Adieu B.B. : À Saint-Tropez, les larmes de Bernard d’Ormale et le récit bouleversant du dernier souffle de l’icône

C’est une journée d’hiver où le soleil pâle de la Côte d’Azur n’a pas suffi à réchauffer les cœurs. Ce mercredi 7 janvier 2026, Saint-Tropez, la ville qui l’a tant aimée et qu’elle a rendue célèbre dans le monde entier, s’est figée dans un silence respectueux et douloureux. Brigitte Bardot, l’éternelle idole, la militante infatigable, l’actrice qui a incarné la liberté absolue, a rejoint sa dernière demeure. Elle s’est éteinte le 28 décembre dernier à l’âge de 91 ans, laissant derrière elle une légende immortelle et des proches anéantis.

Une atmosphère de recueillement intense

Dès la fin de la matinée, une foule compacte mais silencieuse s’est massée aux abords de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Habitants, admirateurs venus de loin, ou simples passants, tous voulaient rendre un dernier hommage à “la Madrague”, à celle qui faisait partie des murs de ce village de pêcheurs devenu capitale du glamour. Mais au-delà de l’événement médiatique, c’était avant tout le deuil d’une famille, d’un clan resserré autour d’un cercueil.

Parmi les figures présentes, on notait une réunion familiale rare et symbolique. Nicolas Charrier, le fils unique de la star, avait fait le déplacement depuis la Norvège, accompagné de ses propres filles, Thea et Anna. Une présence discrète mais lourde de sens, marquant l’unité sacrée face à la perte, au-delà des tumultes du passé. Cependant, tous les regards se sont tournés vers une seule silhouette, celle d’un homme voûté par la douleur, le visage ravagé par les larmes : Bernard d’Ormale.

Bernard d’Ormale, l’image du chagrin

Marié à Brigitte Bardot depuis 1992, Bernard d’Ormale a partagé plus de trente ans de la vie de la star, l’accompagnant dans ses combats, ses retraits, et ses dernières années loin des projecteurs. Devant l’église, il est apparu comme l’ombre de lui-même. Les témoins décrivent un homme “profondément éprouvé”, “visiblement submergé par l’émotion”. À l’approche de la cérémonie, il semblait lutter pour chaque pas, le regard rougi, le visage fermé, portant le masque tragique de celui qui perd sa moitié.

Ces images d’un époux en détresse ont bouleversé l’assemblée. Elles racontaient, mieux que mille discours, l’histoire d’amour et de complicité qui unissait ce couple jusqu’au dernier instant. Mais c’est la veille des obsèques, et quelques minutes avant la messe, que Bernard d’Ormale a livré les clés de cette fin de vie, avec une franchise et une émotion brutes.

“J’en ai marre, je veux partir” : Le combat secret contre la maladie

Dans les colonnes de Paris Match, puis face aux caméras de BFM TV, Bernard d’Ormale a levé le voile sur les causes exactes du décès de Brigitte Bardot, confirmant ce que beaucoup redoutaient : le cancer. L’icône se battait contre la maladie, un combat qu’elle a mené avec la force de caractère qu’on lui connaissait. Selon son époux, elle avait “très bien résisté” à deux lourdes opérations destinées à soigner ce mal qui a fini par l’emporter.

Toutefois, les derniers mois ont été marqués par un affaiblissement physique inéluctable. Bernard raconte une femme fatiguée, usée par la lutte. Il rapporte ces mots terribles, prononcés à deux ou trois reprises dans des moments de grande souffrance physique : « J’en ai marre, je veux partir. » Un aveu de lassitude de la part d’une femme qui a toujours vécu sa vie avec une intensité foudroyante, et qui, face à la diminution de ses forces, aspirait à la paix.

Le récit glaçant et magnifique du dernier souffle

C’est avec la voix serrée, au bord de la rupture, que Bernard d’Ormale a raconté les circonstances précises de la mort de son épouse. Un récit d’une intimité foudroyante qui nous fait pénétrer dans la chambre de la star, à l’instant fatidique.

« Elle m’a appelé, enfin appelé… Elle m’a dit “Pou piou” », confie-t-il, évoquant sans doute un surnom tendre usité dans l’intimité de leur couple. Interrogé par le journaliste Steven Berry sur sa réaction immédiate, Bernard précise : « Pas tout de suite. Non, j’étais un peu surpris. Comme je dormais à moitié, je me suis soulevé et puis j’ai vu qu’elle ne respirait plus. »

La mort est arrivée ainsi, dans le calme d’une nuit, surprenant presque son gardien. Mais ce qui a suivi restera gravé à jamais dans la mémoire de Bernard. Il décrit une métamorphose physique stupéfiante, un phénomène presque mystique qui accompagne parfois le passage de vie à trépas.

« J’ai vu dans le quart d’heure qui est venu sa souffrance partir. Elle est devenue magnifique. C’est très curieux à voir. Ça m’a choqué », avoue-t-il. Il raconte être resté là, figé, pendant une heure, à la contempler. À regarder ce visage que le monde entier a adulé, retrouver une sérénité absolue, débarrassé des stigmates de la maladie et de l’âge. « J’ai regardé l’apaisée », dit-il simplement.

Un adieu solennel

Ce témoignage, livré avec une pudeur extrême malgré la douleur, résonne comme le dernier acte d’amour d’un mari envers sa femme. Il offre au public une image finale de Brigitte Bardot non pas dans la souffrance, mais dans une beauté retrouvée, une paix enfin gagnée.

La cérémonie religieuse s’est déroulée dans cette atmosphère empreinte de respect et d’émotion pure. Saint-Tropez a dit adieu à sa plus célèbre habitante, mais pour Bernard d’Ormale, Nicolas, Thea et Anna, c’est un vide immense qui s’ouvre. Les confidences rares de l’époux resteront comme le document le plus poignant de ces obsèques, rappelant qu’au-delà du mythe, il y avait une femme, une épouse et une mère, qui a fini par trouver le repos qu’elle réclamait.

Brigitte Bardot repose désormais en paix, et comme l’a si bien décrit celui qui lui tenait la main, elle est partie “magnifique”, fidèle à sa légende jusqu’au dernier souffle.