Adieu BB : Brigitte Bardot, l’Éternelle Idole et Militante, S’est Éteinte à 91 Ans à La Madrague

Ce 28 décembre 2025 restera marqué d’une pierre noire dans l’histoire culturelle de la France. Le mythe est tombé. Brigitte Bardot, celle que le monde entier surnommait “BB”, celle qui avait incarné à elle seule la liberté, la beauté sauvage et la révolte, nous a quittés à l’âge de 91 ans. La nouvelle, redoutée depuis quelques mois en raison de la fragilité de son état de santé, est tombée comme un couperet, confirmée par la Fondation qui porte son nom et relayée par l’AFP. C’est à La Madrague, son refuge mythique de Saint-Tropez, loin des hôpitaux aseptisés et des flashs qu’elle fuyait tant, qu’elle a rendu son dernier souffle, entourée de ses proches et de ses animaux.

Une fin de vie entre lutte et sérénité

L’année 2025 avait été particulièrement éprouvante pour l’ancienne actrice. Comme le rapportaient plusieurs médias varois, elle avait dû faire face à des soucis de santé croissants, nécessitant des hospitalisations à Toulon à l’automne. En novembre, une rumeur macabre avait déjà annoncé sa mort, obligeant “la Dame de la Madrague” à sortir de son silence pour un démenti cinglant, prouvant qu’elle n’avait rien perdu de sa combativité. “Je suis en phase de réadaptation”, disait-elle alors, réclamant le droit à l’intimité.

Mais cette fois, le destin en a décidé autrement. Il n’y a pas eu de démenti, seulement des larmes et des fleurs qui s’amoncellent depuis deux jours devant les grilles de sa propriété tropézienne. Ce mémorial improvisé, où les anonymes viennent se recueillir, souvent accompagnés de leurs chiens, est peut-être le plus bel hommage qui pouvait lui être rendu. Il raconte le lien indéfectible entre Bardot et le peuple, un lien fait de fascination, parfois d’incompréhension, mais toujours d’une immense passion.

La naissance d’une révolution

Pour mesurer le vide qu’elle laisse, il faut se souvenir du séisme qu’elle a provoqué. En 1956, dans “Et Dieu… créa la femme” de Roger Vadim, elle ne s’est pas contentée de jouer un rôle. Elle a dynamité la société corsetée de l’après-guerre. Pieds nus, cheveux en bataille, dansant avec une sensualité animale, elle a libéré le corps des femmes bien avant Mai 68. Elle était l’anti-Marilyn : là où la star américaine était une construction sophistiquée, Bardot était la nature brute, l’authenticité désarmante.

Devenue le sex-symbol absolu, l’exportation française la plus célèbre au monde, elle a tourné avec les plus grands, de Clouzot à Godard. Dans “Le Mépris”, elle a offert au cinéma l’une de ses scènes d’ouverture les plus légendaires, transformant son propre corps en œuvre d’art. Mais la gloire avait un prix : une vie traquée, une existence sous cloche où chaque sortie se transformait en émeute. “J’ai été une potiche, une image, je ne veux plus jamais l’être”, dira-t-elle plus tard avec amertume.

1973 : Le grand refus et la naissance de la militante

C’est ce dégoût de la célébrité vide de sens qui a conduit à la décision la plus spectaculaire de sa carrière. En 1973, en pleine gloire, à seulement 39 ans, elle arrête tout. C’est un choc planétaire. Elle refuse les ponts d’or d’Hollywood pour se consacrer à ceux qui, selon elle, ne trahissent jamais : les animaux.

Ce n’était pas un caprice de star, c’était une vocation. On se souvient tous des images de 1977, sur la banquise canadienne, où elle enlace un bébé phoque pour dénoncer le massacre des blanchons. Ce jour-là, Brigitte Bardot a inventé le militantisme médiatique moderne. Elle a mis sa notoriété au service d’une cause alors méprisée, forçant les politiques à agir. En 1986, elle va jusqu’à vendre tous ses biens, bijoux, robes, souvenirs, pour financer sa Fondation. “J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux”, affirmait-elle. Une phrase qui résume à elle seule sa trajectoire foudroyante.

Une Marianne éternelle et controversée

Brigitte Bardot n’était pas une sainte, et elle ne cherchait pas à l’être. Ses prises de position tranchées, ses dérapages verbaux et ses critiques acerbes de la société contemporaine lui ont valu des procès et des inimitiés solides. Mais elle assumait tout, préférant être détestée pour sa franchise qu’aimée pour une hypocrisie de façade. Elle était une Marianne sans filtre, prêtant d’ailleurs ses traits au buste de la République en 1970.

Aujourd’hui, alors que Saint-Tropez perd son âme, la France perd une part de son identité. Brigitte Bardot a prouvé qu’on pouvait vieillir sans tricher, refusant la chirurgie esthétique, arborant ses rides comme les marques d’une vie intense et solaire. Elle laisse derrière elle une filmographie culte et une Fondation puissante, reconnue d’utilité publique, qui continuera le combat.

Adieu Brigitte. Tu as vécu mille vies, tu as aimé avec fureur, tu as hurlé pour ceux qui n’avaient pas de voix. Le silence qui tombe aujourd’hui sur La Madrague est assourdissant, mais ton étoile, elle, ne cessera jamais de briller au firmament de nos mémoires.