Adieu BB : Le déchirement de Nicolas Charrier, effondré sur le cercueil de sa mère à Saint-Tropez

Saint-Tropez (Var) – Ce n’était pas seulement l’adieu à une icône du cinéma, à une militante acharnée ou à la femme la plus célèbre de France. Ce jeudi matin, sous le ciel froid mais lumineux de la Côte d’Azur, c’était avant tout l’adieu d’un fils à sa mère. Et quel adieu. Alors que Saint-Tropez retenait son souffle pour accompagner Brigitte Bardot vers sa dernière demeure, une scène d’une intensité émotionnelle rare a figé l’assistance dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption : l’effondrement, physique et moral, de Nicolas Charrier.

Une atmosphère lourde de sens

Dès les premières heures de la matinée, la place des Lices et les ruelles pavées menant à l’église du vieux quartier de la Ponche étaient noires de monde. Des milliers d’anonymes, une fleur à la main ou serrant une photo de “BB” contre leur cœur, s’étaient massés derrière les barrières de sécurité. Le silence était religieux, seulement troublé par le clapotis de la Méditerranée toute proche et le murmure des prières.

Mais à l’intérieur de la petite église jaune et ocre, l’ambiance était, elle, strictement intime. Conformément aux dernières volontés de la star, seuls la famille très proche et quelques amis fidèles avaient été conviés. Pas de caméras de télévision, pas de faste hollywoodien. Juste l’essentiel. Au premier rang, Bernard d’Ormale, le mari de Brigitte, le visage fermé, digne dans la douleur. Et à ses côtés, Nicolas Charrier.

Le poids d’un passé tumultueux

La présence de Nicolas, 66 ans, était déjà en soi un événement. On connaît l’histoire complexe, souvent douloureuse, qui a lié Brigitte Bardot à son fils unique, né de son union avec Jacques Charrier en 1960. Une relation marquée par l’absence, par des mots durs échangés par médias interposés, et par cette phrase terrible dans les mémoires de l’actrice comparant sa grossesse à une tumeur.

Pourtant, ces dernières années, un rapprochement discret s’était opéré, loin des projecteurs. Une paix fragile mais réelle, tissée dans le secret de La Madrague. Ce matin, Nicolas n’était pas le “fils rejeté” des tabloïds, mais un homme aux cheveux gris, écrasé par le chagrin, venu dire au revoir à celle qui lui avait donné la vie.

L’instant où tout a basculé

La cérémonie, sobre et accompagnée de chants grégoriens que Brigitte affectionnait, touchait à sa fin. Le prêtre venait de prononcer la bénédiction finale. C’est au moment où l’assistance s’est levée pour l’aspersion du corps que le drame intime s’est noué.

Nicolas Charrier s’est avancé lentement vers le cercueil de bois clair, recouvert d’une simple gerbe de fleurs des champs et de marguerites, les préférées de sa mère. Il a posé une main tremblante sur le bois. Puis, comme si le poids de toutes ces années, de tous les non-dits et de cette séparation définitive s’abattait sur lui d’un coup, il a vacillé.

Un murmure d’effroi a parcouru les bancs de l’église. Nicolas ne tenait plus debout. Il s’est littéralement effondré, le buste contre le cercueil, les mains agrippées au bois comme à une bouée de sauvetage, sanglotant sans retenue. “Maman… Maman…”, a-t-on pu entendre dans le silence sépulcral de la nef.

C’était une image d’une violence émotionnelle inouïe. L’homme adulte avait disparu pour laisser place à l’enfant. Bernard d’Ormale s’est immédiatement précipité pour le soutenir, l’entourant de ses bras, lui chuchotant des mots d’apaisement à l’oreille. Pendant de longues secondes, le temps a semblé suspendu. Personne n’osait bouger, respectant cette douleur brute qui balayait d’un revers de main des décennies de rumeurs et de malentendus.

L’amour plus fort que les blessures

Ceux qui doutaient de l’amour que Nicolas portait à sa mère ont eu leur réponse ce matin. Les larmes de Nicolas Charrier n’étaient pas seulement celles du deuil, elles étaient celles du regret, de l’amour retrouvé et peut-être de la réconciliation ultime.

À la sortie de l’église, le visage ravagé par les larmes, soutenu par ses propres enfants, Nicolas semblait épuisé mais apaisé. La foule, respectueuse, n’a pas applaudi comme on le fait parfois pour les stars. Elle a gardé le silence, comprenant instinctivement que ce qui venait de se jouer dépassait le cadre du spectacle.

Brigitte Bardot repose désormais au petit cimetière marin de Saint-Tropez, face à la mer qu’elle aimait tant, aux côtés de ses parents. Mais l’image que l’on gardera de cette journée historique ne sera peut-être pas celle des fleurs ou des hommages officiels. Ce sera celle d’un fils, à genoux, pleurant sa mère. Une preuve, s’il en fallait une, que derrière le mythe planétaire, il y avait une famille, avec ses failles, ses drames, mais aussi, in fine, un amour indéfectible.

La Madrague est désormais vide, mais le cœur de Nicolas, lui, est sans doute plus lourd que jamais, rempli de tout ce qui n’a pas pu être dit avant le grand départ. Repose en paix, Brigitte. Ton fils t’a pardonnée, et il t’a pleurée comme jamais.