Dans l’arène survoltée de l’émission “N’oubliez pas les paroles”, le micro d’argent n’est pas le seul à faire jaillir des étincelles sous les projecteurs. Nagui, l’animateur vedette de France 2, possède ce talent rare, presque organique, de transformer une simple anecdote de candidat en un moment de télévision suspendu où l’humour se mêle à la confidence intime. Ce samedi 20 décembre 2025, alors que l’ambiance de Noël commençait à envelopper le plateau, le présentateur, fidèle à son image de maître de l’ironie, a levé le voile sur un souvenir aussi audacieux que surréaliste de son propre mariage avec la comédienne Mélanie Page.

L’histoire débute par une séquence de jeu tout à fait ordinaire. Angelina, une candidate originaire du Pas-de-Calais qui semble invincible depuis son arrivée, s’apprête à entonner “Lili voulait aller danser”, le tube indémodable de Julien Clerc. Avant que les premières notes ne résonnent, elle se laisse aller à une confidence : ce titre a bien failli être la bande-son de son ouverture de bal lors de son union avec son époux Benoît.

Cet aveu a immédiatement fait sourciller Nagui. Avec ce mélange de sarcasme et de fausse gravité qui a fait son succès, il a pointé l’incongruité du choix. Les paroles de Julien Clerc, si elles sont entraînantes, évoquent davantage l’insouciance, la fuite et la soif de liberté qu’un engagement éternel devant Monsieur le Maire. “C’est bien pour démarrer un mariage !”, lance-t-il, soulignant avec dérision le décalage abyssal entre le texte et la solennité d’une promesse de fidélité.

Mais comme souvent dans cette émission où l’arroseur finit par être arrosé, Nagui ne tardera pas à être rattrapé par sa propre franchise. Poussé par la spontanéité de la candidate, l’animateur, qui ne recule jamais devant une bonne dose d’autodérision, a fini par admettre que son propre mariage, célébré en juin 2010, n’avait pas été un modèle de romantisme conventionnel. Dix ans après sa rencontre avec Mélanie Page, le couple avait décidé de sceller son amour, mais la playlist de la soirée avait pris une tournure pour le moins inattendue.

Nagui s’est alors remémoré la performance de son ami, le chanteur Kali, venu animer la fête. “Kali, à notre mariage à Mélanie et moi, a chanté ‘Elle m’a dit’, c’est-à-dire ‘Je ne te reverrai plus, casse-toi’ !”, a-t-il lâché, provoquant une explosion de rire sur le plateau. Choisir une chanson de rupture brutale, un hymne à la séparation définitive, pour célébrer l’union la plus importante de sa vie : voilà un paradoxe que seul l’animateur pouvait assumer avec une telle complicité. Conscient qu’il venait de faire exactement ce qu’il reprochait à Angelina quelques secondes plus tôt, il a immédiatement fait amende honorable avec un clin d’œil à son complice : “Oui, bon choix ! À bientôt Kali, merci.”

Cette séquence, bien plus qu’une simple blague de plateau, illustre parfaitement pourquoi Nagui demeure l’une des figures préférées du paysage audiovisuel français. Au-delà de la mécanique bien huilée du jeu, il s’autorise des fragments de vérité, offrant à ses téléspectateurs des éclats de sa vie privée sans le filtre lissé des communiqués de presse. Il rappelle que même derrière le costume de l’homme de média aguerri se cache un homme capable de maladresse, de choix artistiques discutables et, surtout, capable de rire de lui-même.

Quinze ans après avoir échangé leurs vœux, Nagui et Mélanie Page prouvent que la solidité d’un couple ne dépend pas de la perfection d’une playlist de mariage, mais de cette capacité unique à transformer un faux pas en une blague partagée. Ce moment de télévision spontané souligne une vérité universelle : dans l’amour comme à la ville, la meilleure partition reste celle de la sincérité et de l’humour. En fin de compte, que l’on chante la liberté avec Julien Clerc ou la rupture avec Kali, l’important est de continuer à danser ensemble, même si la musique semble parfois à contretemps.

Cette anecdote vient s’ajouter à la longue liste des moments de grâce de “N’oubliez pas les paroles”. L’émission de ce samedi ne s’est pas contentée de voir Angelina infliger un sévère 242 à 0 à son adversaire ; elle a permis de rappeler que la musique est le miroir de nos vies, avec ses paradoxes et ses éclats de rire. Nagui, en brisant la glace de sa propre intimité, a une fois de plus montré que le succès du programme réside dans cette humanité partagée, où chaque refrain peut devenir le déclencheur d’un aveu piquant ou d’un souvenir inoubliable.

Il est fascinant de voir comment un simple choix musical peut devenir le symbole d’une relation. Pour Nagui et Mélanie, l’ironie semble être le ciment de leur histoire. Loin des clichés sirupeux des mariages de contes de fées, ils ont choisi l’authenticité, même si celle-ci passe par des paroles de chansons qui disent le contraire de l’engagement. C’est peut-être là le secret des couples qui durent : ne pas se prendre trop au sérieux et savoir embrasser les imperfections de la vie avec un large sourire.

Alors que les lumières du plateau s’éteignent et que les candidats repartent avec leurs gains ou leurs souvenirs, il reste cette sensation de proximité avec un animateur qui n’hésite pas à se mettre à nu pour le plaisir de son public. Nagui nous rappelle que derrière chaque grand moment de bonheur, il y a souvent une petite note discordante qui, avec le temps, devient la plus belle des mélodies de notre mémoire. Une leçon de vie, d’amour et d’humour, livrée avec la générosité qu’on lui connaît.