Une phrase assassine, lancée comme un coup de tonnerre dans le paysage télévisuel français : « L’Intervilles de Nagui, ce n’est pas Intervilles. » Ces mots tranchants viennent directement de l’un des créateurs historiques du programme culte, visiblement outré par la nouvelle version proposée par Nagui. Que s’est-il passé en coulisses ? Pourquoi cette rupture frontale entre tradition et modernité ? Entre fidélité au concept d’origine et volonté de dépoussiérage, les tensions explosent. Nagui répondra-t-il ? L’histoire d’un jeu, d’un héritage, et d’un clash inattendu. Cliquez sur le lien pour découvrir les dessous de cette polémique.

“L’Intervilles de Nagui, ce n’est pas Intervilles” : le clash inattendu entre tradition et modernité

L’annonce du retour d’Intervilles sur France Télévisions avait tout pour séduire les nostalgiques. Ce jeu emblématique, créé dans les années 60 et ayant traversé les décennies avec ses vachettes, ses épreuves loufoques et son esprit bon enfant, avait marqué plusieurs générations. Mais la nouvelle version portée par Nagui a provoqué des remous. Et pas seulement auprès des téléspectateurs. L’un des créateurs historiques du programme, visiblement ulcéré par ce qu’il considère comme une trahison du concept original, a lancé une phrase qui résonne comme un couperet : « L’Intervilles de Nagui, ce n’est pas Intervilles. »

Derrière cette attaque se cache un profond désaccord sur la direction artistique et éditoriale de la nouvelle mouture. Exit les vachettes, éléments incontournables du programme d’origine. Exit aussi certaines épreuves jugées trop désuètes. Nagui, en tant que producteur et figure de proue du projet, a voulu moderniser l’ensemble : diversité accrue dans le casting, humour plus fin, et une approche plus écoresponsable, notamment par le refus d’utiliser des animaux vivants.

Mais cette volonté de modernisation a déplu à certains gardiens du temple. Notamment Jean-Pierre, pseudonyme utilisé ici pour préserver l’anonymat de l’un des co-créateurs du format original. Il ne mâche pas ses mots : « Ce que j’ai vu à l’écran n’a plus rien à voir avec ce que nous avons imaginé. On a vidé Intervilles de son âme. » Il dénonce une émission aseptisée, trop policée, et trop éloignée de l’esprit potache et régionaliste qui faisait son charme.

Pour Nagui, cette critique est injuste. Il l’a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises dans les médias : « Je respecte totalement le patrimoine télévisuel français. Mais nous ne sommes plus dans les années 70. On ne peut pas simplement recopier. Il faut évoluer, proposer quelque chose de cohérent avec notre époque. » L’animateur-producteur souligne que son Intervilles conserve l’esprit de compétition bon enfant, l’humour, et la célébration des régions – tout en adaptant le tout à la sensibilité actuelle du public.

Le retrait des vachettes est sans doute l’élément le plus symbolique de cette querelle. Pour certains, leur disparition signe la fin de l’identité même d’Intervilles. Pour d’autres, elle marque une avancée éthique nécessaire. Nagui, qui milite depuis longtemps pour la cause animale, a assumé ce choix dès le départ. « Je ne voulais pas d’animaux en souffrance pour divertir les gens. Je suis prêt à assumer que ce soit moins spectaculaire, si c’est plus respectueux. »

Mais cette décision a été interprétée par Jean-Pierre et d’autres comme un reniement. « Intervilles, c’est les vachettes, point. » Ce type de position illustre à quel point les représentations de la télévision peuvent devenir des sujets passionnels. Car au-delà du simple contenu d’une émission, ce sont des mémoires collectives, des émotions d’enfance, et des visions différentes de la télévision qui s’entrechoquent.

La presse spécialisée a largement relayé ce conflit générationnel. Certains éditorialistes y voient une illustration parfaite de la difficulté à faire revivre les formats du passé. D’autres, plus modérés, estiment qu’un juste milieu aurait pu être trouvé. « Peut-être fallait-il renommer l’émission », suggère un critique. « Car ce que propose Nagui, aussi intéressant soit-il, n’est plus vraiment Intervilles. »

Et le public dans tout cela ? Les audiences ont été correctes sans être extraordinaires. Les réactions, partagées. Une partie des téléspectateurs a apprécié l’approche moderne, l’humour décalé et les efforts de production. D’autres ont regretté un certain manque de folie, un format trop lisse, et bien sûr, l’absence de vachettes. Sur les réseaux sociaux, les débats ont été vifs. Certains accusant les anciens de ne pas savoir tourner la page, d’autres reprochant à Nagui de « vouloir faire du neuf avec du vieux sans en assumer les codes ».

Nagui, fidèle à lui-même, ne s’est pas laissé démonter. « Je préfère proposer quelque chose d’imparfait mais aligné avec mes valeurs, que de singer le passé en trahissant ce que je suis. » Il affirme vouloir continuer à explorer des formats populaires tout en les adaptant à des enjeux sociétaux contemporains : inclusion, écologie, respect du bien-être animal.

Le conflit entre Jean-Pierre et Nagui pourrait sembler anecdotique, mais il révèle un débat plus large sur la télévision d’aujourd’hui. Peut-on faire du neuf avec du vieux ? Jusqu’où peut-on moderniser un format sans le trahir ? Quelle est la place de l’éthique dans le divertissement ?

Une chose est sûre : Intervilles, version Nagui ou pas, continue de faire parler. Et tant qu’une émission peut susciter autant de passions, c’est qu’elle reste vivante, d’une manière ou d’une autre.