Jean-Luc Reichmann, l’animateur préféré des Français, endosse une nouvelle fois le costume du commandant Léo Mattéi pour une onzième saison riche en émotions et en enjeux sociétaux. Pour cet homme de télévision profondément engagé, la série dépasse désormais le simple cadre du divertissement. Elle est devenue un vecteur de communication essentiel pour aborder des sujets délicats, parfois tabous, au sein des familles françaises. Jean-Luc Reichmann est catégorique : il veut que son personnage et les intrigues qu’il mène ouvrent les discussions dans les foyers, là où le silence s’installe trop souvent face aux dangers qui guettent la jeunesse.

Depuis son lancement, la brigade des mineurs menée par Léo Mattéi s’efforce de traiter avec justesse et humanité des problématiques contemporaines telles que le cyberharcèlement, les dérives des réseaux sociaux, ou encore les violences intra-familiales. Jean-Luc Reichmann, très impliqué dans l’écriture et la production aux côtés de sa compagne Nathalie Lecoultre, insiste sur la nécessité de rester au plus près de la réalité. Pour lui, chaque épisode doit être un point de départ pour un échange entre parents et enfants. Il ne s’agit pas seulement de résoudre une enquête policière, mais de donner des clés de compréhension et de prévention à un public de plus en plus exposé aux dangers du monde numérique et physique.

L’acteur souligne que le retour du public est sa plus grande motivation. Il reçoit quotidiennement des témoignages de parents qui, grâce à un épisode de la série, ont réussi à aborder un sujet difficile avec leur adolescent. Cette dimension pédagogique est l’ADN même de la fiction. En plaçant l’humain au cœur de l’intrigue, Jean-Luc Reichmann réussit le pari de sensibiliser sans jamais être moralisateur. Il incarne un flic protecteur, une figure paternelle qui rassure autant qu’elle alerte. La force de Léo Mattéi réside dans cette capacité à transformer une soirée devant la télévision en un moment de réflexion collective.

Cette année encore, la série accueille des invités de marque, apportant une profondeur supplémentaire aux récits. Mais pour l’animateur-comédien, les véritables stars restent les thématiques abordées. Il est convaincu que la fiction a un rôle majeur à jouer dans l’évolution des mentalités. En montrant les rouages des enquêtes de la brigade des mineurs, la série met en lumière le travail acharné de ceux qui dédient leur vie à la protection de l’enfance, tout en soulignant la fragilité de nos structures sociales.

Jean-Luc Reichmann ne cache pas son émotion lorsqu’il évoque l’impact de son travail. Il perçoit Léo Mattéi comme un prolongement de ses propres valeurs. Sa volonté de briser les silences et de provoquer des débats est plus forte que jamais. Pour lui, si un épisode permet de sauver une situation ou d’alerter sur un comportement suspect, alors le pari est gagné. C’est avec cette détermination qu’il continue de porter ce projet, conscient que la parole est le premier rempart contre l’injustice et la souffrance des plus jeunes.

L’évolution du personnage de Mattéi reflète également celle de notre société. Plus mature, plus conscient des zones d’ombre de notre époque, il navigue entre la rigueur de la loi et la compassion nécessaire à l’exercice de sa fonction. Cette saison promet d’aller encore plus loin dans l’exploration de la psyché humaine et des mécanismes de protection. Jean-Luc Reichmann invite donc les téléspectateurs à ne pas simplement regarder les épisodes, mais à s’en saisir comme d’un outil précieux pour protéger ce que nous avons de plus cher : nos enfants. La série devient ainsi un espace de parole libre, où l’on ose dire les mots que l’on taisait hier, pour mieux construire le dialogue de demain.

La dixième saison de « Léo Matteï, brigade des mineurs », cocréée et coproduite par Jean-Luc Reichmann, qui incarne également le rôle éponyme, commence ce jeudi sur TF1. Nous l’avons rencontré.

Quand Jean-Luc Reichmann a créé Léo Mattéi il y a dix ans avec sa femme Nathalie Lecoultre, ils avaient un objectif : « être utile », nous explique-t-il à Lille où nous l’avons rencontré lors du festival Séries Mania. Père de famille d’une tribu recomposée de six enfants, Reichmann est particulièrement préoccupé par le sort des jeunes. D’autant qu’il a quelques traumas liés à l’adolescence… Il raconte souvent avoir été interpellé par un professeur avec ces mots qui résonnent encore : « La tâche, au tableau », en référence à cette caractéristique physique qu’il porte au visage. Alors porter une série sur la protection de l’enfance en abordant des thématiques sociétales (différences, harcèlement, violences, précarité…) qui vont peut-être « ouvrir les discussions au dîner », voilà qui a du sens.

Et le public est au rendez-vous depuis dix ans. Pour tenir sur la longueur, il ne faut pas quitter des yeux les objectifs justement : « Il faut toujours se demander quelle histoire on va raconter. On s’inspire du quotidien, de l’actualité… Des faits-divers de vos journaux ! », poursuit Jean-Luc Reichmann, qui est créateur, scénariste et producteur « artistique » (il insiste sur le terme, « je ne m’occupe pas d’argent ! »).

Pour cette dixième saison, ce sont trois enquêtes qui occuperont la brigade, sur trois soirées, car il n’y a que des doubles épisodes dans cette nouvelle saison. Un choix pour lequel Jean-Luc s’est « battu » explique-t-il, pour que les « téléspectateurs passent une belle soirée avec une histoire qu’on installe » et que les « invités aient plus de choses à défendre » (Lorie Pester, Xavier Deluc, Mimie Mathy, Firmine Richard…).

« Chacun peut s’identifier »

Avec des nouveaux membres dans la brigade depuis l’an dernier et l’arrivée de Lola Dubini et Stomy Bugsy, « le collectif » se renforce. « Je suis le meneur de jeu, mais on est une belle équipe, très complémentaire, et chacun peut s’identifier ». Les rapports entre les personnages sont d’ailleurs plus travaillés, et leur psychologie plus creusée. Reichmann souhaite également s’éloigner « du sensationnalisme » et « du pathos » pour aller vers un programme « regardable » en famille : « Pas de sang et aucun meurtre pour cette saison ! ».

Après chaque épisode, il y a des conséquences dans les vraies brigades sur le nombre d’appels, insiste l’équipe qui partage cette « responsabilité » de sentir qu’elle « peut servir à quelque chose ». Et c’est ce dont Jean-Luc Reichmann est le plus « fier » : « Je continuerai tant que je me sentirai utile. »

Jeudi, 21h10, à partir du 6 avril sur TF1