapeau l’artiste.