Le “Bazar” a changé de camp ! C’est le signe que tout le monde attendait. Pour la première fois depuis 1979, les commerçants conservateurs et les classes populaires s’unissent contre le régime des Mullahs. L’économie est à terre, la répression est sanglante, et même Donald Trump évoque des “options très fortes”. Alors que le silence de l’intelligentsia française est pointé du doigt, un vent de panique souffle sur Téhéran. Découvrez pourquoi la chute du régime pourrait être plus proche qu’on ne le croit.

L’atmosphère est lourde, presque irrespirable sur le plateau, alors que défilent des séquences que l’on peine à regarder en face. Ce sont des images “abominables”, comme le souligne d’emblée l’animateur, des scènes de répression d’une violence inouïe où l’on distingue, au sol, des corps sans vie, parfois recouverts de simples bâches en plastique. Ces images, témoins muets d’un massacre à huis clos, ont servi de point de départ à une discussion d’une rare intensité sur Europe 1, où l’ancien secrétaire d’État Pierre Lellouche a livré une analyse sans concession de la nature profonde du pouvoir iranien.

L’ADN de la terreur : Un diagnostic implacable

Interrogé sur la lecture qu’il convient de faire de ces images tragiques, Pierre Lellouche n’a pas laissé place au doute ou à la nuance diplomatique. À la question de savoir s’il fallait faire preuve de prudence ou voir dans ces scènes la signature sanglante de la répression d’État, sa réponse a été tranchante : c’est le pouvoir qui ensanglante la rue. “Le pouvoir iranien vit de la terreur, son ADN c’est de tuer”, a-t-il martelé. Pour lui, ce régime ne se maintient que par le meurtre, une stratégie de survie qu’il applique méthodiquement depuis un demi-siècle.

Lellouche décrit une prise d’otage à l’échelle d’une nation. Il dépeint l’Iran non pas comme un État légitime, mais comme un “pays magnifique avec un peuple de grande qualité” capturé par une “bande de mullahs alliée à une équipe d’hommes d’affaires déguisés en militants politiques”. Cette alliance toxique, selon lui, a pour unique but la prédation économique. Les Gardiens de la Révolution, loin d’être de simples idéologues, sont décrits comme les maîtres absolus de l’économie, des individus “richissimes” qui se battent non pas pour une foi, mais pour ne pas perdre leur fortune et le contrôle total du pays. La comparaison qu’il dresse avec le Venezuela de Maduro est frappante : dans les deux cas, une clique s’empare de l’État, se maintient par la violence pure et entretient des réseaux mafieux incluant le trafic de drogue et d’or.

Les chiffres avancés font froid dans le dos : 1 200 citoyens tués depuis le début de l’année dernière, 500 exécutions rien qu’en 2025. Ces statistiques macabres illustrent la fuite en avant d’un système qui n’a plus que la force brute pour repousser sa propre fin.

Le grand silence de l’Occident et l’héritage de l’islamo-gauchisme

Mais au-delà de la condamnation du régime, c’est le silence de l’Occident, et particulièrement de la France, qui a été au cœur des débats. Pierre Lellouche s’est insurgé contre le “deux poids, deux mesures” flagrant qui caractérise la réaction internationale. Il a rappelé les manifestations monstres pour Gaza, mobilisant des centaines de milliers de personnes, et les a mises en contraste avec le silence assourdissant qui accompagne le massacre des Iraniens.

Pour expliquer cette apathie, Lellouche remonte aux origines de la Révolution islamique de 1979. Il pointe du doigt la responsabilité historique de l’intelligentsia française — citant Sartre et Foucault — qui avait alors érigé l’Ayatollah Khomeini en modèle de la révolution anti-impérialiste, simplement parce que le Shah était l’allié des États-Unis. Cette lecture idéologique a, selon les intervenants, scellé la naissance de l’”islamo-gauchisme”. Aujourd’hui, cet héritage paralyse les consciences : la peur d’être taxé d’islamophobie ou d’être traité d’anti-islamique tétanise l’opinion et les élites, empêchant toute critique vigoureuse d’une révolution islamique qui est pourtant, comme le rappelle Lellouche, l’une des sources principales du terrorisme mondial.

