C’est une séquence qui restera sans doute dans les annales de la matinale de RTL. Ce matin, l’atmosphère feutrée du studio s’est transformée en arène comique lorsque l’humoriste Philippe Caverivière a pris pour cible Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National et fidèle lieutenant de Marine Le Pen. Venu pour parler budget et stratégie politique face à Thomas Sotto et Amandine Bégot, l’élu de la Somme s’est retrouvé malgré lui au cœur d’une chronique au vitriol, oscillant entre admiration feinte pour sa forme physique et moqueries acerbes sur l’état de son parti.

L’Album Panini de l’extrême droite et le “Monsieur S”

Dès son entrée en matière, Caverivière a donné le ton. Notant la succession d’invités du RN ces derniers jours (Bardella, Chenu, et maintenant Tanguy), l’humoriste a déclaré avoir enfin complété son “album Panini de l’extrême droite”, plaisantant sur le fait qu’il avait “Éric Zemmour en double” et que tout le monde s’en fichait. Mais c’est sur les ambitions de Jean-Philippe Tanguy que le chroniqueur a appuyé là où ça fait mal. Présenté régulièrement comme le “Monsieur Économie” du RN, ou le “Monsieur S” (en référence au personnage mystérieux de la série Lupin ou à une marque de grande distribution, le doute plane), Tanguy a dû encaisser les vannes sur son désir inassouvi de devenir ministre. “Bonjour Monsieur le (presque) Ministre de l’Économie”, a lancé Caverivière, soulignant avec ironie que si Tanguy est le “Monsieur Économie”, le poste de “Monsieur Immigration” est, lui, occupé par “tous les autres” au parti.

Le RN : Un club de CrossFit déguisé en parti politique ?

Le moment le plus surréaliste de la chronique fut sans doute la digression sur le physique des cadres du RN. Philippe Caverivière, jamais avare d’une comparaison absurde, a mis en parallèle Jean-Philippe Tanguy et l’actuel ministre des Armées, Sébastien Lecornu. Bien que les deux hommes soient de la même génération (nés en 1986), l’humoriste a cruellement noté que Tanguy “faisait plus jeune”, allant jusqu’à dire que même Michel Barnier semblait plus frais que Lecornu.

“Le RN en 2025, c’est pas un parti politique, c’est un club de CrossFit !”, a hurlé de rire Caverivière, évoquant un Jordan Bardella qui s’affiche torse nu et un Tanguy impeccable dans ses costumes cintrés. Il a imaginé une séance de sport improbable où Lecornu serait relégué à “l’aquagym avec une frite en mousse” aux côtés de retraitées, tandis que les “gosses de riches” du RN soulèvent de la fonte. Une image qui a provoqué l’hilarité générale autour de la table, Tanguy tentant de garder une posture sérieuse tout en esquissant un sourire forcé face à cette description flatteuse mais totalement dépolitisée de son mouvement.

Marine, les chats et l’ablation du testicule

Impossible pour Caverivière de ne pas évoquer la figure tutélaire de Marine Le Pen. Surnommée affectueusement “Madame Chat et litière” par l’humoriste, la leader du RN a été peinte non pas comme une cheffe de guerre, mais comme une grand-mère à chats (“Elle voulait être De Gaulle, elle finira Brigitte Bardot”). Caverivière a pointé du doigt la relation quasi-filiale et parfois infantilisante entre Tanguy et Le Pen, se demandant si le député n’était pas un peu le “chouchou” de la classe qui se fait taper par les autres dans la cour de récréation.

Enfin, revenant sur le sujet sérieux du jour, le budget de la France, Caverivière a livré la punchline de la matinée. Analysant les coupes budgétaires et les promesses de rigueur du gouvernement, il a utilisé une métaphore chirurgicale pour le moins imagée : “On nous a promis l’ablation d’un testicule pour soigner une grippe… et finalement, on nous dit ‘Bon, je te laisse tes deux testicules, mais on va tout changer’”. Une façon vulgaire mais terriblement efficace de résumer l’incompréhension des Français face aux revirements fiscaux, laissant un Jean-Philippe Tanguy partagé entre le rire et la nécessité de reprendre son sérieux pour la suite de l’interview.

Au final, Jean-Philippe Tanguy aura survécu à l’ouragan Caverivière, mais non sans quelques égratignures d’ego. Si le député a tenté de rendre les coups avec quelques réparties, il a surtout servi de punching-ball de luxe pour un humoriste au sommet de sa forme, prouvant une fois de plus que sur RTL, même les sujets les plus graves finissent par se régler dans un grand éclat de rire.