Selon le rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité du service public, Nagui serait l’animateur qui se serait le plus “enrichi”
Nagui accusé de « se frotter » aux candidats, l'animateur règle ses comptes

La polémique enfle autour de l’audiovisuel public et de ceux qui en incarnent les visages les plus familiers. Invité sur le plateau de Les Incorrectibles, le député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité du service public, a lâché une phrase qui n’est pas passée inaperçue. Selon lui, Nagui serait, sur la dernière décennie, “celui qui s’est le plus enrichi grâce à l’argent public”.

Nagui, l’homme le mieux payé du service public ?

Une accusation lourde, formulée dans un contexte déjà tendu autour du financement et de l’impartialité des médias publics. Pour Charles Alloncle, ce constat ne relève pas de l’attaque personnelle mais d’un mécanisme économique bien identifié. Les jeux télévisés constituent, selon lui, l’un des piliers les plus lucratifs du paysage audiovisuel.

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Faciles à produire une fois le concept rodé, enregistrables en rafale et peu dépendants de l’actualité, ces formats assurent des revenus réguliers et des marges confortables. Or, France 2 diffuse quotidiennement un nombre impressionnant de jeux, dont une part significative est conçue et produite par les sociétés de Nagui. C’est précisément ce cumul des casquettes qui interroge la commission.

“Quand une même personne concentre autant de fonctions”

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Animateur à l’antenne, producteur en coulisses et fournisseur quasi incontournable de programmes, Nagui, animateur par exemple, de N’oubliez pas les paroles, occupe une place centrale dans la grille du service public. Pour le rapporteur, cette situation crée un déséquilibre : “Quand une même personne concentre autant de fonctions, financées indirectement par l’impôt, la question de la neutralité et de l’équité se pose”, estime-t-il. Mais la critique ne s’arrête pas aux seuls aspects financiers.

Charles Alloncle pointe également ce qu’il considère comme un angle mort du débat public : l’expression d’engagements idéologiques très marqués sur des antennes financées par tous les contribuables. Nagui ne s’en est jamais caché, affirmant à plusieurs reprises son refus de toute complaisance envers certains courants politiques, allant jusqu’à revendiquer un positionnement militant.

L’animateur assume ses positions

Une posture assumée, mais qui, selon le député, devient problématique lorsqu’elle émane d’un animateur-producteur bénéficiant largement des fonds publics. Le cœur de l’enquête vise désormais à objectiver ces critiques. La commission souhaite accéder aux contrats précis liant France Télévisions aux sociétés de production de Nagui, analyser les montants versés, les marges dégagées et les éventuelles clauses préférentielles.

L’objectif affiché n’est pas de stigmatiser un individu, mais de comprendre si le modèle actuel respecte pleinement les principes de pluralisme et d’impartialité inscrits dans la mission du service public. Charles Alloncle insiste sur un point : il s’agit avant tout d’un contrôle démocratique. Chaque année, près de quatre milliards d’euros sont alloués à l’audiovisuel public. À ses yeux, les citoyens sont en droit de savoir comment cet argent est utilisé et s’il profite à une diversité de créateurs ou s’il alimente des rentes installées depuis des années. Au-delà du cas Nagui, qui se confie sur son émotion, cette controverse met en lumière un malaise plus large. Le service public doit-il continuer à s’appuyer sur des figures ultra-dominantes, au risque de brouiller la frontière entre divertissement rentable et mission d’intérêt général ?