Les voix qui s’élèvent : Arthur, Reza Pahlavi et la diaspora

Face à ce silence, quelques voix tentent de briser l’omerta. L’émission a mis en avant le message percutant de l’animateur Arthur, relayé par le chroniqueur Laurent Tessier. Sur Instagram, Arthur a interpellé directement les “indignés permanents”, les étudiants, Greta Thunberg et les célébrités habituellement si promptes à s’émouvoir. Sa formule, citée sur le plateau, résonne comme une accusation : “Leur silence n’est pas une absence, c’est un choix”.

Mahyar Monshipour, également cité, confirme cette analyse : le manque de soutien des personnalités françaises s’explique par la peur. Soutenir ceux qui veulent la chute d’une République islamique, c’est risquer l’étiquette infamante d’islamophobe, une “arme de dissuasion massive” dans le débat public actuel.

Sur le terrain politique, la “France Insoumise” a été particulièrement ciblée pour sa réaction jugée tardive et minimale. Alors que des manifestations avaient lieu, ce n’est que tardivement, lors d’une “grande opération de rattrapage” coordonnée sur les réseaux sociaux, que des figures comme Manuel Bompard ou Mathilde Panot ont publié des messages. L’analyse de leurs textes révèle une sémantique prudente : s’ils parlent de “régime autoritaire théocratique”, le mot “islamisme” ou “dictature islamiste” est soigneusement évité. Aucun d’entre eux ne franchit ce rubicon sémantique.

Pendant ce temps, la diaspora iranienne et les opposants tentent de s’organiser. Reza Pahlavi, le fils du Shah, a lancé un appel solennel aux forces de sécurité iraniennes, les sommant de choisir leur camp : se ranger du côté du peuple et devenir des alliés de la nation, ou rester complices des assassins et porter “à jamais la honte”. À Paris, des milliers de personnes ont manifesté, réclamant des mesures concrètes comme la fermeture des ambassades iraniennes, qualifiées de “QG d’espionnage”, et l’arrêt de l’octroi de visas aux “diplomates terroristes”.

L’espoir d’un basculement : Le Bazar change de camp

Malgré la noirceur du tableau, une lueur d’espoir a été identifiée par Pierre Lellouche. Il a contredit l’idée que le régime serait inébranlable en pointant un changement sociologique majeur. Pour la première fois, le “Bazar” — cette classe commerçante et d’affaires qui tient l’économie du pays — a basculé. Traditionnellement conservateurs et alliés du clergé en 1979 (ce qui avait précipité la chute du Shah), les bazaris sont aujourd’hui du côté de la rue.

L’effondrement total de l’économie, la chute de la monnaie et l’efficacité de l’embargo pétrolier ont poussé ces acteurs clés à lâcher le régime. Ce ne sont plus seulement des étudiants ou des femmes qui manifestent, mais les couches populaires qui ne parviennent plus à se nourrir. C’est cette jonction entre la rue et le pouvoir économique réel qui rend la chute du régime “possible” aux yeux de Lellouche, à une condition près : l’organisation d’un véritable contre-pouvoir politique, qui fait encore défaut aujourd’hui.

Le rôle des États-Unis et d’Israël

L’ombre des États-Unis plane également sur ce dossier. Un extrait sonore de Donald Trump a rappelé que l’option militaire n’était pas exclue. Qualifiant les dirigeants iraniens de “violents”, Trump a affirmé que des “options très fortes” étaient à l’étude, bien que des tentatives de rencontres soient évoquées. Cette pression extérieure, couplée à l’action d’Israël qui, comme l’a rappelé Richard Millet en fin d’émission, a porté un “coup colossal” au régime en bombardant des centrales nucléaires il y a quelques mois, fragilise encore davantage les Mullahs.

En conclusion, l’émission a dressé le portrait d’un régime aux abois, acculé par sa propre population, lâché par sa base économique traditionnelle et sous la menace constante d’une intervention extérieure. Si la terreur reste son mode de survie, l’histoire semble s’accélérer. La question n’est plus seulement de savoir si le régime va tomber, mais quand, et quel sera le prix humain de cette libération que le monde regarde, pour l’instant, avec une prudence coupable.