À 88 Ans, le Crépuscule d’une Idole : Alain Delon, ses Regrets Éternels pour Romy et la Guerre Impitoyable qui Déchire son Clan

C’est le drame shakespearien d’une fin de vie que personne n’avait vu venir. À 88 ans, alors que ses forces déclinent, le monstre sacré du cinéma français, Alain Delon, se retrouve au cœur d’une tempête médiatique et judiciaire d’une violence inouïe. Entre les confessions déchirantes sur son grand amour perdu et la bataille rangée que se livrent ses enfants et sa dame de compagnie, le “Samouraï” n’a jamais semblé aussi vulnérable.

La guerre des clans à Douchy

Le domaine de la Brûlerie à Douchy, ce havre de paix où l’acteur espérait finir ses jours tranquillement, est devenu le théâtre d’un conflit ouvert. Au centre de l’arène : Hiromi Rollin, 60 ans, la femme qui partageait le quotidien de la star depuis près de deux décennies. Présentée par Delon lui-même comme sa “compagne” dans un documentaire de 2021, elle a pourtant été expulsée manu militari de la propriété en juillet 2023.

Ses affaires jetées sur le trottoir, une enquête de gendarmerie en cours… La scène est digne d’un film noir. Les trois enfants de l’acteur, Anthony, Anouchka et Alain-Fabien, font front commun. Ils accusent cette ancienne assistante réalisatrice, rencontrée dans les années 80, de “harcèlement moral”, “détournement de correspondance” et même de “maltraitance animale” envers Loubo, le berger malinois tant aimé de l’acteur. Selon eux, elle ne serait qu’une “dame de compagnie” ayant outrepassé ses droits pour mettre la main sur une partie de l’héritage colossal, estimé à près de 250 millions d’euros.

De son côté, Hiromi Rollin contre-attaque, dépeignant des enfants ingrats, plus soucieux de leur patrimoine que du bonheur sentimental de leur père vieillissant. Elle affirme avoir vécu une véritable histoire d’amour avec l’acteur depuis 2006, une relation que le clan Delon aurait toujours refusé d’accepter.

L’ombre indélébile de Romy Schneider

Au milieu de ce tumulte, une vérité poignante ressurgit du passé, rappelant que derrière l’homme d’affaires et la star, il y a un cœur qui n’a jamais cessé de saigner pour une seule femme. Si Alain Delon a séduit les icônes de son temps – de Mireille Darc à Dalida en passant par Nathalie, sa seule épouse – il a récemment confessé, avec une émotion palpable, que Romy Schneider restait l’unique amour de sa vie.

Leur histoire, débutée en 1958 sur le tournage de Christine, a marqué le siècle. Ils étaient “les fiancés de l’Europe”, beaux, jeunes et talentueux. Mais la fougue de la jeunesse et les infidélités de Delon ont eu raison de leur idylle cinq ans plus tard. Une rupture brutale, annoncée par un simple mot laissé sur un miroir, qui poussera Romy à une tentative de suicide. Pourtant, le lien ne s’est jamais rompu.

Aujourd’hui, au soir de sa vie, Delon exprime un regret amer, celui de ne pas l’avoir épousée. Il garde précieusement le souvenir de cette femme tragiquement disparue à 43 ans, brisée par la perte de son fils. Lors de ses obsèques, il lui a écrit ces mots bouleversants en allemand, qu’il porte encore en lui : “Je t’aime mon amour. Tu n’as jamais été aussi belle.”

Un passé marqué par les cicatrices

Pour comprendre la complexité de l’homme, il faut remonter à ses origines. L’enfance d’Alain Delon est celle d’un déracinement. Placé en famille d’accueil après le divorce de ses parents à 4 ans, il grandit près de la prison de Fresnes, entendant les salves des pelotons d’exécution. Une jeunesse turbulente, marquée par une expulsion de l’école et un engagement dans la Marine en Indochine, où il fêtera ses 20 ans les armes à la main.

Ce passé, flirtant avec la délinquance et le milieu de Pigalle à son retour, a forgé son caractère dur, son code d’honneur quasi-mafieux, mais aussi cette mélancolie profonde qui imprègne ses rôles. C’est ce vécu qui a donné cette intensité unique à ses personnages dans Rocco et ses frères ou Le Guépard.

Les fantômes du placard

Mais la légende a ses zones d’ombre, parfois cruelles. L’affaire Ari Boulogne en est la preuve la plus douloureuse. Ce fils présumé, né de sa liaison avec la chanteuse Nico, n’a jamais été reconnu par l’acteur, bien qu’il ait été élevé en grande partie par la propre mère de Delon. Une blessure ouverte qui s’est tragiquement refermée cette année : Ari a été retrouvé mort d’une overdose, seul et dans la misère, à 60 ans. Un drame qui ajoute une note sombre à l’héritage moral de l’acteur.

Aujourd’hui, diminué par un AVC survenu en 2019, Alain Delon vit reclus, spectateur impuissant ou chef d’orchestre secret de la guerre qui se joue autour de lui. Ses enfants jurent vouloir le protéger ; Hiromi Rollin crie à l’injustice. Mais au fond, l’image qui reste est celle d’un homme qui, après avoir tout eu, finit sa vie dans le bruit et la fureur, peut-être plus seul que jamais, avec pour seule compagnie fidèle les fantômes de ses amours passées.

La justice devra trancher ce nœud gordien familial, mais une chose est sûre : le scénario de la fin de vie d’Alain Delon est aussi passionné, tragique et complexe que ses plus grands films.